Formé en 1988 à Montréal sous le nom de
Necrosis autour de Jon Levasseur et
Lord Worm,
Cryptopsy adopte son patronyme actuel en 1992. Sa démo
Ungentle Exhumation de 1993 lui permet de décrocher un deal avec la petite structure
Invasion Records et de rentrer aux
Piranha Studios pour les sessions de son premier album. Le bien nommé
Blasphemy Made Flesh est alors commercialisé fin
1994 avec une illustration le mettant admirablement en valeur, loin de la pochette fade de sa réédition.
Balançant un deathmetal technique entre
Suffocation et
Cannibal Corpse,
Blasphemy Made Flesh impressionne par sa brutalité et sa rapidité n'ayant finalement que peu d'équivalent à l'époque, mais aussi par sa qualité d'interprétation. Sur le jeu de batterie complexe et désarmant de Flo Mounier, Martin Fergusson livre des parties de basse techniques, rappelant celles de Chris Richards sur Breeding The
Spawn (
Suffocation), permettant au couple Thibault / Levasseur d’asséner des riffs carrés et incisifs. Enfin, bien que le rythme soit souvent tapageur,
Cryptopsy sait judicieusement ralentir la cadence, se calant sur un double pédalage millimétré pour lâcher une rafale de riffs dévastateurs à l’image des terrassants
Defenestration et
Abigor.
Lord Worm est également un atout indéniable de
Cryptopsy, passant allégrement d’un guttural très pur à un chant très agressif, apportant un dynamisme accru aux compositions de Jon Levasseur. En revanche, bien que la production de Rod Shearer soit relativement claire et équilibre brillamment chaque instrument (notamment la basse présente dans le mix), elle manque parallèlement de puissance et dote la batterie d’un son creux, limitant le relief et l’impact des compositions du terrible
Blasphemy Made Flesh.
Sans se hisser au niveau des maîtres du brutaldeath, Cryptosy fait ainsi une entrée remarquée sur la scène extrême grâce à un
Blasphemy Made Flesh d’un niveau technique et d’une précision remarquables, sans compter cette incroyable brutalité pour l'époque. Péchant certes au niveau de la faiblesse de sa production, son principal défaut, l’album reste toutefois très accrocheur, à commencer par le redoutable Serial
Messiah et ses riffs alambiqués particulièrement tranchants.
Fabien.
Question de point de vue sans doute, je n'incite pas à la polémique inutile :)
Quoiqu'il en soit, merci pour ta réponse.
Super skeud, quel folie ravageuse , des musiciens en or! Une technicitée sans faille, j’attend impatiemment None So Vile, je les avais vu en live interprétant entièrement NSV , quel découverte! La prod est un peu merdique mais ça envoi! Le live qui l’accompagne est magistral !
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