Plus de vingt années après leur dernier enregistrement studio officiel (
Full Speed Ahead - 1995), les Dirty
Rotten Imbeciles ont souhaité prendre la température, avec un E.P. 5 titres sorti en ce mois de juin 2016. Bref rappel pour les ermites longue durée, D.R.I. est le fer de lance du mouvement
Crossover (mixant hardcore et thrash metal, inventeur du mot
Crossover, et identifiable avec son logo symbolisant parfaitement cette scène), paru au milieu des années 80. Ils ont, malgré une absence discographique de plus de deux décades (entrecoupée de
Live, quand même), continué à entretenir leur fan-base avec des concerts ou des participations à divers festivals des deux côtés de l'Atlantique, souvent fort appréciés, mélangeant punks, hard-coreux et thrashers à leurs shows.
Ainsi sort ce But Wait... There's
More au titre fort à propos. Un mot sur la pochette, parodique et bien dans l'esprit, soulignant la principale source de revenus d'un groupe de ce calibre, la vente de produits dérivés à la musique à proprement parler (thème repris de manière globalisée sur "As Seen On T.V."). Bill Metoyer est aux manettes, comme à le belle époque, dotant ce E.P. d'un son rond et moins metal que sur les productions "récentes".
Un peu plus de neuf minutes, cinq titres (dont deux bien connus des fans puisqu'il s'agit de titres repris de leur première période, "
Cough Slouch" étant même présent sur leur première démo, ce qui ne rajeunit pas). Le principal intérêt de cette mise en bouche est de tester, pour le groupe, la pertinence d'un retour à l'écriture ; pour les fans de soutenir un groupe iconique, toujours emmené par
Kurt Brecht, en forme, et de constater que les Texans savent toujours comment faire sonner un bon titre de hardcore, fidèle à leur passé. Avec un tempo plutôt rapide (mais sans dépasser la vitesse autorisée), les trois inédits passent bien, et, s'ils ne sont pas exceptionnels, font tout de même bien plaisir (mention à "Anonymity", simple mais entraînant).
Plus adapté pour les fans de
Dealing with It que de Thrashard, donc, et tant mieux. D'ailleurs, l'auditeur débutant qui n'aurait aucune connaissance du groupe pourrait très bien se dire que les 5 morceaux datent de la même période.
Mission sans doute remplie avec ce court apéritif, un peu comme si on n'avait pas goûté de cacahuètes depuis vingt ans et que le goût de celles-ci revenait immédiatement dans la mémoire gustative à la première bouchée.
Pas bien fin, mais toujours sympa. Le fan pourra à cette occasion ressortir sa chemise à carreaux ou son t-shirt flanqué du célèbre bonhomme moshisant. Loin d'être indispensable, sans doute pas assez touffu, mais ça fait toujours plaisir de revoir surgir du passé un vieux pote toujours fringant.
En tout cas merci pour la chro, ça m'a permis de me replonger dans DRI. En espérant qu'ils ne s'arrêtent pas à cet excellent EP!
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire