En France, on a vraiment la chance d'avoir des combos de sympho extrême qui se démarquent. On avait
Anorexia Nervosa avec toute sa frénésie, on a
Malevolentia et son univers macabre,
Maleficentia et son côté old school,
Lord Shades et ses compos épiques,
Gorgon et son ensemble guerrier...et on a aussi
Helioss et sa passion pour le mélodique et le néo-classique. Découvert en 2010 avec son premier EP "
Confession", le projet du multi instrumentiste Nicolas Muller n'a de cesse de persévérer. Auteur de deux albums, ce dernier a montré toute son ambition et son talent en matière de compositions. Il faut dire que ce gars là a de la ressource car à lui seul, il arrive à créer un black/death symphonique cohérent et techniquement irréprochable, saupoudré de mélodies et de touches baroques inspirées. Toujours accompagné du chanteur D.M (Wrath From Above), il délivre cette année son nouveau méfait "
Antumbra", pour la première fois chez un label,
Apathia Records (
Atlantis Chronicles,
Orakle,
Heart Attack...).
Pas de voyage vers le soleil, l'auditeur assistera cette fois-ci à une éclipse annulaire de soleil et se verra confronté aux ténèbres. Les compositions sont alors moins cosmiques mais plus assombries par ce soleil caché, obscurcissant le monde. Même si "The World Is Ours" débute de façon mélancolique, avec son piano, la suite se veut plus féroce et plus rentre dedans, avec une alternance cris black/growl death, des guitares rageuses et un piano virevoltant et néo-classique évoquant presque un "
The Fool" de
Fleshgod Apocalypse. C'est un peu le même topo avec "Dernière Nuit" mais c'est cette fois-ci une intro acoustique qui ouvre le bal avant de laisser place à la mélodie de la guitare accompagnée de choeurs et de growls en français.
Sur l'ensemble des titres, les influences paraissent beaucoup mieux digérées, avec une touche plus personnelle. L'aspect néo-classique est moins en excès mais plus contrôlée, le sympho et les mélodies apportent leur dose de lumière mais laissent plus de place aux ténèbres en marquant moins les pistes de leur empreinte : ces dernières se veulent souvent plus axées riffs / harmonies à la guitare, avec une pointe en plus d'agressivité. "Bring Forth the
Rain" va dans ce sens avec son mélange acoustique / metallique captivant, de même que "Santhara" et sa guitare chantante sur fond d'ambiance hindoue.
Helioss intègre quelques pistes longues à l'instar de "The Ninth Hour" et "
Drowning in Your Light". Ces dernières confirment les tendances progressives du projet mais peinent cependant à tenir l'auditeur en haleine. Menées par des vocaux majoritairement black, elles trainent assez en longueur et s'essoufflent à la moitié. Pourtant, il y a de très bonnes choses comme un côté black bien classique ou un mix agressivité / mélodicité bien senti. Mais...
"
Antumbra" est sans doute plus personnel, plus sombre et plus agressif que ses grands frères : l'évolution musicale est bien là. La virtuosité guitaristique est toujours au rendez-vous et la batterie s'est considérablement améliorée. Les claviers nous manquent quand même un petit peu puisqu'ils sont moins présents, les parties aux violons étant moins poussées au profit des choeurs. Cette sortie reste tout de même très bonne, avec en plus un packaging superbe. Avec le soutien d'
Apathia, sûr qu'
Helioss devrait grimper un peu plus loin vers le soleil...
Étant en train de me mettre à jour niveau Death symphonique, ça va être dur de prioriser mes prochains achats entre King de FA, As Amber Turn To Dust de Mechina, Carthago Delenda Est de Ade, et maintenant Antumbra... ça risque fort de se terminer par les quatre en même temps!
Merci pour la kro. :)
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