Deep In Hate n’est plus vraiment un lapin de trois semaines, puisque le groupe francilien est actif depuis 2004, compte deux efforts longues durées à son actif et, en dépit de quelques aléas de line-up, le groupe a toujours su conserver une trajectoire ascendante qualitativement au cours de sa carrière discographique. Au début de cet été 2014,
Deep In Hate, qui a trouvé refuge chez Kaotoxin Records, décide de publier son troisième long format, intitulé «
Chronicles of Oblivion », nouvel album-concept, qui retrace l’histoire d’un monde post-apocalyptique qui se hisse à une nouvelle ère, où chaque morceau, tout en étant lié aux autres, raconte une histoire différente, changeant de cadre géographique et d'espace temporel.
La musique de
Deep In Hate est affiliée au « deathcore », donc si tu ne supportes pas les rythmiques saccadées, entrecoupées de « breakdown » massifs et lourds, tu peux alors t’arrêter là, cet album n’est pas fait pour toi. En effet, même si la recette de
Deep In Hate reste sensiblement la même, quelques éléments ont malgré tout évolué. Tout d’abord, l’artwork, qui a été confié à Above Chaos, également illustrateur du Hellfest, tranche littéralement avec les précédents.
Exit les formes arrondies du logos, celui-ci est désormais plus « méchant » que le précédent et colle beaucoup mieux au propos du groupe. Aussi la pochette est bien plus sombre et « asymétrique », ce qui peut auguré d’un rendu bien plus direct.
Eureka !! Bingo !! T’as mis dans le mille, Bill !! La musique de la formation a effectivement entamé une mue salvatrice, les velléités progressives présentes sur «
Origins of Inequality » ont totalement disparu ou presque, faisant place à des compositions plus « in your face » et accrocheuses, essayant par la même occasion, de se démarquer de certaines de ses influences que sont
Whitechapel ou
Beneath the
Massacre (pour ne citer que celles-ci) comme sur «
Altar of lies », « Wingless
God » ou encore « The unheard prayers ». Tout en conservant ce côté « bastonange en règle »,
Deep In Hate a aussi incorporé des ambiances sombres, le tout, rehaussé d’une technicité hors-pair (« Genesis of
Void » ou « The cattle procession ») ainsi qu’une bonne dose de mélodie comme sur « New Republic ». Inutile de préciser que TOUS les morceaux sont dotés de « breakdown » plus ou moins réussi (la palme revenant à « The Unheard Prayers »), nous avons à faire à du « deathcore » que diantre !!
Côté musicien, rien à redire non plus. Nicolas Bastos, ex transfuge de L’esprit Du Clan, martyrise ses fûts avec une précision chirurgicale, les guitares sont aussi tranchantes qu’une lame de rasoir (…neuve !!) et, Mathieu éructe à s’en sortir les tripes. La production « Made in France », signée Julien Delsol, n’a absolument rien à envier aux grosses écuries américaines, elle est millimétrée et rien ne dépasse.
Cet avantage peut, néanmoins s’avérer être un inconvénient. Tout y est tellement bien calculé et sous pesé, qu’il en ressort un rendu très froid et clinique, dénué de toute spontanéité, qui pourrait en rebuter plus d’un. Aussi, même si
Deep In Hate vient d’accoucher de son plus beau bébé à ce jour, «
Chronicles of Oblivion » renferme quelques riffs récurrents, certains « breakdown » un peu « lourdingues » et une impression de déjà entendu apparaît ici ou là, ce qui confère à l’ensemble un sentiment de lassitude et d’ennui sur la durée.
Avec « Cronicles of oblivion »,
Deep In Hate prouve qu’on peut être « mangeur de fromage qui pue » et faire aussi bien que les « ricains », sinon, mieux. La galette est d’une efficacité redoutable, dotée d’une production en béton armé et, interprétée par des musiciens talentueux. Cependant, quelques plans et riffs redondants me laisseront quelque peu sur ma faim au fur et à mesure des multiples écoutes.
ATTENTION, FORMATION A FORT POTENTIEL !!
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