Carnivore est méchant.
Carnivore est vilain. Né dans les années 80 à partir des cendres de
Fallout, groupe new-yorkais de rock, le combo (assez éphèmère, juste de quoi faire deux albums) est formé de feu Peter Steele (qui formera plus tard le groupe de doom "
Type O Negative") et de quelques musiciens ayant le sens... du politiquement incorrect.
Carnivore est direct, ne passe pas par quatre chemins dans ce qu'il raconte. Le groupe a sûrement du avoir quelques problèmes, mais bon, qui n'en a pas.
Carnivore délivre un thrash métal assez délicieux, typique et direct. Les riffs peuvent paraître au début un peu surfaits, "déjà-vu", mais néanmoins efficaces. Ils savent pourtant se renouveler, car on retrouve rarement les même motifs à travers les chansons. Parfois lourds et sans merci ("
Predator", "
Legion of
Doom"), ils peuvent être aussi plus fins comme dans "Armaggedon" ou "World Wars III & IV", allant de pair avec ce que raconte Peter Steele. Il y a quand même pas mal de bonnes idées, comme la bizarre mélodicité dans "World Wars III & IV" (on se demande ce qu'elle fout là) avec le petit solo en penta, le groove de "
God Is
Dead" avec le petit moment acoustique en plein milieu...
Carnivore sait surprendre quand on ne s'y attend pas, juste assez pour éviter de tomber dans la monotonie dont le thrash peut parfois faire preuve.
La batterie est une batterie thrash typique, accompagnant la guitare fidèlement et aveuglément, mais n'abusant pas non plus du blast beat.
Un autre élément intéressant de
Carnivore est la voix, qui se voit rajouter un effet un peu bizarre (peut-être un Ensemble...) qui rajoute un peu d'étoffe et d'inhumain à la voix de Peter Steele. Sans gueuler, celui-ci arrive pourtant à donner un aspect "couillu" à la chanson. Parfois bien calé en rythme, parfois en décalage, celui-ci arrive à personnaliser les paroles, les faire vivre à travers la musique.
Car parlons-en des paroles. Pris au second degré,
Carnivore est quand même très drôle.
Carnivore est un petit mélange de politiquement incorrect, de blasphème, de violence, et de machisme exacerbé... vilain quoi. Ne serait-ce que dans l'éloquent "Male
Supremacy" (le titre ne laisse pas de doute), Peter Steele dit qu'il va à la guerre, qu'il tue, qu'il brûle et qu'il viole gaiment, avec à l'arrière la musique qui l'accompagne avec un riff bien sympa, et les choeurs qui hurlent "Male
Supremacy!!". Puis tout d'un coup, baisse de régime, moment mélancolique avec guitare claire et (véritable) chant qui me font presque penser à Jean-Louis Murat. Peter Steele raconte juste que quand il revient fatigué par la guerre, il retrouve le réconfort dans les bras de son épouse... à qui il fait encore l'amour allégrement! Quel bande de joyeux drilles! Si je résume la pensée de
Carnivore : on va tous crever, les femmes sont des objets, et nous on a qu'à profiter. Folklore!
Tout ça pour dire que
Carnivore est un disque très drôle, à écouter de pair avec les paroles pour se marrer un bon coup, mais qui à quand même une épaisseur musicale non négligeable qui garantit à l'auditeur de ne pas s'ennuyer.
Carnivore est volontairement bête et méchant. À écouter pour se détendre, quoi, sans prise de tête!
Sur "Carnivore" (1985) l'influence Black Sabbath/Venom est plus importante que celle du Hardcore et la structure des morceaux les rend rapidement assimilables.
Sur "Retaliation" (1987), malgré le retour en force du Hardcore, la manière dont ont été composés certains titres rend le disque plus difficile à appréhender (il faut multiplier les écoutes pour rentrer dedans, ce qui n'est pas le cas de son prédécesseur).
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