Dasein

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16/20
Nom du groupe First Fragment
Nom de l'album Dasein
Type Album
Date de parution 20 Mai 2016
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album34

Tracklist

1.
 Le Serment de Tsion
Ecouter03:52
2.
 Dasein
Ecouter04:49
3.
 L'Entité
Ecouter05:30
4.
 Émergence
Ecouter05:13
5.
 Mordêtre et Dénaissance
Ecouter05:21
6.
 Prélude en Sol Dièse Mineur
Ecouter02:39
7.
 Archétype
Ecouter05:49
8.
 Gula
Ecouter06:10
9.
 Voracité (Apothéose, Pt. 1)
Ecouter04:59
10.
 Psychan (Apothéose, Pt. 2)
Ecouter02:28
11.
 Evhron
Ecouter09:34

Durée totale : 56:24

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First Fragment



Chronique @ Bakounine

05 Juin 2016

Un des bons espoirs du genre

En matière de death technique, le Québec possède une certaine école, et généralement les groupes ne sont pas de la petite bière : Martyr, Quo Vadis, Neuraxis, Gorguts, Beyond Creation ou Cryptopsy pour ne citer qu'eux...
Ce n'est donc pas vraiment un hasard que l'une des bonnes surprises de ce début d'année dans le style soit originaire de la belle province.
First Fragment formé initialement en 2007 par le regroupement de Philippe « Pat » Tougas qui malgré son âge plutôt jeune, s'est baladé entre pas mal de combos, dans les dernières années et des frêres Brault-Pilon, l'un au chant, l'autre à la guitare.
Quelques demos et un EP ont vu le jour au cours des neufs ans qui nous séparent de la création du groupe, mais c'est bien avec ce « Dasein » que les natifs de Montréal sortent leur premier véritable album à l'artwork typique du genre, sous l'égide de Unique Leader Records, réunissant un certain nombre de titres composés depuis quelques temps, certains étaient déjà joués lors de leurs concerts en 2012.



Même si globalement la majorité des groupes ont en commun la vitesse d’exécution et la maestria technique, il existe certaines distinctions entre les groupes de death metal technique, certains sont plus axés sur la puissance et la vitesse pure, à l'image d'un Origin, que certains pourraient classer dans le death brutal par certains aspects, d'autres développent leur musique vers des territoires plus épiques à l'image de Nile ou Hour of Penance, certains vers des thématiques plus modernes comme The Faceless ou Brain Drill, ou progressives comme Obscura.
Nos québécois sont plutôt allés cherché leurs influences vers la musique classique, mais pas uniquement, parsemant ainsi de ci et de là chacun de leur morceau de trilles de guitare endiablées.
En ce sens, on peut les rapprocher d'un Spawn of Possession ou d'un Gorod, et coïncidence ou non (plutôt pas), le nouveau batteur du groupe n'est autre que Samuel Santiago, qui officiait jusqu’il y a peu chez les français même si sur l'album, c'est l'américain Troy Fullerton de Severed Savior qui est à créditer d'une très bonne performance derrière les fûts, en tant que membre studio.


Vous vous en doutez probablement un peu mais techniquement, ça déroule assez sévèrement et on peut dire que le groupe fait partie de ces combos dont le moindre des morceaux fait office de masterclass, que ce soit au niveau des guitaristes qui rivalisent de vitesse et de délié dans leurs multiples montées de gamme finement ciselées à la « Mozart épileptique », là où le bassiste Vincent Savary s'offre quelques sacrés moments de bravoure, à l'image de son solo sur les titres éponymes et est plutôt bien mis en avant de manière générale, ne se contentant pas de suivre les guitares mais s'offrant aussi quelques contrepoints du meilleur genre. Le chant possède la caractéristique rare dans le genre d'être intégralement dans la langue de Molière et de Jean-Pierre Ferland, mais désarticulé et désharmonisé de telle manière qu'il est impossible d'en saisir un traître mot, voir même de se rendre compte sans les paroles que l'on est en français, ce qui nous affranchit de cette gène qui parfois peut surgir avec le chant hurlé sur cette langue par toujours adaptée à l'exercice. La voix rappelle par ailleurs très fortement celle du chanteur de Spawn of Possession, majoritairement dans le growling grave mais avec quelques variations.


Le groupe fait de réels hommages à la musique considérée comme « classique » notamment sur ses deux instrumentaux : «L'entité » et son introduction flamenco qui évoque tout de suite à l'auditeur français les Orléanais d'Impureza, et le « Prélude en sol dièse mineur » à la guitare acoustique au détour duquel il ne sera probablement fortuit d'y entendre des relents de morceaux connus, la « badinerie » de Jean Sebastien Bach en premier lieu.
Pour autant, le groupe évite l'écueil de trop miser sur l'attrait intellectuel que pourrait avoir cette revendication de néo-classique et ne sombre pas dans le trop capillotracté. Ils arrivent même à trouver une certaine efficacité méritoire, à l'image d'un titre comme « Archétype » qu'on aurait pu retrouver sur les meilleurs Gorod, ou sur « Le Serment de Tsion », qui a tout le potentiel pour devenir une vraie tuerie en concert.


Au final, même s'il s'agit de leur premier album, First Fragment s'impose dés celui-ci comme un des bons espoirs du genre. Un grand professionnalisme, une culture du style et une vista pour éviter les habituels erreurs des premiers albums, telles sont les clefs que semblent avoir le groupe. Les quelques invités présents sur l'album ne sont d'ailleurs pas des plus mauvais, notamment Christian Müenzner ou Mathieu Marcotte d'Augury...
Même s'il s'agit plus d'un pavé sur un chemin comportant quelques belles pièces, que dans une mare vide, ce « Dasein » mérite largement le détour et réserve de belles heures d'écoute au fanatique de death metal technique, qui pourra leur accorder une belle place dans sa discographie, parmi d'autres, certes, mais belle place quand même...

4 Commentaires

13 J'aime

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EternalTearsOfSorrow - 06 Juin 2016: Un groupe que je ne connaissais pas du tout. Et au vu de cette chronique, je suis allé écouter un morceau, qui m'a laissé tenter de directement commander cet album.

Merci pour le papier l'ami !
Matai - 09 Octobre 2016: Un peu trop technique à mon goût, ça part vraiment dans tous les sens. C'est bien fichu, le côté néo classique est au rendez-vous avec des soli de haute volée, mais sur la longueur ça finit par me gonfler et je passe à autre chose. C'est dommage car il y a du talent et beaucoup de potentiel pour l'avenir, mais trop de technique tue la technique :)
Molick - 08 Fevrier 2017: J'aime beaucoup pour ma part.

Ça blaste, y a 40 changements de rythme à la seconde, ça growl comme il faut, et ça se tripote le manche sur du néo-classique.

J'aurais juste bien aimé des moments plus "efficaces", à la Beyond Creation ou Gorod. L'exemple c'est "Mordêtre et Dénaissance", que je trouve bien trop poussif (trop long pour pas grand chose).

Sinon, gros coup de coeur pour "L'Entité". Le morceau qui m'a le plus marqué à la première écoute.

Le mélange brutal death/néo-classique je trouve ça vraiment super prenant.
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