Sacrée sortie de Roadrunner à la rentrée 1990,
Tower of Spite n’avait pas forcément connu un succès retentissant, tout comme le terrible
Swallowed in Black de
Sadus, la faute aux poulains purement deathmetal du label comme
Deicide,
Obituary ou
Pestilence, centres de nombreux regards en ce début de décennie. En 1991, l’écurie américano-néerlandaise continue d’ailleurs de surfer sur cette vague extrême en signant
Malevolent Creation,
Immolation,
Suffocation ou
Gorguts, tout en conservant en milieu de catalogue notre groupe anglais, qui peine à se tailler une place équivalente. Au sein même de la formation, on constate peu de changements puisque seul Andy Whale (l’ancien batteur de l’incontournable Sacrilege) quitte le navire, remplacé au pied levé par Kevin
Frost***** qui participe aux sessions du nouvel album, puissamment enregistré par Paul Johnson venant de clore la capture de The Grand Leveller de
Benediction.
Si ce troisième effort baptisé
Bastards se situe globalement dans la lignée de son prédécesseur,
Cerebral Fix nous lâchant ce thrashmetal toujours aussi solide sur la voix rocailleuse de Simon
Forest, il perd en revanche la teinte deathmetal de son ainé au profit d’une couleur hardcore retrouvée. On peut ainsi davantage y déceler ces bonnes vieilles racines punk britanniques ressurgies du passé, en témoignent un ton plus revendicateur à l’image du titre éponyme en ouverture, ou encore de No Survivors et
Smash It Up, reprises furieuses de GBH et The Damned en clôture d’album.
A l’image du génial Injected
Out du précédent disque,
Cerebral Fix reste particulièrement mordant sur ses nouveaux titres les plus rapides, et bouscule ainsi le temps d’un Veils of Tears très entrainant et d’un Sphereborn sacrément puissant, se hissant parmi ses plus beaux efforts. En revanche, le quintette de Birmingham ne retrouve pas forcément la même force du riff sur ses titres à dominante middle tempo, pour citer par exemple
Beyond Jerusalem ou
Return to
Infinity, de bonnes compositions bien ficelées mais sans commune mesure avec l’intensité d’un Culte des Mortes ou la saveur d’un Quest for
Midian, deux sacrées pièces du génial
Tower of Spite, que la bande de Simon
Forest, Tony Walburton et Gregg Fellows peine décidément à faire oublier.
Bénéficiant d’une production irréprochable de Paul Johnson aux Rhythm Studios, qui multipliera les bons enregistrements pour citer ses collaborations avec
Benediction,
Vader ou
Cadaver,
Bastards succède toutefois difficilement au génial
Tower of Spite. Sans globalement retrouver une intensité équivalente,
Cerebral Fix revient tout de même avec un album de bien bonne facture, bon compromis entre l’agressivité du thrashmetal et l’urgence du hardcore, mais évoluant malheureusement sans grand soutien de son label, qui a déjà les yeux rivés ailleurs et quasiment conduit le quintette vers la porte de sortie, une vilaine habitude chez Roadrunner.
Fabien.
Thanx pour la chro.
@ Eaque : Le bassiste Frank Healy (un gaucher !) est arrivé au sein de Cerebral Fix à l'occasion de Tower of Spite, et ce jusqu'à la séparation du groupe après Death Erotica. On le retrouve aussi effectivement chez Benediction à partir du terrassant Transcend the Rubicon. Fabien
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