An Acoustic Endeavour

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14/20
Nom du groupe Emetropia
Nom de l'album An Acoustic Endeavour
Type EP
Date de parution 24 Mars 2023
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 A Gentle Breeze
Ecouter03:53
2.
 The First Flower Blooms
Ecouter04:52
3.
 The Old Gods - Requiem
Ecouter02:27
4.
 Shifting Seasons
Ecouter03:36

Durée totale : 14:48

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Emetropia



Chronique @ ericb4

06 Avril 2023

Une insoupçonnée et heureuse alternative à l'aune de ce menu mais frissonnant effort...

Porté par « Equinox », son dantesque et sculptural premier album full length (complété d'une édition symphonique, sortie quelques mois plus tard), le prolifique et talentueux combo suédois revient prestement dans les rangs. Mais plutôt que de nous octroyer un effort de même acabit, le collectif scandinave optera, cette fois, pour un EP modeste de ses quatre titres, intitulé « An Acoustic Endeavour », reprenant alors quatre des neuf pistes, un tantinet écourtées, renommées et réarrangées, de son opulent prédécesseur. Ce faisant, les quelque 15 minutes de la menue rondelle sont-elles à considérer telle une nécessaire respiration dans le processus créatif du groupe ? Une alternative intimiste aussi insoupçonnée que révélatrice de certaines de ses aspirations, symbolisant ainsi une parenthèse enchantée dans son projet ?

Pour mémoire, la troupe évolue depuis ses débuts, en 2017, dans un univers metal mélodico-symphonique classique, et ce, dans la veine de Nightwish (premierè période), Xandria, Delain, Therion ou encore Diabulus In Musica. Mû par un soudain élan d'inspiration, le groupe scandinave donna naissance à un émouvant EP dénommé « Procession of the Kings » un an plus tard, à peine ; introductif opus auquel succéderont trois singles (« That Fateful Night » et un remix de « Seasonal Warfare » en 2021 ; « The First Leaf Falls » en 2022), eux-mêmes précédant l'illustre « Equinox », que trois autres singles (« A Summer Breeze », « Lord of the Blizzards » et « His Final Endeavours ») sépareront de sa version symphonique. Il faudra alors attendre fin février 2023 pour que nous soit octroyée la version acoustique de « The Old Gods », l'une des plages du présent méfait. Conférant à chacune des pistes sélectionnées une coloration atmosphérique singulière, l'éloignant dès lors d'une lecture acoustique parmi tant d'autres, le set de partitions ainsi revisité ne sera pas sans réserver quelques surprises aussi bien pour le fan de la première heure que pour un tympan vierge de toute incursion du combo nord-européen...

Dans ce dessein, l'équipage de la dernière traversée n'a subi qu'une légère refonte. Aussi, à la barre, retrouvons-nous le guitariste/vocaliste Olle Renius (ex-Grayscale) , l'un des maîtres d'oeuvre du projet, suivi de la frontwoman aux cristallines inflexions, Lisa Wallenberg (ex-Astolat, ex-A Mace), du guitariste Jonathan Jacobson/vocaliste (ex-Astagaad, ex-A Mace), du batteur Oscar Heikkinen et du claviériste/vocaliste Liam Strand (Radiohimlen, ex-Never Forget), le bassiste Kristoffer Pynnönen restant, quant à lui, à quai. Mixé par Olle et mastérisé par Jonathan Rosso (In Mourning), et conformément aux exigences du groupe en la matière, le menu propos jouit d'un enregistrement de bonne facture, ne laissant alors filtrer que d'infimes sonorités parasites, doublé de finitions passées au peigne fin. De quoi nous intimer de nous installer confortablement à bord de la petite goélette, pour une traversée sur une mer d'huile qui, espérons-le, se verra ponctuée de sémillants paysages de notes...

Dès les premières mesures, le méfait interpellera un pavillon déjà familiarisé avec les fondamentaux stylistiques du groupe. Ainsi, « A Summer Breeze », désormais intitulé « A Gentle Breeze », s'est véritablement métamorphosé : originellement calé sur un duo mixte en voix de contrastes bien habité – des growls ombrageux et des choeurs faisant alors écho aux graciles patines de la sirène –, l'épique et ''xandrien'' effort se voit dorénavant mué en un mid tempo syncopé d'obédience jazz rock pétri d'élégance et, cette fois, greffé sur un duo mixte en voix claires. Tout en préservant son infiltrant cheminement d'harmoniques et sa mélodicité toute de fines nuances cousue, le méfait a troqué son orchestration symphonisante pour des percussions légères doublées de délicats arpèges au piano et d'un fin legato guitaristique. Premier essai transformé pour nos acolytes.

L'effet de constraste atmosphérique sera non moins saisissant à la lecture de « Shifting Seasons », antérieurement dénommé « Seasonal Warfare ». Si la première mouture nous immerge au cœur d'un sémillant up tempo metal symphonique, alors alimenté de couplets finement modelés, relayés chacun d'un refrain catchy mis en exergue par les angéliques inflexions de sirène, la version remastérisée, elle, nous plonge dans l'ambiance surannée d'un espace rock folk mélodique des années 70. Ce faisant, un inattendu et libertaire accordéon samplé ainsi qu'un vibrant solo à l'orgue Hammond, alors venu remplacer le sémillant solo de guitare de la version originale, contribuent à rendre l'instant privilégié délectable, inoubliable.

Lorsqu'il en vient à feutrer ses ambiances, le combo a, là encore, procédé à un véritable lifting des plages originelles convoquées. A commencer par « The First Leaf Falls », fresque épique aux nombreuses péripéties et générant une saisissante densification du convoi instrumental à mi-morceau. Emmenée par une interprète au faîte de son art, la rayonnante et ''xandrienne'' offrande se voit ici muée en une ballade gothique et progressive, agrémentée d'un fin picking à la guitare acoustique et de choeurs en faction. Cette fois dénommée « The First Flower Blooms », la luxuriante plage se pose dès lors telle une tendre et seyante aubade, génératrice d'une charge émotionnelle que l'aficionado d'intimistes instants ne pourra que malaisément contenir. Difficile également de reconnaître l'opératique et enjoué « The Old Gods » dans sa version acoustique ; ce ''therionien'' effort à l'inaltérable dynamique rythmique se voit dès lors substitué par un sensible et magnétique piano/voix voguant sur d'ondulantes nappes synthétiques. En dépit du classicisme de l'exercice, « The Old Gods - Requiem » générera, à son tour, cette petite larme que l'on tenterait bien d'esquiver, en vain.

Au final, le quintet nord-européen signe un propos, certes, dans un mouchoir de poche mais éminemment émouvant et offrant un regard complémentaire et des plus inattendus sur certaines de ses compositions. Plus que de nous octroyer quelques moutures dépouillées de tout artifice instrumental pour n'en conserver que la substantifique moelle, le combo a opté pour une totale refonte de leur structure, quitte à varier à l'envi leurs ambiances, sans pour autant affecter leur teneur mélodique. Un exercice se style au demeurant périlleux mais parfaitement assumé et mené de main de maître par la troupe, à considérer comme une parenthèse enchantée dans la carrière de nos cinq acolytes. Bref, une insoupçonnée et heureuse alternative à l'aune de ce menu mais frissonnant effort...

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