Bangkok Shocks Saigon Shakes Hanoi Rocks

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Nom du groupe Hanoi Rocks
Nom de l'album Bangkok Shocks Saigon Shakes Hanoi Rocks
Type Album
Date de parution 1981
Labels Castle Music
Style MusicalHard Rock
Membres possèdant cet album26

Tracklist

1. Lost in the City
2. Village Girl
3. Stop Cryin'
4. Tragedy
5. Don't Never Leave Me
6. First Timer
7. Cheyenne
8. 11th Street Kids
9. Walking with My Angel
10. Pretender

Chronique @ Walagahouglag

26 Fevrier 2014

Tout est déjà là pour la suite.

Certains groupes font figure d’extraterrestre dans le Hard Rock. Si le Royaume-Uni et les Etats-Unis se partagent la genèse de notre style chéri, d’autres pays ont vu des groupes apparaître de nulle part. Hanoi Rocks fait probablement partie de ceux-là. La Scandinavie est surtout connue pour être un des bastions du Metal, pourtant Hanoi Rocks nous emmène en Finlande, où la bière gèle dehors et les filles sont jolies (« Oh won’t you please take me hooome ») !

Le groupe se forme initialement en 1979 à Helsinki et réunit Michael Monroe, Andy Mc Coy, Nasty Suicide, Stefan Piesnack, Nedo Soininen et Peki Sirola, punks dans l’âme, et s’embarquent rapidement pour une tournée de clubs. A l’époque, Andy jouait avec Pelle Miljoona, autre chanteur punk, mais il rejoignit le groupe alors que les premiers changements de membre commencent en 1980 : Andy tombe à pic pour remplacer Stefan Piesnack arrêté pour détention de drogues, Sami Yaffa reprend la basse à la place de Nedo, et Peki Sirola est remplacé par Gyp Casino derrière les fûts.

S’ensuit une vie de galère à Stockholm. L’argent ne coule pas à flots pour les gars qui doivent se résigner à dormir dans les stations de métro. C’était sans compter sur le charme de Michael, qui ne tarde pas à attraper des filles suédoises dans ses filets, et permettre (accessoirement ?) au reste du groupe de dormir au chaud. Les choses allaient bien mieux pour Andy Mc Coy qui vivait chez sa copine: il racontait à qui voulait l’entendre que le reste du groupe se prostituait pour gagner sa vie! Mais ces temps durs n’empêchent pas le groupe d’écrire ce qui sera leur premier album. Ils ne tarderont pas à se faire repérer par un manager du nom de Seppo Vesterinen, qui les fera entrer en studio dès février 81 pour enregistrer Bangkok Shocks, Saigon Shakes, Hanoi Rocks.

Et quel album… Les premiers coups de batterie sur Tragedy sonnent comme le top départ d’un groupe qui, paradoxalement, allait influencer bon nombre de groupes sans accéder au même prestige. Contrairement à d’autres formations de la fin des 70’s / début 80’s, la distorsion n’est pas poussée à fond. Le groupe favorise l’énergie plutôt que la puissance: les rythmes sont rapides, les power chords sont peu nombreux. La guitare rythmique nerveuse participe à donner un aspect punk-rock aux compositions. Ajoutez un Andy McCoy inspiré du Rock N’ Roll de Little Richard ou Chuck Berry, et vous obtiendrez la base du son Hanoi Rocks. Les soli de saxo de Michael Monroe contribuent à la sonorité 50’s du groupe, et mettent en valeur la sensualité de ses paroles.

Parce que c’est un vrai Casanova! Monroe dépeint l’amour sous toutes ses formes, sexuelle, sentimentale (mais peut-on seulement dissocier les deux ?), éphémère ou durable, harmonieuse ou conflictuelle. Village girl, Cheyenne, 11Th Street Kidz, ou Walking with my Angel sont d’autant d’odes à la gente féminine. Le vécu du groupe à Stockholm a aussi beaucoup servi d’inspiration aux paroles : Tragedy, Don’t Never Leave Me, Lost in The City décrivent un type sans attaches, paumé dans une ville qui lui est inconnue, et qui se débrouille comme il peut.

Alors oui, la voix de Mr. Monroe n’est pas très expérimentée, et ça se ressent à quelques endroits, où elle manque de justesse. Est-ce forcément un défaut ? C’est vrai qu’à la première écoute, c’est le genre de détails qui accrochent l’oreille, et je trouve que Don’t Never Leave Me en est un exemple parfait. J’aimerais bien savoir à quoi il tournait en l’enregistrant, parce qu’il ne devait pas être bien net ! Mais cette chanson (et tout le reste de l’album) dégage une telle énergie, une telle authenticité, qu’on se laisse vite prendre au jeu. Finalement, c’est assez fidèle à l’esprit punk, « Rock N Roll is just an attitude » comme disait l’autre.

Mais Hanoi Rocks se sentirait bien à l’étroit dans une case, tant le groupe semble piocher dans tous les styles, et c’est tant mieux! Tout est déjà là pour la suite: un Michael Monroe capable de varier les registres, une paire de guitaristes qui ne sort jamais la même chose sur deux chansons, une basse efficace qui développera encore son feeling sur les autres albums. J’émettrais peut-être une réserve pour le batteur Gyp Casino, qui se contente de faire le boulot, mais les choses ne tarderont pas à changer. Bangkok Shocks, Saigon Shakes, Hanoi Rocks présente déjà un groupe avec une forte identité et un potentiel qu’il cultivera par la suite.

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