Covenant

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Nom du groupe UFO
Nom de l'album Covenant
Type Album
Date de parution 2000
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album46

Tracklist

DISC 1
1. Love Is Forever
2. Unraveled
3. Miss the Lights
4. Midnight Train
5. Fool's Gold
6. In the Middle of Madness
7. The Smell of Money
8. Rise Again
9. Serenade
10. Cowboy Joe
11. The World and His Dog
DISC 2
1. Mother Mary
2. Let It Roll
3. This Kids
4. Love to Love
5. Out in the Street
6. Pushed to the Limit
7. Venus

Chronique @ samolice

19 Octobre 2014

Schenker fait le boulot pendant que les autres roupillent

Ah UFO

Que dire d’une telle légende sans tomber dans la redite ? Les encenser ? Déjà fait maintes fois. Les fracasser, juste pour se payer une tête de file du hard rock british? Pas mon truc. Etre objectif ? Personne ne l’est en matière d’art.
Bon ben du coup salut, je rentre à la maison.



Naaaaan, je vais pas vous laisser tomber comme cela, vous qui prenez la peine de venir lire ces quelques lignes.

Oh oh. Eh ohhhhh, vous êtes toujours là ?!?!?

Vous n’êtes pas drôles, j’ai cru l’espace d’un instant que tout le monde s’était barré.
Bref, nous voilà donc revenu à notre interrogation de départ : que dire de cet album d’une telle légende ?
« Tu peux déjà commencer par replacer le disque dans son contexte ».
Merci, bonne idée, je n’y aurais pas pensé tout seul.

Donc, en ce tout début de nouveau millénaire, la soucoupe semble plus proche de l’atterrissage forcé que du décollage vers les étoiles. La faute à une carrière en dents de scies depuis le début des années 80, avec changements incessants ou allers retours de musiciens, tournées galères, alcool, drogue, et une industrie du disque qui les a depuis longtemps rangé dans la case des has been. Alors une quinzième album, vous pensez bien si cette dernière n’en a rien à foutre ! Pas moi (ni vous a priori si vous êtes toujours là).
A propos d’allers retours de musiciens, le cyclothymique Michael Schenker reprend sa place, lui qui s’était tiré comme un malpropre en plein milieu de la tournée censée soutenir « Walk on Water » (1995). Troisième passage donc pour l’ange blond après les épisodes 73-79 et 94-95.

A mon grand regret, le UFO que j’apprécie depuis (quasiment) ses débuts, souvent mid-tempo, mélodique mais suffisamment vigoureux pour ne pas sombrer dans la pop fadasse, est présent ici en de trop peu nombreuses occasions (« Love is forever », excellente entrée en matière, « In the middle of madness », « Miss the lights » et son lick d’intro réussi, « Rise again », ou encore « The world and his dog », un titre heavy et original pour le groupe, un peu à la manière de ce qu’ils proposeront avec Moore sur « Forsaken » de l’album « The Visitor »). Le reste du temps, sans aller jusqu’à jeter le bébé avec l’eau du bain, je trouve que l’ennui pointe assez vite le bout de son nez (« Unraveled » malgré une utilisation réussie des chœurs, « Midnight train », « The smell of money », « Serenade », un titre qui a le mérite de sortir l’album de l’autoroute pour emprunter quelques instants les routes de campagnes, avec une guitare peu amplifiée, une mélodie que l’on imaginerait bien chez Toto, mais que beaucoup, je pense, n’apprécieront guère - c’est un peu mon cas -, ou enfin « Cowboy Joe »., où quand tu écoutes attentivement un album, histoire de le chroniquer, et que tu t’aperçois que tu as lâché l’affaire, ben comment dire, ce n’est pas bon signe).

Il y néanmoins une énorme valeur ajoutée à ce skeud : le teuton. L’ami Schenker est excellent de bout en bout. Si des malades de la gâchette tels que Satriani, Vai, Malmsteen, Hammett (oups) ou Mustaine le citent comme une influence, c’est que nous n’avons quand même pas affaire à un manchot non ? Bref, en (apparente) pleine forme physique, notamment par rapport à la période « Sharks » qui suivra deux ans plus tard, – matez donc les verso des covers de ces deux disques, c’est hallucinant -, il se et me régale, tant par ses rythmiques qu’en solo (« Love is forever », « Miss the lights », dans la lignée des grandes heures de MSG, avec un solo basé davantage sur la mélodie que sur la vitesse, « Midnight train », un véritable modèle de composition de ce que doit être un solo de hard rock, « Serenade » et son solo acoustique à l’ambiance hispanisante - le Schenk adore l’exercice, remember la série inégale des Thank You -, ou encore « Cowboy Joe »).

Pour le reste du groupe, c’est, hélas, (presque) circulez y’a rien à voir. Qui aime bien…
Les claviers magiques, véritable marque de fabrique d’UFO ? Aux oubliettes. S’il est un fait avéré, c’est bien que ce pauvre Kevin Carlson ne marquera pas l’histoire du groupe pour ce qui est et sera sa première et dernière participation à un opus du groupe. La faute à qui ? Mike Varney, le producteur, complètement à l’ouest ? Au groupe qui co-produit et qui ne veut pas revivre l’épisode « Misdemeanor », un exellent opus quelque peu gâché par l’omniprésence des keyboards? Peu importe, le résultat est navrant. UFO sans claviers, c’est Iron sans Maiden, Black sans Sabbath, Tom sans Jerry ou encore ma boule droite sans la gauche (salut amical au pathétique Lance Armstrong).

La batterie de Aynsley Dunbar, ce dernier ayant remplacé Parker, pas Peter, l'autre, Andy ? Bof bof, un jeu très répétitif et peu soutenu il est vrai, j’insiste, par une production qui ne le met pas en valeur.
Way et sa basse vrombissante ? Oubliée au bistrot du coin apparemment. Le gars a dû passer en coup de vent au studio et se défouler sur « Rise again », seul moment où il daigne se faire vraiment entendre, avant de repartir dare-dare établir un nouveau record du monde du nombre de Guinness descendu en une journée.
« Et Mogg? Quand même, il a toujours porté le groupe à bout de bras » s’interrogent probablement les fans invétérés d’Ufo. Quoique non, puisque les fans invétérés connaissent déjà ce disque et ont donc leur avis sur la performance vocale de Phil. Je continue donc pour les fans invertébrés - qui ne doivent pas être bien nombreux et plutôt en petite forme physique -.
Si je reproche à Mogg d’en faire parfois trop sur les derniers opus du groupe – cassée la voiiiiiiiiix. Pattttttttrickkkkkkk -, là ce serait plutôt le contraire. Comprenons nous bien, le gars sait toujours chanter. Les moins au fait de la carrière du groupe pourront même le trouver très convaincant. Les vieux de la vieille ne se feront pas avoir. Privilège de l’âge (il en faut bien quelques uns puisque perdre ses cheveux, gonfler du bide ou encore mettre 48h à se remettre d’une cuite n’en font pas partis).
Il n’y a par exemple guère de variations dans le choix de ses lignes vocales, hormis un petit effort sur « In the middle of madness ». D’où une impression de redite qui s’accentue au fur et à mesure de l’avancée du disque. Nous n’avons pas non plus droit au caractère émotionnel si unique de sa voix. Prenons « Fool’s gold ». L’intro s’installe et l’on se croit en terrain connu. Que serait en effet un opus d’UFO sans une ballade ? Je recommence pas le coup de Iron sans Maiden et patati patata. Ce serait donc un album d’Ufo sans ballade me répondront les plus pragmatiques. Il n’auront pas tort sur le fond mais passeront totalement hors sujet sur la forme. Ufo et les ballades, c’est toujours l’occasion pour Mogg de faire parler la fibre émotionnelle et de nous emporter, un peu à la manière d’un Danny Bowle (Thunder). Ici c’est raté. D’abord parce que Mogg ne délivre pas grand chose. Ensuite parce que le titre se transforme en un rock bien énervé au bout de deux minutes. Bien énervé mais pas folichon.


Attendre d’Ufo qu’il nous ponde encore des hymnes en l’an 2000 serait beaucoup demandé. En revanche, espérer des membres d’Ufo un investissement digne de leurs immenses talents me semble légitime. Pour résumer mon ressenti : Schenker fait grave le boulot pendant que les autres roupillent !
Et Varney s’est bien gardé de les réveiller. Avec la réputation que trainent les lascars je le comprends, j’aurai fait de même. J’ai toujours été courageux. Mais ça donne forcément un album moyen, heureusement illuminé par le talent de l’ami Michael.

Et mon Dieu que cette pochette (merci Dave Stephens) est moche. Une de plus à ajouter à une liste déjà interminable…

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swit35 - 21 Octobre 2014: Ah Ah 42 pintes, il y a longtemps que je n'ai plus fais ce genre de connerie ! Bon le weekend avait démarré le vendredi midi... C'est assez inquiétant de boire autant de Guinness bien noire et de pisser tout blanc... on se demande ou va tout ce noir quand même ! Merci pour la chro Olivier.
MattMaiden - 28 Octobre 2014: Le privilège de l'âge... c'est de faire des chro toujours aussi percutantes Sam ! Toutes mes ficelles de caleçon ! Je dois être un vieux con mais pour moi UFO après 1979... y'a plus à jeter qu'à garder. Pour la bière mon record c'est 7 litres pendant un w-e des 24h du Mans moto, bande de fiottes ;) Sinon, en tant qu'ex-cycliste de bon niveau en cadet/junior je souhaiterai qu'on arrête de se moquer des cuissards moule-bite, des jambes rasées et des tenues fluos lol !!!
samolice - 29 Octobre 2014: Merci Matt. Ca fait très plaisir d'avoir quelques news de toi. Envoie moi une photo de toi en cycliste à l'occasion, je la mettrai avec celle de Zaz héhé.
samolice - 25 Juillet 2016: Pas mal réécouté ce disque ces derniers temps. Je me trouve finalement un peu sévère. Comme quoi, on pense connaître parfaitement un disque et on se retrouve à en découvrir de nouvelles saveurs longtemps après. Depuis les années 2000, c'est maintenant mon préféré. Je ne vais pas réécrire la chro car les points négatifs (absence de claviers, basse trop en retrait et batterie peu inspirée) sont toujours là mais je remonte la perf de Mogg et la note du skeud à 14. Y'a que les cons...
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