As Above, So Below

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16/20
Nom du groupe Angel Witch
Nom de l'album As Above, So Below
Type Album
Date de parution 12 Mars 2012
Style MusicalNWOBHM
Membres possèdant cet album62

Tracklist

1. Dead Sea Scrolls 06:00
2. Into the Dark 05:11
3. Gebura 05:24
4. The Horla 07:30
5. Witching Hour 05:50
6. Upon This Cord 06:33
7. Guillotine 06:54
8. Brainwashed 07:08
Total playing time 50:30

Chronique @ utumno666

31 Mars 2012

Presque trente ans - vingt-six pour être exact - se sont écoulés depuis le dernier album d'Angel Witch! La sortie de ce 'As Above, So Below' tient donc presque de l'événement pour ces pionniers de la NWOBHM. Bon, il faut reconnaître qu'il ne subsiste du line-up d'origine que Kevin Heybourne, le chanteur, guitariste et leader du groupe. Mais en contrepartie, c'est le prestigieux label Rise Above Records (Ghost, Electric Wizard, ...) qui couvre la sortie de cet album-comeback. De quoi se réjouir!

Pour ceux qui auraient loupé le coche, Angel Witch est un des représentants majeurs de la New Wave Of British Of Heavy Metal, soit la 'Nouvelle vague de heavy metal britannique', abrégée NWOBHM. La NWOBHM est un courant musical qui écuma la Grande-Bretagne dès la fin des années '70, sur lequel ont surfé des groupes aujourd'hui incontournables comme Iron Maiden, Motörhead ou les (plus très) sulfureuses Girlschool. Angel Witch s'y tailla une réputation solide en sortant son premier album éponyme en 1980, devenu culte depuis, mais ils ne connurent jamais le succès de leurs compatriotes de la Vierge de Fer. Après deux albums parus discrètement en 1985 et en 1986, la discographie du groupe s'étala mornement de Lives en compilations plus ou moins dispensables. Jusqu'à aujourd'hui.

Il est intéressant de souligner que cet opus de heavy traditionnel survient alors que le genre vit une seconde jeunesse. À côté des vieux briscards de Hell, qui eux aussi ont récemment fait leur grand comeback, on observe l'émergence de nombreuses nouvelles têtes plus ou moins talentueuses, gentiment en train de voler la vedette aux mastodontes du power européen, en proposant un son dénué d'artifices, épuré, plus authentique. Je pense à des In Solitude, Ghost, White Wizzard, ou même The Devil's Blood, pour n'en citer que quelques-uns. Ce climat de retour aux sources était vraisemblablement propice pour enfin extirper Angel Witch de son silence.

Mais trêve de bavardages, venons-en à la musique, sans s'arrêter sur la superbe pochette. Bien vite, nombreuses craintes s'effaceront, déjà sur les premières mesures de la chanson-phare 'Dead Scrolls Sea'. Tout d'abord Angel Witch ne s'est pas transformé. Trente ans plus tard, ils servent encore LE Metal, avec un M majuscule. Traditionnels des pieds à la tête, des compositions à la production, le temps semble s'être arrêté depuis les eighties pour eux. Ces longues années auront été comme une hibernation, on les retrouve là où on les avait laissé (enfin, ceux qui sont assez vieux pour avoir pu le faire), et cette hibernation les a préservés de toute influence moderne néfaste. Cette approche différente, nouvelle mais d'un autre temps en réalité, réserve quelques surprises aux nouvelles générations, car les tempos sont ralentis, bien moins excités que dans le speed/power à la Stratovarius ou Sonata Arctica. Ici, c'est vraiment une ambiance totalement différente.

On sera d'autre part ravi de constater que Heybourne a gardé intactes ses capacités vocales d'antan, contrairement à Bruce Dickinson dont la voix, n'en déplaisent aux fanboys, s'est un peu fragilisée par une carrière beaucoup plus remplie. Heybourne de son côté, dans des registres en général plus graves que le chanteur d'Iron Maiden, contribue à ressusciter le feeling au fond très rock'n'roll de la NWOBHM, en ne s'aventurant pas dans le grotesque. Il préfère une énergie efficace à une quête de beauté à tout prix, ce qui aurait pu se traduire par de ridicules cris suraigus. Cependant, sur certains morceaux, 'Geburah' par exemple, un semblant de monotonie découle de ce manque de prises de risques de la part du chanteur. A moins que ce sentiment naisse de l'habitude des mélodies faciles, que les parties vocales d'Heybourne évitent largement.

Les mélancoliques qui pleurent au bar sur la mort du metal le vendredi soir se frotteront les mains. Plutôt qu'une grandiloquence épique, Angel Witch emprunte une voie plus primitive (authentique, dirons d'autres). Le contraire eut été étonnant, mais les claviers sont quasi-inexistants, les chœurs ramenés au strict nécessaire, et les solos conservent une contenance toute british, qui permet de les savourer davantage à chaque écoute sans en être écœuré. Les mélodies recèlent même parfois un certain côté inquiétant, comme sur l'ouverture de 'Brainwashed', tandis que le morceau se déroule ensuite avec majesté, s'imposant comme un des meilleurs titres de l'album. Les guitares en général se montrent souvent graves et lourdes, laissant planer le spectre du doom à l'ancienne au-dessus d'elles. En résulte un ton parfois aussi sombre que l'Opus Eponymous de Ghost, et ça a quelque chose de terriblement séduisant. Mais ne comprenez pas par là qu'Angel Witch fait maintenant dans l'occulte et le déprimant. C'est traditionnel avant tout, foutrement rock'n'roll, et sait faire preuve de gaieté.

Amateurs de dragons, de chevaliers, de vikings, de batailles, d'orchestres symphoniques, et tutti quanti, passez votre chemin. Grâce à son dépouillement de la vielle école, 'As Above, So Below' s'adresse sans le cacher aux nostalgiques et aux vétérans du heavy traditionnel. Et si les apparences peuvent dessiner un cd trop grave et peu inspiré, sa complexité et sa richesse s'étoffent réellement au fil des écoutes, pour proposer au final ce qui pourra rester comme un des meilleurs albums de l'année. 2012, l'année du grand retour d'Angel Witch.

44 Commentaires

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Jesus_Krieg - 01 Juillet 2012: Ouais... mais nan. T'entends des influs punk dans Black Sab toi ? Moi non. Par contre dans Maiden, Motorhead, Priest, Saxon etc., oui clairement.

Et oui Motorhead c'est aussi du Rock'n'roll (sauce Lemmy)... jvois pas ou est le problème. La NWOBHM c'est un style + une période + un lieu géographique quoi. VENOM sont les inventeurs du Black Metal pourtant ils sont AUSSI un groupe de NWOBHM, parce qu'ils remplissent toutes les conditions pour.

Budgie, comme Black Sab, ne ressemble pas du tout à de la NWOBHM, mais plutot a tous les dinosaures Hard Rock classique des 70's.
Jesus_Krieg - 01 Juillet 2012: Puis Black Sabbath ou Budgie n'ont strictement rien apporté de neuf à l'époque de la NWOBHM. Jpense que tu le sais aussi bien que moi.
=XGV= - 02 Juillet 2012: Et Venom n'a pas inventé le Black Metal, même si leur influence a été déterminante.
ZEPP99 - 03 Juillet 2012: Comme l'a dit Bloodsong plus haut, y'a qu'à aller jeter un coup d'oeil sur wikipedia, j'y suis allé voir sur nwobhm en français, et on a toute l'explication sur les comms de légende de certains...
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