Cymatics

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13/20
Nom du groupe Revengin
Nom de l'album Cymatics
Type Album
Date de parution 04 Avril 2012
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Cymatics
Ecouter01:41
2.
 Even Never
Ecouter05:26
3.
 Nice Chains of Sorrow
Ecouter04:39
4.
 Beyond the Existence
Ecouter03:50
5.
 The Love First One
Ecouter04:21
6.
 Minerva
Ecouter04:41
7.
 Path to Hades
Ecouter00:48
8.
 Kharonte's Curse
Ecouter04:37
9.
 Capricorn
Ecouter05:37
10.
 Lunatic Doom
Ecouter05:31

Durée totale : 41:11

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Revengin



Chronique @ ericb4

03 Août 2018

Une incandescente et troublante offrande, pas encore un foudre de guerre...

Au fil de ces vingt dernières années, le Brésil est devenu l'une des terres les plus fertiles de l'espace sud-américain en matière de formations metal symphonique à chant féminin. Ainsi, la remarquable ascension de Vandroya, Thy Symphony, Finita, Lyria ou encore Save Our Souls, aurait fait quelques émules, dont cet expérimenté quintet natif de Rio de Janeiro.

Créé en 2008, le combo brésilien accoucha à peine un an plus tard d'un introductif EP dénommé « Synergy Through the Ashes ». Une seyante auto-production qui lui ouvrit l'accès aux scènes les plus convoitées du pays, à savoir : Rio de Janeiro, São Paulo et Minas Gerais. Cette première et significative expérience scénique motiva la troupe à mettre les bouchées doubles en studio. Toutefois, prudente dans sa démarche, cette dernière a pris le temps nécessaire à la maturité de ses compositions, ne nous livrant son initial album full length « Cymatics » qu'en 2012 ; une rondelle généreuse de ses 41 grisantes minutes, sortie chez MS Metal Records. Signe révélateur d'un désir à peine voilé d'en découdre de la part de nos cinq compères.

Ce faisant, la soprano Bruna Rocha, le guitariste et grunter Thiago Contrera, le bassiste Rafael Silva, la claviériste Diego Silva et le batteur Hugo Bhering, ex-membres du groupe doom progressif brésilien Tristesse, nous embarquent dans une aventure souvent épique, parfois énigmatique, et un tantinet romantique, calée pour l'essentiel sur le schéma oratoire devenu classique de la Belle et la Bête. Dans ce projet metal symphonique progressif aux accents dark gothique, les influences de Tristania, The Gathering, Draconian, Xandria (première mouture) ou encore Stream Of Passion, ne sauraient être éludées, et cela, en dépit d'une identité artistique déjà affirmée.

L'architecture de la tracklist obéit aux standards du genre, démarrant par un instrumental de rigueur, alternant up, mid et low tempi, s'achevant par une petite fresque symphonico-progressive. Cependant, une fois n'est pas coutume, le titre éponyme de l'opus ouvre le bal. Et ce, à l'instar du laconique et cinématique instrumental « Cymatics » d'où s'échappent quelques envolées lyriques parallèlement à d'envoûtantes et inattendues sonorités indiennes. Les prémisses du spectacle dispensé auraient déjà de quoi nous interpeller...

C'est sur des charbons ardents que nous mène le plus volontiers le collectif sud-américain, avec quelques passages bien enlevés en substance. Ainsi, dans l'ombre de Tristania, l'offensif « Even Never » nous assénant ses frappes sèches et quasi ininterrompues, disséminant ses accélérations radicales, tout en libérant une basse des plus vrombissantes, retiendra l'attention du chaland. Par effet de contraste, c'est dans une atmosphère éthérée que l'on déambule, impression renforcée par les vaporeuses et néanmoins magnétiques inflexions de la sirène. Plus offensif encore, le complexe et ''xandrien'' « Capricorn » ne concède que de rares moments d'apaisement pour reprendre notre souffle. Investi d'une muraille de choeurs, ce sanguin et captateur manifeste se pare à la fois d'une rythmique éminemment frondeuse et de sémillantes rampes synthétiques.

Parfois, l'ambiance se fait plus gorgonesque, nous immergeant alors dans une ténébreuse et pesante atmosphère. Ainsi, on sera glacé par la noirceur du climat de « Nice Chains of Sorrow », piste aussi impulsive que chaotique dans la veine d'un Draconian estampé « Turning Season Within ». Sous-tendue par un duo mixte en voix de contrastes bien inspiré, les claires inflexions de la Belle donnant le change à son acolyte de caverneux growler, cette offrande recèle également un saisissant solo de guitare ainsi qu'une stupéfiante montée en puissance du corps orchestral. C'est dans une même ambiance que nous plonge « Lunatic Doom », titre doom gothique aussi lugubre qu'engloutissant, réservé aux fervents amateurs du genre.

Quand il retient les chevaux, le combo nous mène en des espaces plus sereins, propices à l'enivrement de nos sens. Ainsi, l'impact s'opérera sans jambage sur « Minerva », mid tempo symphonico-progressif à l'enchanteresse ligne mélodique dans la veine d'un Stream Of Passion à l'image de « Embrace the Storm ». Mise en habits de lumière par les chatoyantes impulsions de la maîtresse de cérémonie, non sans rappeler celles de Marcela Bovio, cette tubesque offrande se dote parallèlement de refrains catchy et d'un subtil picking à la lead guitare. Bref, un moment de pure jouissance auditive.

Par ailleurs, on ne saurait éluder les moments intimistes concoctés par la troupe sans éprouver quelques regrets. Ainsi, par un fondu enchaîné, le dispensable interlude « Path to Hades » nous mène dans les espaces ouatés de « Kharonte's Curse » ; délicate ballade atmosphérique calée sur un infiltrant duo mixte en voix claires. Si la nightwishienne composition n'a nullement tari de sensibilité, on aurait toutefois souhaité davantage de coloration mélodique et un soupçon d'éveil orchestral sur notre parcours.

Si les points de force ne manquent pas à l'appel, certains espaces d'expression n'ont guère bénéficié des mêmes armes pour assurer leur défense. Aussi se révèlent-ils moins propices à une inconditionnelle adhésion. Le tempétueux « Beyond the Existence » en est une illustration. Glissant sur une ligne mélodique en proie à quelques irrégularités et accusant d'inaltérables répétitions rythmiques et vocales, ce méfait aura peu de chances d'impacter l'aficionado du genre. On sera plus décontenancé encore par les trop nombreuses variations rythmiques et l'inconsistance mélodique de l'incisif « The Love First One ». On n'insistera pas.

Au final, Revengin nous octroie une œuvre à la fois rayonnante et mystérieuse, saillante et sensible, prégnante et diversifiée sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal. Toutefois, ce message musical recèle un persistant sous-mixage des lignes de chant, laisse filtrer moult sonorités résiduelles, ne consent que de timides prises de risques, tout en concédant l'un ou l'autre bémol en matière de composition. C'est dire que, si cette livraison peut sans mal autoriser la formation sud-américaine à fouler les planches de la scène metal locale, elle se révélera, en revanche, en-deçà des canons actuels du genre à l'international. Ainsi, si un réel potentiel technique et harmonique se dessine, quelques efforts logistiques et mélodiques ainsi qu'un zeste d'originalité supplémentaire seront donc requis pour que nos cinq gladiateurs puissent caresser l'espoir de s'illustrer à long terme dans ce si concurrentiel registre metal. A bon entendeur...

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