Certains interprètes tentent vainement de s’exprimer dans l’utopie d’une continuité artistique, reflet fidèle de leurs illustres inspirateurs et d'un illustre passé. Cependant, perpétuellement en mouvement l’art ne peut se satisfaire de cet immobilisme créatif. Le déclin, inéluctable, de ces rêveurs n’est plus alors qu’esclave de temps. Mais sur les dépouilles froides de leurs cadavres exquis, terrassés par le conformisme, leur dernier souffle de vie crie encore cet amour insensé pour une coutume antique, héritage intact de ces heures glorieuses. Ce dernier râle, d’une agonie parfois démesurément longue, empeste de cette similitude créative engendrés, surtout, par une fâcheuse tendance au mimétisme sans inspiration.
En cette année 2003, les derniers soubresauts de ces hordes transalpines incessante, cousins plus ou moins parents de
Rhapsody, et à la créativité plus ou moins heureuse, paraissaient, en ces temps-là, pourtant déjà oubliés. Epuré de son ivraie, le
Power Metal de ces terres italiennes ne nous proposait alors que les plus talentueux. Il ne fallait toutefois pas mésestimer les ultimes assauts d’un Underground Symphony toujours prêt à en découdre. Si autrefois le label avait inconsidérément alimenté le champ de batailles d’une multitude de guerriers parfois maladroits, et d’une profusion de musiciens souvent dispensables, il semblait désormais résigner à s’inscrire dans la démarche plus sensé, et plus scrupuleuse, de sorties moins quantitatives mais plus qualitatives.
Dans ce contexte,
Athlantis pouvait apparaître comme néophytes sur la scène, il comptait toutefois en son sein quelques fines lames reconnues, essentiellement, sur leurs fiefs natals. Ainsi, en allait-il d’un Pier Gonela, et de ses guitares, venant tout justes d’intégrer les rangs de
Labyrinth, ou encore d’un Steve Vawamas, et de sa basse, s’illustrant au cœur de
Shadows Of Steel. Le premier album éponyme de cette formation ne tardait pas à sortir.
Le concernant, si l’évocation d’une certaine consanguinité musicale avec
Rhapsody est évidente, c’est plus précisément dans les visages de
Shadows Of Steel et de
Labyrinth qu’il faudra chercher des ressemblances. Nous proposant un
Power Speed
Metal aux constructions alternant rythmes et atmosphères variées, il s’évertue à fouler, encore, ces chemins tant et tant foulés. Dès lors, bien évidemment, les enchaînements véloces, les riffs symptomatiques, les claviers omniprésents, sont de rigueur. La filiation de ce
Athlantis avec sa terre de naissance, l’Italie, est marquante ; mais elle est encore mis en exergue par l’usage de ces chants aux timbres aigus si spécifique des ces terres berceau de l’empire romains (un sentiment renforcé par la présence au chant de Rob
Tyrant (
Labyrinth) et de
Wild Steel (
Shadows Of Steel, Soulblaze,
Wild Steel) en tant qu’invités surprises).
Ce plaidoyer apparaît donc comme la copie la plus conforme des travaux des groupes déjà cités, ou comme l’indigne descendant de la scène transalpine. Voilà comment nous pourrions résumer cette oeuvre, sans le nécessaire travail approfondi de rigueur.
Etant entendu qu’
Athlantis possède, assurément, un aspect caricaturalement semblable à ces aïeuls, et qu’il développe un propos peu original, il n’en demeure, pourtant, pas moins attachant. Il parvient ici, malgré tout, à nous offrir des moments intéressants. Ainsi des titres tels que
Surrender, le très bon
Voices et son duo vocal entre le talentueux Rob
Tyrant et un ténor, un heureux Flyin’Higher ou encore un joli Delian parviennent, entre autres, à nous rappeler aux meilleurs souvenirs des délicieux sentiments éprouvés lors de l’écoute du premier essai éponyme de
Shadows Of Steel.
Sans transcender le genre, et donnant à entendre un
Power italien, quelques peu, désuet,
Athlantis démontre, néanmoins, quelques belles qualités qui font de lui un bon pourvoyeur de nostalgie à défaut d’un groupe aux propos visionnaires.
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