Genghis [ʧiŋgɪs] : génie politique et militaire qui unifia les tribus turques et mongoles de l'Asie Centrale et ainsi fonda son empire, le plus vaste empire contigu de tous les temps.
Tron [trνή] : Tron est le premier film à utiliser des séquences retravaillées ou conçues par ordinateur
Suivons les conseils que l'on nous donne. Barricadons-nous. On ne sait trop comment ni pourquoi, est-ce pour pouvoir résister au typhon
Genghis Tron ou pour pouvoir empêcher les voisins et les flics de venir interrompre la 'quiétude' de l'écoute de cet album. Il n'empêche, un conseil en valant bien un autre, fermons la porte, laissons madame regarder un vieux film avec Julianne Moore et branchons les écouteurs volume +11.
Pour ceux d'entre vous qui ne connaîtraient pas (encore)
Genghis Tron, faisons un peu de cuisine pour nous remettre dans le bain. Dans un mixeur (ou plutôt dans un broyeur), ajoutez quelques morceaux de grindcore type '
The Locust vs
The Berzerker', un gros soupçon de 'Autechre vs Aphex Twin' et comme vous aimez bien la cuisine épicée et étrangère mettez ici quelques touches malsaines et enivrantes de Black
Metal et de early Pink Floyd. Passez direct à la vitesse 5, et voilà c'est prêt.
Genghis Tron c'est tout ça et plus encore. Difficile de décrire la musique de ce pur ovni classifié à la va vite dans le cybergrind. Même les gars qui tapent les articles sur wikipedia doivent encore s'arracher les cheveux et s'insulter pour savoir ce qui démarque le plus trio new-yorkais. On a droit hormis le cybergrind à des trucs aussi pompeux que IDM, power noise, doom, industrial, ambiant ou même prog. C'est tout dire et en même temps rien.
Alors moi pauvre pékin avec mes 500 mots de vocabulaire, où est-ce que je vais bien pouvoir vous emmener avec de telles approximations ? Déjà un bref retour sur image. 2004, sortie de la première demo qui sera ponctuée dans les deux années qui suivent par deux ep's et déjà le premier full-length
Dead Mountain Mouth en 2006. Parce que essentiellement basée sur l'électronique, dès le début le son de
Genghis Tron a la prod en béton qu'il lui faut mais pas l'aura médiatique dont ils auraient effectivement besoin pour conquérir le monde (ce qui, n'en doutons pas, est certainement prévu dans leur agenda). Aussitôt dit, aussitôt fait, le deuxième album que votre serviteur chronique avec joie vient de sortir sur l'énorme Relapse Records.
Conséquence notable de ce changement d'écurie, les compos ont gagné en ambition. On retrouve bien évidemment les titres qui font la gloire (ou la 'mégloire' selon les mauvaises langues) du grind taillés comme des brillants autour de une et deux minutes maxi. Dans un paysage musical torturé, on ne meurt pas nécessairement que rapidement et certaines fois la délicieuse agonie sait prendre de lancinantes longueurs pour vous atteindre droit aux oreilles et au coeur.
Guitares tapageuses sentant bon de temps en temps la NWOBHM ou encore le doom, claviers dignes de Luke Vibert ou même du grand Richard D. James (AFX, Aphex Twin) avec des relents malsains de Black, voix tonitruante froide et glaciale comme un cri perdu dans la nuit alternée par un chant clair a la David Gilmour, bref
Genghis Tron est terre de contraste et des revirements les plus osés et les plus réussis.
Inutile d'essayer de trop percer avant les mystères de la tempête '
Board Up the House'. On s'y essaierait vainement en mots inutiles (vla que je me mets a faire du lyrics Depeche Mode) et on s'y gâcherait le plaisir en verbiages déplacés.
Essayez cet album simplement avec une oreille d'enfant, prête à tout découvrir. Vous n'en sortirez pas indemne. Finalement on a bien fait de se barricader.
Je ne penses pas que ça me plaise non plus.
Cela me fait penser (non pas que cela y ressemble mais par association d'idée on va dire ^^) à Dillinger Escape Plan, assez "barré" dans le genre et même si je n'aime pas ce genre de trips, je conçois bien la vraie recherche qui est soi dit en passant franchement pas mal (je reste modéré dans les propos n'appréciant pas trop ce style ^^).
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