Crusade Zero

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Nom du groupe Hate (PL)
Nom de l'album Crusade Zero
Type Album
Date de parution 25 Janvier 2015
Enregistré à Hertz Studio
Style MusicalDeath Metal
Membres possèdant cet album49

Tracklist

1.
 Vox Dei (A Call from Beyond)
 01:36
2.
 Lord, Make Me an Instrument of Thy Wrath!
 01:41
3.
 Death Liberator
 06:00
4.
 Leviathan
 06:25
5.
 Doomsday Celebrities
 04:21
6.
 Hate Is the Law
 05:27
7.
 Valley of Darkness
 06:11
8.
 Crusade:Zero
 04:29
9.
 The Omnipresence
 01:02
10.
 Rise Omega the Consequence!
 05:35
11.
 Dawn of War
 06:03
12.
 Black Aura Debris
 01:51

Bonus
13.
 The Reaping
 05:17

Durée totale : 55:58


Chronique @ Icare

11 Fevrier 2015

Une réalisation plus qu’honnête qui scotchera tous les amateurs de gros son et de compos lourdes, noires et puissantes

Mine de rien, ça fait quand même 25 ans que les Polonais de Hate nous dévastent les oreilles avec leur death sombre et ravageur teinté de black. Eternel second couteau de la scène polonaise car toujours comparé aux aînés de Vader et aux petits frères de Behemoth dont leur musique se rapproche inévitablement, le combo de Varsovie nous revient aujourd’hui avec son neuvième album studio, indéniablement marqué par le décès soudain l’année dernière de l’ancien bassiste du groupe, Mortifier. Le titre et l’artwork, minimalistes et nihilistes, indiquent bien les intentions de ce cru 2014 qui fait office de catharsis pour le combo : Hate sera noir ou ne sera pas.


Crusade : Zero démarre sur des cuivres dissonants aux inquiétants relents d’apocalypse, semblant introduire une fresque épique et tragique, et se poursuit sur Lord, Make Me an Instrument of Thy Wrath ! qui donne le ton, avec cette batterie martiale, cette double pédale qui martèle, ces riffs lourds et sombres et ces notes de guitare à la mélodie sinistre. Valley of Darkness est le premier véritable titre et impose un son particulièrement écrasant avec une paire de riffs en béton armés qui nous font courber l’échine : le tout est lent, brut, d’une gravité jupitérienne, massif, et suffocant.

La musique de Hate repose sur une alternance de mid tempos massifs et puissants portés par les guitares et appuyés par une double apocalyptique (le début de Dawn of War, l’entame d’Hate is the Law, Rise Omega, The Consequence) et d’accélérations dévastatrices qui détruisent tout sur leur passage (Hate is the Law avec son bombardement death particulièrement écrasant et jouissif, véritable rouleau compresseur à la Behemoth, les blasts de Dawn of War, imparables de vitesse et de brutalité, pour un titre réellement excellent, mêlant guitares au feeling black sur un refrain à la mélodie hypnotique et déflagrations death, ou encore le titre éponyme, avec ce pilonnage intensif et ces guitares sombres et véloces). Le combo n’oublie pas de balancer des soli mélodiques et aérés qui apportent quelques respirations salvatrices et une note mélodique appréciable dans cet océan de lourdeur et de noirceur (Valley of Darkness, Rise Omega the Consequence, Dawn of War).

Le tout sonne extrêmement pesant et carré, presque robotique, notamment grâce à un son titanesque à l’épaisseur suffocante et à la frappe du batteur particulièrement lourde. Les riffs sont simples et efficaces, dégageant une puissance phénoménale, mais les Polonais parviennent à distiller une ambiance sombre et malsaine flirtant parfois avec le black grâce à des dissonances de guitares et des mélodies insidieuses en arrière-plan qui ajoutent un côté presque épique et une profondeur appréciable à l’ensemble (Leviathan, Valley of Darkness, Rise Omega, The Consequence). Les vocaux d’ATF Sinner, profonds et agressifs, aboyés avec une fureur haineuse mais particulièrement détachés et audibles, assez proches de ceux de Piotr Wiwczarek, viennent compléter un tableau définitivement sombre qui flirte parfois avec un death indus glacial et sans concession, certains titres incorporant d’ailleurs des bruitages mécaniques et inquiétants qui nous confortent dans cette idée de désespoir et de décadence (The Omnipresence, l’outro Black Aura Debris). Leviathan en est un parfait exemple, avec cette intro magistrale aux guitares sombres et ces riffs plombés et insidieux, montant lentement en puissance et nous plongeant dans une transe hébétée avec ces « A Beast For Leviathan ! » scandés comme un leitmotiv démoniaque.


Vu sous cet angle, tout cela paraîtrait presque idyllique, mais il y a un mai. Car si ce Crusade : Zero est indéniablement bien fait, avec une production dantesque et des compos solides qui tiennent bien la route, force est de constater que le tout est loin d’être original, respirant trop l’influence de combos comme Behemoth ou Vader dans ces riffs groovy et cette agressivité lourde et martiale. Le tout est tellement compact qu’on a du mal à faire ressortir un titre du lot, et l’homogénéité sans faille de l’album flirte parfois avec la redondance, rendant le tout un peu monolithique. On déplorera d’ailleurs que le découpage de l’album ne soit pas très judicieux, Hate plaçant les titres les plus pesants et mid tempos en premier, prenant le risque de lasser l’auditeur en quête de brutalité pure.

En fin de compte, c’est plus la douleur et la tristesse qui ressortent de ces 12 titres plutôt que la colère (la partie acoustique qui clot Rise Omega, The Consequence, les guitares sourdes et inquiétantes ainsi que l’ambiance particulièrement noire et sulfureuse qui enveloppe le tout), Valley of Darkness, lent, pesant et solennel, avec ces soli de guitare à la mélancolie plaintive, en est une belle incarnation. On sort donc un peu frustré de cette écoute, car il faut bien avouer qu’avec un nom comme Hate, on pourrait s’attendre à quelque chose de plus viscéral, de plus direct et de moins contrôlé, cette haine-là restant canalisée et un brin trop propre pour vraiment nous emporter dans les limbes.

En tout état de cause, Crusade : Zero reste une réalisation plus qu’honnête qui scotchera sans problème tous les amateurs de gros son et de compos lourdes, noires et puissantes, et qui est probablement l’une des meilleures réalisations de Hate à ce jour. Ce qui, pour un groupe qui a 25 ans de carrière au compteur et vient de subir le décès d’un de ses membre, n’est déjà pas si mal.

7 Commentaires

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growler - 12 Fevrier 2015: Icare nous donne des complexes avec sa syntaxe parfaite!! Pour ma part, j'ai pas trop accroché à ce disque, surement à cause de l'agencement des titres mais aussi par le fait que je trouve que tout ça sent le pilotage automatique. Au vu de ta chro', je vais l'écouter à nouveau et peut être revoir mon jugement.
ReaperCore - 12 Fevrier 2015: Un album que j'ai adoré durant les premières écoutes mais qui est rapidement devenu indigeste... à écouter uniquement de temps en temps.
Reigoth - 02 Août 2015: groupe que je ne connaissais qu'assez peu, et là, je viens de me passer toute leur disco, c'est vraiment génial !!!!! J'adore !!!!!!!
Goneo - 23 Septembre 2015: Il ma pas bouleversé ce nouveau HAte, je le trouve bien moins accrocheur que les précédents.
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Chronique @ growler

25 Mai 2017

Manquant de moments mémorables, « Crusade zero » est d’une platitude exceptionnelle

Ce n’est pas une mince affaire de proposer la haine comme sujet de conversation en ces temps dramatiques où la liberté (pas seulement d’expression) est la cible d’idéologies extrémistes. Et pourtant, coïncidence involontaire, Hate, formation polonaise active depuis 1990, publiera son neuvième long format, intitulé « Crusade Zero », en ce début de troisième année post-apocalyptique, peu après la tuerie de Charlie Hebdo et de l’hypercasher.



La formation ne s’est pas délocalisée pour l’enregistrement de cet opus puisqu’il a été confectionné au désormais célèbre Hertz Studio, par les frères Wieslawski. Le line-up a évolué car Hate, qui a dû faire face à la disparition de Slawomir Kusterca, bassiste du groupe depuis 2009 et décédé des suites d’une arythmie cardiaque en avril 2013, est désormais composé d’Adam Buszko (chant/guitare), de Konrad Ramoskowski (guitare) et de Pawell Jaroszewicz (Antigama, ex-Vader). A noter que Philip Halucha (Vesania, ex-Decapitated) s’est chargé de la basse sur cet album.
« Crusade Zero » débute par "Vox Dei (A Call From Beyond)", une sorte d’instrumental grandiloquent aux aspects mystiques, puis, par un autre instrumental très mélodique ("Lord, Make Me An Instrument Of Thy Wrath !"), avant que le disque ne se lance véritablement avec le troisième titre, « Death Liberator ». Ce morceau, d’obédience mid-tempo, est puissant et, à vocation à tout écraser sur son passage, le fantôme Behemoth est toujours bel et bien présent, notamment dans les intonations vocales d’Adam Buszko, lorgnant immanquablement vers celles de Nergal.

Cette composition est loin d’être orpheline puisque « Doomsday », « Valley Of Darkness », « Rise Omega Of Consequence ! », le pont de « Dawn Of War », les couplets de « Leviathan » sont du même caveau et contrebalancés par des moments de pure furie comme le morceau titre qui se distingue par sa férocité ou les accélérations de « Leviathan », de « Hate Is The Law » et de « Dawn Of War », cela amène de la variété et de la nuance à « Crusade Zero ».

Nous pouvons également souligner quelques moments de bravoure comme les accords énormes de » Leviathan », le final ébouriffant de "Hate Is The Law", le riff principal de "Valley Of Darkness" et le titre « Dawn Of War », qui, avec « Crusade Zero », représentent les points d’ancrage de l’opus, s’extirpant du lot de par leur qualité intrinsèquement élevée, représentant assurément les moments forts de cette neuvième offrande.
Mais Hate ne s’est toujours exonéré de son influence Behemoth (période « Demigod/Evangelion »), bien trop audible dans ses compositions depuis 2009. Le monstre polonais est présent dans tous les recoins de Crusade Zero mais force est de constater que Hate pratique cet art avec beaucoup moins d’aisance et de talent. Même si la formation a choisi de tempérer ses rythmiques, certains plans sont assez redondants, lissant les titres et conférant à un rendu assez linéaire ("Death Liberator", "Doomsday"). Hormis le morceau éponyme et "Dawn Of War", « Crusade Zero » manque cruellement de moments marquants, pouvant laisser une empreinte indélébile après la découverte intégrale de cet opus.

Aussi, cette galette est émaillée de multiples longueurs amenant inévitablement un sentiment de lassitude au fil des écoutes répétées. La question se pose également sur les deux premières compositions, chargées d’introduire l’opus, une seule aurait suffi à cette charge, ces deux titres auraient pu être fusionnés en un seul et auraient gagné en pertinence. Pour finir, si nous ôtons les deux introductions inutiles, l’interlude "The Omnipresence" et l’outro "Black Aaura Debris", il ne reste plus que 9 morceaux, à la qualité aléatoire et à l’agencement douteux, cassant le si peu de dynamisme qui émanait de l’ensemble.

Le mot "déception" suffit à lui seul pour qualifier le ressenti de votre serviteur. Manquant de moments mémorables, « Crusade Zero » est d’une platitude exceptionnelle où les bâillements seront légion pendant la découverte de ce disque. Aussi, il n’est pas chose aisée de devenir calife à la place du calife, Hate marche sur les plates-bandes de Behemoth mais l’inspiration en moins. Le combo polonais est clairement artistiquement sur une pente descendante ; « Crusade Zero » ne représentera juste qu’un disque de plus au sein de la discographie du groupe.

Très moyen !!

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