Suite à sa brillante démo
The Truth of What Will Be de 1989 éditée sous la foulée en support CD chez l’écurie Metalcore,
Epidemic se fait rapidement remarquer au sein de la scène extrême, notamment par la label nord américain Metalblade Records, conquis par son mélange fracassant entre la lourdeur du deathmetal et l’agressivité du thrash, le tout exécuté avec une rapidité affolante et une rage de tout instant. Le team de Brian Slagel offre ainsi un contrat au quintette de San Franscisco, débouchant sur les sessions d’enregistrement de
Decameron en janvier 1992 et à sa parution en aôut de la même année.
Alors que nombre de groupes deathmetal misent sur des ambiances lourdes, une essence gore, anticléricale ou des relents d’outre tombe à grands renforts de chants gutturaux,
Epidemic sonne différent de ses homologues de l’époque. Le groupe mise avant tout sur une agressivité de tout instant, renforcée par la vitesse d’exécution impitoyable des interprètes et leur placement rythmique tout aussi redoutable.
Decameron dégage ainsi tout comme la précédente démo de nos californiens une atmosphère particulièrement violente, renforcée par les vocaux déchirés de Carl Fulli.
Chaque morceau renferme ainsi une teigne considérable, entrainé par un couple basse batterie de folie soutenant les rafales de riffs du couple Highbey / Moggridge tout aussi techniques que meurtrières, le tout libérant ce tourbillon extrême de violence. Les accélérations de Unknown, le riffing assassin de Factor
Red, les soli décharnés de
Vision Divine, les guitares tranchantes en palm muting de Blown Doors, la vitesse démentielle de
Tornado, sont autant de baffes distribuées à la pelle tout au long de
Decameron, sur un rythme et un niveau d’intensité qui ne s’essoufflent pas un instant.
On peut ainsi regretter la promotion quasi inexistante de Metalblade Records, ayant distribué à l’époque les albums de
Cannibal Corpse à tour de bras (et à juste titre), tout en laissant une pépite comme
Decameron, ou encore des
Into Eternity et The Bowels of
Repugnance (
Desultory,
Broken Hope) au fond de son catalogue. La rage, la qualité et la singularité du premier album d’
Epidemic en tout point renversantes l’inscrivent pourtant parmi les réalisations deathrash les plus rapides et les plus incisives du deathmetal des nineties.
Fabien.
Quant à la prod, attention, je n'ai pas dis mal vieilli, hé hé, juste vieilli; normal quoi. En même temps je n'imagine pas toutes ces tueries d'époque sonnant comme le dernier Krisiun ou comme Brain Drill; ça ne le ferait pas!
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