Clairvoyance

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12/20
Nom du groupe Screaming Trees
Nom de l'album Clairvoyance
Type Album
Date de parution 01 Janvier 1986
Labels Velvetone
Style MusicalGrunge
Membres possèdant cet album2

Tracklist

1. Orange Airplane
2. You Tell Me All These Things
3. Standing on the Edge
4. Forever
5. Seeing and Believing
6. I See Stars
7. Lonely Girl
8. Strange Out Here
9. The Turning
10. Clairvoyance

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Screaming Trees


Chronique @ Hacktivist

21 Août 2014

« Clairvoyance » est le genre d'album qui n'aurait jamais dû sortir aussi tôt.

Oui, nous sommes à des années-lumière de l'explosion médiatique et de tout cet engouement populaire autour de ce mouvement de Seattle certes... C'était même, à vrai dire, à l'époque, et on osera l'expression, tout ce qui pouvait ressembler de près ou de loin à un genre underground. Les Soundgarden, Skin Yard ou Malfunkshun, ces bandes de potes qui jouaient encore avec des bouts de bois et qui grattouillaient par-ci par-là quelques accords sur leurs grattes (sans trop d'assurance encore on peut le dire) - allaient se retrouver, en 86, eh oui jeunes gens, pour la première fois de leur vie post-adolescente sur une compil majeure et fondatrice du grunge la « Deep Six » qui influencera de nombreux artistes apparus bien après qui restent encore aujourd'hui, pour beaucoup, des exemples de réussite... s'ils n'ont pas eu le malheur de splitter ensuite. Non mais imaginez un peu la scène, le nom même de Chris Cornell est alors inconnu du grand public, tout comme celui du personnage d'Andrew Wood qui partira bien trop tôt, quatre ans plus tard, sans avoir goûté au propre succès qu'il a lui-même engendré avec ses musiciens. Mais ne croyez pas que ces formations aient pu réussir à vendre leurs disques par un simple coup de magie ou par un miracle divin, on le dira et on le répétera jusqu'à ce que ça rentre, si ces "ancêtres" du grunge n'avaient pas préparé le terrain bien avant et galéré à composer dans leur petit coin des mélodies, des hits accrocheurs, les Pearl Jam par exemple, n'auraient peut-être même pas vu le jour (qui sait ?). Du coup, nous retournons deux mois en arrière, toujours en 1986, pour évoquer la sortie de ce premier opus de Screaming Trees « Clairvoyance » qui ne sera hélas, pas inoubliable, mais les gars continuent à tracer leur chemin et à se tailler une petite réputation, et ça, c'est déjà le début de quelque chose de grand...

Courtisés et démarchés par les labels eux-mêmes, les Screaming Trees l'ont été assez tôt, et c'est peu dire... Car le talent qui nous avait été révélé par la petite production « Other Worlds » publiée à peine deux mois plus tôt a su faire parler d'elle, c'est certain, mais à tel point que dès la sortie du premier album des Américains qui s'en est suivi, les gars ont réussi à décrocher un contrat majeur avec les légendes du punk de SST Records (ils signeront notamment « Ultramega OK » de Soundgarden dans les deux années qui suivent) alors qu'ils étaient déjà en lien avec Velvetone depuis 1985. Mais pour l'heure, ne nous engageons pas trop vite, ce contrat tient toujours puisque « Clairvoyance » est l'oeuvre, la toute première (en full-length) de notre quatuor. La production a en elle-même bien changée, plus taillée grunge mais aussi beaucoup plus plate et moins marquante finalement. Steve Fisk (membre de Pell Mell, futur co-fondateur de Pigeonhed) est aussi de retour ici, signant ce nouvel opus de sa patte et malheureusement, même si l'effort de mettre davantage en avant les vocaux de Mark Lanegan peut être louable, il n'en reste pas moins que cet album a un réel manque de cachet par rapport au EP « Other Worlds » qui était susceptible de plaire à nos auditeurs. Puis, que peut bien faire encore un « The Turning » qui s'intégrait beaucoup mieux dans le contexte assez particulier de la production précédente déjà évoquée ?

Toute la famille Conner (ou presque) est désormais réunie sur le joyeux bordel qu'est le titre introductif répondant au nom de « Orange Airplane » qui s'élance dans un punk/garage fougueux un peu à l'image des écarts du « Ultramega OK » des Soundgarden. Certains tiennent le micro en fond, mais seulement pour gueuler, crier et hurler le titre du morceau que l'on imprime assez vite après coup. Le son s'avère être sale, mauvais, ressemblant presque à une vieille bande-radio pourrie par cette distorsion sur-présente. Malgré tout, ce travail est sans doute plus représentatif du son grunge crasseux des débuts et l'usage de la distorsion se fait encore plus sentir sur cet opus, en témoigne également l'éponyme « Clairvoyance » et ces frappes de batterie qui deviennent très régulières, bien plus marquées, ou bien avec la très dispensable « Forever » qui est quasiment dans le même ton. L'aspect psychédélique qui est en quelque sorte, la base musicale entretenue par Screaming Trees n'a pas été oublié non plus, la preuve avec « You Tell Me All These Things » essayant de taper dans des mélodies étourdissantes et répétitives à la façon des Doors avec un Mark Lanegan qui nous ressort quelques accents légers à la Jim Morrison.

Mais finalement, un des points les plus positifs de ce « Clairvoyance » est que la personnalité et le chant poignant de Mark ont été mis d'autant plus en avant que sur l'EP précédent. Le « Standing on the Edge » a tout, à première vue, d'un bon tube grunge laissant libre cours à l'expression artistique du combo durant ces presque six minutes : des superbes graves de notre vocaliste au jeu intéressant de Gary Lee Conner qui semble avoir trouvé ses repères dans les territoires blues/country du paysage Américain. Pour l'une des toutes premières fois donc, sur cet album, on aura retenu quelque chose de globalement plus intense à l'écoute, mais espérons seulement que les Screaming Trees sachent en profiter au maximum pour renouveler l'expérience sur un second titre, voire plus. Pourquoi ne goûterions-nous tout simplement pas au plaisir de se laisser bercer une nouvelle fois par l'émotion engendrée, cette fois-ci, par ce « Seeing and Believing » ? Passages sombres et mélancoliques, chœurs psyché, chant clair sublimé par l'instrumentation et l'ambiance ici présente : enfin d'autres éléments qui donnent envie de s'intéresser de près ou de loin à ce premier album. Cela vaut aussi pour le morceau « Strange Out Here » où on pourrait sans doute émettre l'hypothèse que les rires de Mark vers la fin sont une des marques de fabrique ou le fait du producteur Steve Fisk qui avait déjà mis un peu de lui sur l'ouverture « Orange Airplane ».

De là à dire que le contenu est aussi moche que la pochette, ça serait un peu faux mais en dépit de cela, « Clairvoyance » est le genre d'album qui n'aurait jamais du sortir aussi tôt. Un peu fouillis, facilement dispensable, décevant et assurément plat, il est aussi vide dans sa globalité que le fin fond d'une zone spatiale ou même que le creux d'une bouteille de pinard.

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