Behind the Shadows Lie Madness

Liste des groupes Metal Expérimental Mithras Behind the Shadows Lie Madness
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16/20
Nom du groupe Mithras
Nom de l'album Behind the Shadows Lie Madness
Type Album
Date de parution Avril 2007
Style MusicalMetal Expérimental
Membres possèdant cet album34

Tracklist

1.
 The Journey and the Forsaken
 02:04
2.
 To Fall from the Heavens
 03:47
3.
 Under the Three Spheres
 03:22
4.
 Into Black Holes of Oblivion
 03:44
5.
 When the Light Fades Away
 02:17
6.
 Behind the Shadows
 06:59
7.
 Awaken Man and Stone
 04:35
8.
 The Twisted Tower
 04:37
9.
 To Where the Sun Never Leaves
 03:44
10.
 The Beacon Beckons
 02:23
11.
 Thrown upon the Waves
 05:52
12.
 Into the Unknown
 01:04

Durée totale : 44:28

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Mithras


Chronique @ Miskatonic

22 Décembre 2016

Brutal death épique et atmosphérique tout à fait unique dans le paysage du metal extrême.

Fort du succès obtenu lors de la sortie de Worlds Beyond the Veil, qui valut à Mithras une signature chez Candlelight Records, le groupe revient quatre ans plus tard pour livrer son nouveau méfait. Quatre années durant lesquelles Coss et Macey travaillent d’arrache-pied au Dreaming Studios pour donner une suite au narratif et conceptuel Worlds Beyond the Veil, donnant déjà dans un brutal death épique et atmosphérique tout à fait unique dans le paysage du metal extrême. Une personnalité marquée, identifiable dès les premières secondes, faite de leads cosmiques inoubliables, dont les furieux blast beats en renforcent la mélodie, et d’une histoire science fictionnelle lovecraftienne courant sur l’album entier, et narrant les efforts de l’Homme pour entrer en contact avec une divinité extraterrestre nichée dans une réalité inter-dimensionnelle. Tels étaient les ingrédients composant le deuxième album du duo, et le moins que l’on puisse dire, c’est que la formule reste inchangée sur Behind the Shadows Lie Madness.

Pour illustrer ce nouveau chapitre ésotérique et spatial, Behind the Shadows Lie Madness reprenant l’histoire là où Worlds Beyond the Veil la laissait, Mithras mandate le célèbre Dan Seagrave pour représenter un monde alien et hostile dominé par l’obscurité et le chaos, dans lequel un homme fuit, poursuivi par un être indicible, les ténèbres, et la folie qu’elles recouvrent. Très vite, on constate toujours cette volonté de la part du groupe de concilier le contenu musical avec des lyrics mystiques et épiques, faisant de ce nouvel album, une oeuvre narrative fortement ambiancée, dotée d'instrumentaux à texte, au même titre que Worlds Beyond the Veil. Seulement Behind the Shadows Lie Madness se montre bien plus court et concis que l’album précédent, réduisant considérablement la durée de ces fameuses plages instrumentales ambiantes (les seules au clavier) d’une quinzaine de minutes, ce qui ajoutée à des morceaux légèrement plus courts aussi, correspond à la volonté de Macey de rendre un album plus direct et plus monolithique.

Après une courte intro, nous voici donc parachutés dans ces fameux paysages sonores typiquement mithrasiens où les motifs musicaux se répètent avec subtilité en constituant une trame narrative imagée. Comme à l’accoutumée, une mer de double, accompagnée de rafales de blasts, servant d’assise à des leads éthérés nourris à la réverbe et au delay. "To fall From the Heavens" démarre ainsi sur les chapeaux de roues, avec pour la première fois chez Mithras, des contre-voix claires au chant rauque de Coss, conférant ainsi au morceau une singularité intéressante et unique dans le répertoire du groupe. Le progressif "Under the Three Spheres" enfonce le clou juste derrière, avec ses leads d’une beauté et d’une clarté sans faille, et constitue sans nul doute l’une des tueries de l’album, à tel point que Sarpanitum en copiera l’un des riffs centraux pour son fabuleux Blessed Be My Brothers sorti neuf ans plus tard.
On peut aussi noter dans ce nouveau jet, un côté presque martial, cadencé, tels le déplacement inexorable d’une armée, ou les rouages immuables d’une immense machinerie, notamment sur le terrible titre éponyme, lourd et prenant avec ses furieuses harmoniques pincées, sur "Thrown Upon the Waves" qui apporte faste et grandeur avec ses rafales de blasts, ou encore sur "Into Black Hole of Oblivion", riche au niveau batterie, qui voit également revenir l’influence première du groupe - Morbid Angel - flagrante aux débuts de sa carrière, mais plus diluée à présent, comme digérée, assimilée.
L’auditeur peu habitué au double pédalage assassin de Macey pourra en revanche se sentir submergé par ce mur de son, massif, compact, et cette double guitare rythmique qui donne tant de profondeur à l’entité Mithras, mais les soli contrebalancent et aèrent, presque de façon délicate par moments, la brutalité des compos. Les leads de macey semblent en effet avoir été en partie canalisés, et d’un aspect un peu magmatique sur Worlds Beyond the Veil, pour ne pas dire chaotique parfois, on parvient à un déluge de leads plus directionnels et diablement prenants, sans en perdre le côté cosmique et perché. Quand aux pistes instrumentales, elles ventilent également l’album, que ce soit l’aérien et séraphique "The Beacon Beckons", qui voit surgir en outro l’un des leitmotivs musicaux dont Macey a le secret, ou le superbe "When the Light Fade Away", céleste et majestueux, doté de chœurs épiques accroissant l’ambiance grandiose de la galette, et qui évoque fortement l'un des interludes instrumentaux composés par Mobid Angel pour Formulas Fatal to the Flesh ("Hymn to a Gas Giant").
De nombreux breaks parsèment l’album et légitiment les accélérations qui les encadrent, quelques passages plombés entrecoupent aussi la vélocité du propos, comme celui de "The Twisted Tower", tandis que l’ascensionnel "To Where the Sun Never Leaves" fournit une bonne rampe de lancement vers la stratosphère grâce à son lead conducteur fait de montées et de descentes.

Niveau production, Macey, épaulé comme sur l’album précédent par Lee du-Caine, éclaircit le propos de Mithras, en dotant ses leads d’une lisibilité et d’une pureté accrues, et permet enfin à la basse graveleuse de Coss d’être audible, en plus de participer à grossir le son déjà très massif de la double grosse caisse, qui notons-le tout de même, semble un peu trop au devant de la caisse claire. Cependant, la batterie de manière générale, est mieux mixée qu’auparavant, ce qui ajoutée à une meilleure structure des compos, plus courtes et plus directes que sur Worlds Beyond the Veil, permet à Mithras de gagner en efficacité, mais de perdre aussi en spontanéité et folie.
Il ressort ainsi de Behind the Shadow Lie Madness une puissance et une brutalité rythmique dévastatrice que l’élégance des soli vient aérer, et à l’image de son logo légèrement lifté, une force davantage maitrisée et organisée, qui s’amplifiera encore sur le génial On Strange Loops.

1 Commentaire

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ShubNiggurath - 05 Mars 2024:

Je découvre cet album sur le tard, j'ai eu du mal à m'affranchir du fabuleux On Strange Loops. Je perçois sur ce Behind the Shadow Lie Madness pas mal de relents à la MORBID ANGEL avec notamment des rappels de l'extraordinaire Domination. Une influence qui me satisfait énormément, je le reconnais. Néanmoins MITHRAS ne tombe pas dans le piège de la simple copie et réussi à apporter sa touche personnelle. Il développe ainsi un univers assez unique et le résultat fonctionne très bien. Merci pour cette chronique Manu !

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