Diablery est un groupe grec formé en 2008 qui a sorti un premier album de black symphonique autoproduit en 2014,
Architect. Ce full length de qualité aura permis à la formation de se faire un petit nom sur la scène et surtout d’attirer l’attention des labels, puisque c’est désormais sur Personal Records que Setesh et sa horde voient paraître leur deuxième méfait, sobrement intitulé
Candles.
Disons-le d’emblée,
Diablery semble avoir subi une véritable mutation, puisqu’on ne retrouve ici quasiment plus rien du passé symphonique du groupe. Les Grecs évoluent désormais dans un mix entre black death mélodique à la scandinave, rappelant par moments des groupes comme
Unanimated,
Necrophobic ou, plus récemment les Allemands de
Thron, et black finlandais avec ses mélodies noires et ensorcelantes.
Sur ces neuf titres, le tempo se fait majoritairement rapide, et on ressent encore cette emphase et cette exaltation assez typiques du style sympho, ceci dit, les claviers se font très discrets, et les orchestrations ont quasiment disparu, tout juste retrouvera-t’on quelques chœurs clairs et une ambiance cosmique assez présente sur certains morceaux.
Certaines influences death pointent le bout de leur nez (Spiral Ascension of Becoming, les attaques saccadées de Moonlit Dome Revealed) qui viennent cimenter des compos à la fluidité remarquable malgré leur longueur (avec une moyenne de huit minutes par titre, l’album fait quand même 66 minutes au compteur…). Ceci dit, ne nous y trompons pas,
Diablery évolue dans un black metal porté sur les guitares qui se veut à la fois grandiose, épique et très mélodique, et se fendant de quelques passages sacrément furieux qui viennent rehausser l’intensité de l’ensemble.
En effet, le travail des six cordes est remarquable, et on a le droit à quelques riffs particulièrement inspirés et accrocheurs qui donnent du relief et viennent magnifier ces longues compos (Three Torches Lit et ses guitares à la
Sargeist qui nous prend d’emblée à la gorge, nous flagellant les chairs de ces riffs majestueux, le très bon et furieux
Sanguine Emissions of Aeonic Ecstasy avec ses superbes harmoniques à partir de 1,35 minutes, l’entame de Spiral Ascension of Becoming, aussi tranchante que mélodique, la fin bombastique de Moonlit Dome Revealed). On appréciera également le jeu de la basse et ses variations parfaitement mises en avant, des giclées de blasts bien senties et les hurlements écorchés de Setesh, pas spécialement originaux mais froids, haineux et expressifs, somme toute parfaits pour le style.
Le tempo est relativement varié et de nombreux ralentissements viennent instaurer une ambiance plus nébuleuse et ésotérique (le long passage de 2,21 à 4,38 minutes sur Three Torches Lit, les breaks de The Piercing Ice, où chœurs, chants de gorge caverneux et arpèges mêlent leurs échos en une litanie mélancolique) histoire de renforcer le dynamisme et la noirceur des titres. On déplorera en revanche un ventre mou certes pas désagréable à l’oreille mais qui manque un peu d’intensité, avec l’enchaînement d’un The Star-Veiled Face pas assez mordant, et un The Coming Fog sympathique mais qui manque de véritables moments forts. Pour le reste, pas vraiment de faute de goût, même s’il faut bien reconnaître que, aussi bonne et maîtrisée qu’elle soit, la musique des Grecs est loin de faire dans l’originalité et que certaines compos auraient sans doute gagnées à être plus condensées.
Pour conclure,
Candles est un très bon album, dévoilant un groupe à la musique parfaitement maîtrisée et aux compos à la fois léchées et inspirées. Même si l’ensemble sonne parfois encore un peu générique, la sauce prend et on saura apprécier comme il se doit un black metal rapide, carré et exalté à la fois lâchant une flopée de riffs incisifs comme il faut. Néanmoins le groupe a peut-être un peu pêché par excès, proposant un album trop long et manquant un peu de personnalité où les titres, bien que bons en soi, peinent parfois à nous captiver sur toute leur durée malgré quelques passages excellents…
En tout état de cause, neuf bougies sont allumées et brûlent pour nous montrer la Voie dans les ténèbres d’une nuit sans fin. Si vous n’avez pas peur de vous écarter du chemin si rassurant des communs et des faibles, suivez leur lueur enivrante et osez vous perdre et renaître dans Sa lumière…
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