Cold Inferno

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Nom du groupe Disarmonia Mundi
Nom de l'album Cold Inferno
Type Album
Date de parution 09 Juin 2015
Style MusicalDeath Mélodique
Membres possèdant cet album16

Tracklist

1. Creation Dirge 05:28
2. Stormghost 04:24
3. Behind Closed Doors 03:16
4. Coffin 04:01
5. Oddities from the Ravishing Chasm 07:20
6. Slaves to the Illusion of Life 03:35
7. Blessing from Below 04:45
8. Magma Diver 03:55
9. Clay of Hate 04:11
10. Toys of Acceleration 04:49
Total playing time 45:44

Chronique @ Eternalis

14 Juin 2015

"Cold Inferno" n’invente rien mais refait un pas en avant dans la bonne direction

Dans le metal comme ailleurs, on se pose parfois la question de la légitimité des artistes, de leur succès ainsi que de leur reconnaissance aux yeux du public. Phénomène de mode, guests en pagaille apportant un éclairage particulier sur un combo ou encore visibilité en live ou festivals sont des facteurs indispensables à l’éclosion d’un groupe, parfois indépendamment d’un talent intrinsèque ou d’une personnalité propre.

La question autour de Disarmonia Mundi a toujours été épineuse puisque le groupe (si l’on peut appeler ça ainsi) de Ettore Rigotti et Claudio Ravinale a été créé en pleine vague du death mélodique suédois à la fin des années 90 et a été très fortement aidé par les nombreuses participations vocales de Bjorn Strid, vocaliste de Soilwork dont le timbre et la puissance ahurissante se reconnaissent entre mille. "Nebularium" et "Fragments of D-Generation" avaient d’ailleurs trouvé leur public mais la sortie de "Mind Tricks" en 2006 dévoila des limites évidentes que la presse et certains fans ne manquèrent pas de souligner. Indépendamment de la musique du groupe, pourquoi écouter du sous-Soilwork avec le chanteur de Soilwork sonnant exactement comme les suédois ? (tiens, on se posait la même question entre Cain’s Offering et Stratovarius il n’y a pas longtemps).
L’album était bon, la production énorme et les refrains très travaillés mais tout conservait une telle sensation d’opportunisme et de facilité que Disarmonia Mundi perdit malheureusement en crédibilité et il ne s’ensuivit presque aucun concerts. La sortie, trois ans plus tard, d’un "Nebularium" remasterisé ainsi que de "The Isolation Game", passèrent complètement inaperçus et nous ne savions plus très bien où en étaient les italiens avaient que "Cold Inferno" n’arrive presque de nulle part sur nos platines.

Toujours articulé autour du duo Rigotti-Ravinale et aidé ponctuellement par Bjorn Speed, "Cold Inferno" est une déferlante death mélodique comme elle s’entende finalement mois aujourd’hui qu’il y a dix ans. Le metalcore est passé par là, les morceaux saccadés et mécaniques également, et c’est presque une bouffée d’air frais que de réentendre du pur death mélodique puissant, violent, technique et incisif là où les maitres du genre ont souvent été vaqué à d’autres occupations (In Flames vers le post-rock, Dark Tranquillity vers le gothique, Arch Enemy s’essaient aux orchestrations...et seul Soilwork reste fidèle à lui-même finalement).
Autant le dire, "Cold Inferno" est une petite bombe qui risque de plaire aux fans du genre un peu perdu dans le marasme actuel mais n’apporte absolument rien de plus qu’un revival nostalgique d’un genre passé de mode depuis quelques années. Vocalement, Bjorn et le duo s’en sort formidablement bien puisqu’ils alternent tous voix claires et hurlées dans une ambiance chaotique et sombre (entre le chant hurlé très puissant de Bjorn et les intonations beaucoup plus criardes et black de Claudio), apportant une très grande dynamique sans tomber dans des poncifs trop évidents et stéréotypés.
"Creation Dirge" ouvre l’album furieusement sur un énorme blast-beat frénétique et démontre dès les premiers instants qu’ils ne sont pas revenus pour rire. La production, relativement synthétique, manque sensiblement de chaleur mais cela ne fait que renforcer l’agression et la pression de la musique, superbement expédiée en plein visage par les hurlements qui ponctuent les refrains. Les riffs, en plus d’être tranchants, sont techniques et s’autorisent des leads fluides évoquant très clairement les deux derniers opus de Soilwork (surtout que Bjorn est de la partie pour ce premier morceau).

Les titres s’enchainent à toute vitesse et l’on retrouve parfois les effets légèrement électroniques et très mélodiques du passé avec notamment un "Stormghost" aux couplets criards mais au refrain extrêmement beau et entêtant ou encore un Coffin aux mélodies très marquées et sucrées sans pour autant tomber dans la niaiserie facile (ce refrain encore). A côté de cela, nous avons un épique et long de sept minutes "Oddities from the Ravishing Chasm" qui va puiser dans les sphères les plus noires du groupe pour poser quelques parcelles de lumières mélancoliques ici et là. "Blessing from Below" et "Behind Closed Doors" officient dans le death mélodique efficace et agressif qui enchaine phrasé à la puissance nucléaire et riffs brise-niques à même de déchainer un headbanging frénétique faisant du bien par où il passe. Il ne faut surtout pas oublier le titre final, "Toys of Acceleration", qui sent bon les débuts du groupe et du genre (cette intro cybernétique au clavier) et se pose comme un véritable tube en puissance dévastant tout sur son passage.

"Cold Inferno" n’invente rien (difficile dans le genre) mais refait un pas en avant dans la bonne direction tout en se rappelant aux bons souvenirs des fans d’un genre un peu oublié ces derniers temps. Il ravira les fans de puissance, de technique, de mélodie et pourrait bien faire office de sensation de ce premier semestre 2015 par sa fraicheur et, quelque part, sa naïveté dans le sens où Disarmonia Mundi lâche tous ses coups sans calculs ni préméditations. Le duo offre ses tripes sur un plateau et pour ceux qui aiment, ça devrait être quarante-cinq minutes de bonheur.

3 Commentaires

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EternalTearsOfSorrow - 14 Juin 2015: J'avais lâché Disarmonia Mundi après l'écoute de deux ou trois morceaux de The Isolation Game qui m'avaient pas mal déçu. Je crois que grâce à ta chronique, je vais me pencher sur ce nouvel album, qui m'a l'air bien intéressant ! Merci pour cette chronique !
captainlichi - 14 Juin 2015: Moi qui croyait que ce groupe que j'aime beaucoup était sur la mauvaise pente,quelle surprise! Merci pour ta chronique sinon je passais à côté de leur meilleur album (à mon humble avis).
supertiptip - 19 Juin 2015: Vraiment sympa cet album.
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