Algorythm

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Nom du groupe Beyond Creation
Nom de l'album Algorythm
Type Album
Date de parution 12 Octobre 2018
Enregistré à The Grid
Style MusicalDeath Technique
Membres possèdant cet album45

Tracklist

1.
 Disenthrall
Ecouter01:44
2.
 Entre Suffrage et Mirage
Ecouter04:20
3.
 Surface's Echoes
Ecouter06:54
4.
 Ethereal Kingdom
Ecouter05:19
5.
 Algorythm
Ecouter07:40
6.
 À Travers le Temps et l'Oubli
Ecouter01:48
7.
 In Adversity
Ecouter03:19
8.
 The Inversion
Ecouter07:26
9.
 Binomial Structures
Ecouter06:32
10.
 The Afterlife
Ecouter05:37

Bonus
11.
 Surface's Echoes (Instrumental)
 06:53
12.
 The Afterlife (Instrumental)
 05:37

Durée totale : 01:03:09

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Beyond Creation



Chronique @ Groaw

20 Octobre 2018

« Algorythm » est une ode à la vie, à la poésie et à la mélancolie

« L’imagination est la reine du vrai, et le possible est une des provinces du vrai » - Charles Baudelaire, Curiosités esthétiques (1868)

Ne dit-on pas que la force d’un collectif ou d’un artiste se fait par l’atypisme et par la maîtrise de son art ? Quel serait la musique si elle ne cassait pas les codes de l’ordinaire, si elle restait insipide et vide de toute émotion ? Pourrait-on encore parler de mélodie, d’harmonie ou de symphonie ? Ce qui est sûr, c’est qu’après de nombreuses années, certains musiciens se montrent toujours au sommet de leur talent et gravissent les échelons d’une facilité déconcertante.

Parmi eux se trouvent les Canadiens de Beyond Creation. Après un Aura créatif et enchanteur et un Earthborn Evolution mélodique mais néanmoins complexe, notre quatuor aura su nous surprendre par la qualité et l’innovation de ses morceaux. Mais, il faut dire qu’après quatre ans, le groupe s’est fait bousculer en matière de Death Technique, notamment par leurs confrères d’Archspire qui, après un Lucid Collective hâtif et combatif, avait réussi à faire encore mieux avec un Retentless Mutation, bijou de modernité et de maîtrise technique. La barre est haute et la chute n’en peut être que plus brutale.

Mais devons-nous avoir vraiment peur pour nos musiciens hors-pair, qui n’ont quasiment plus rien à prouver dans un art où ils excellent déjà ? Algorythm, le troisième opus des Canadiens semble être la réponse la plus adaptée pour répondre à cette question. Et nous plongeons, avec Disenthrall dans une intro progressive et symphonique, un orchestre aux airs menaçants prenant puissance et majestuosité, une sorte de marche médiévale. Mais nous allons revenir très vite dans nos habitudes avec Entre Suffrage et Mirage, une chanson (en français s’il vous plait) qui nous remet dans le bain avec cette batterie supersonique, cette basse reconnaissable entre mille et ses riffs de guitare phénoménaux.

« Faites attention aux politiciens, à ces manipulateurs prêts à tout pour arriver à leurs fins. N’oubliez pas d’où vous venez. N’oubliez pas ce que vous valez. ce que vous pouvez apporter. Vous êtes maître de vos décisions. Vous pouvez créer un futur ambitieux, un lendemain songeur ou vous pouvez être le concepteur d’un monde d’illusion, d’obsession. Vous êtes les précurseurs de votre extension. »

Surface’s Echoes s’introduit de manière délicate, presque de façon expérimentale et planante. Tout ne semble qu’oubli, le vide nous guette. Jusqu’à temps que la batterie et la guitare se mettent en place. L’ambiance progressive est parfaitement mise en valeur, la basse ajoute de nouveau un air frais, jazzy ce qui permet d’apprécier ce morceau à sa juste valeur. On ne parlera pas forcément d’une grande technicité, à comparer avec Entre Suffrage et Mirage mais ce côté plus aventureux rend le tout plus agréable.

« Vous avez grandi, mûri. Vous avez ce génie qui ont défié les lois de l’apesanteur. Vous avez appliqué vos règles en modifiant votre façon de vivre, vos habitudes, votre futur. Vous êtes l’initiateur d’un monde nouveau. Mais seul, vous n’arriverez à rien. Car c’est tous ensemble que nous allons croire à ce commun inexploré. Main dans la main, nous allons travailler dur pour atteindre nos rêves, le sommet d’un fantasme né. »

Le titre éponyme revient sur cette agressivité présente au début de cette galette et permet de poser les bases sur ce Death technique/progressif moderne : hâtiveté, mélodie et spectacle en font un titre d’une émotion rare et intense. Mention spéciale à ce solo de basse ajoutant mélancolie et surprise à un poème complet ne misant pas tout sur le branlage de manche et nous transportant dans une autre dimension.

« Le temps s’est arrêté quelques instants. Tout semblait définitivement perdu. Mais l’Algorithme a été résolu. Le pendule a bronché. Notre progression est de nouveau en marche. Nous allons combattre notre avenir insoupçonné. Nous allons construire notre destinée. Nous allons effacer notre passé pour mieux façonner notre futur. Nous allons enfouir nos erreurs pour développer notre perspicacité. »

L’hymne à l’espoir touche bientôt à sa fin. Malheureusement, elle sera balayée par la puissance de la nature. Nous serons emmenés avec elle dans les profondeurs d’une terre hostile. L’assombrissement et la désolation resurgiront de ces fonds malveillants. Tout ce désespoir, cette tristesse est transmise par ces riffs de guitare. Cette ambiance sinueuse, presque inquiétante montre une toute autre facette de cet album. Le côté progressif est toujours mis à l’avant et on sera même envoûté par la beauté du chant clair de Simon. The Inversion marque la fin de toute perspective.

« Tout ce travail réduit à néant. Tous ces efforts pour un rien. La nature ne nous laissera aucun répit pour nous aspirer dans son abîme mortel. Nous disparaîtrons aussi vite que nous sommes nés. Nous allons de nouveau laisser le végétal et l’animal assembler un nouveau règne, celui d’un peuple libre, loin de tous les problèmes que l’on a pu lui causer. »

Les deux morceaux instrumentaux viendront parfaitement conclure ce chef-d’œuvre de poésie, de beauté et de mélancolie. Il est impressionnant de voir au fur et à mesure des années combien notre quatuor a mûri pour nous offrir une pièce remarquable. Certes, quelques points sont encore perfectibles, notamment au niveau de la basse qui semble parfois absente mais l’omniprésence de ces ambiances progressives et le talent indéniable de nos musiciens nous font un peu oublier ces petits défauts.

Il semble néanmoins intéressant de se pencher également sur les inspirations de nos Canadiens sur ce nouvel opus. L’association que l’on peut faire par exemple avec Gojira est incontestable : l’outro de Surface’s Echo nous fera vaguement penser à l’outro 04 de Terra Incognita avant de basculer sur un Oroborus beaucoup plus tranchant mais aux passages plus mélodiques. L’outro d’Etheral Kingdom aurait, quant à lui, plutôt des touches de Gift Of Guilt touchant. Même au niveau du tapping, on retrouve cette profondeur qui faisait le charme du morceau. N’oublions pas non plus ce chant clair présent sur The Inversion, qui nous rappellera la dernière galette de nos Français : Magma.

« Algorythm » est une ode à la vie, à la poésie et à la mélancolie. Rare sont les albums procurant plus d’un heure de complaisance pouvant alterner de façon déconcertante un Death plutôt ravageur à la beauté d’un Progressif. Il n’y a bien évidement aucun problème à mettre Beyond Creation dans la même cour que Necrophagist, Obscura, Archspire ou The Faceless pour ne citer qu’eux mais force est de voir que notre quatuor vient, avec cette troisième offrande, de dépasser toutes nos espérances en termes de modernité et de féerie.

« La poésie est une espèce de musique : il faut l’entendre pour en juger. »

7 Commentaires

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Raghnaar - 29 Octobre 2018:

Bonne chronique, je rejoins également l'avis général après moultes écoutes. Parcontre je rejoins aussi l'avis de mayhem13 sur la basse qui ne serait "pas assez présente". J'ai moi aussi trouvé que cet album la mettait davantage en avant - sur le plan des compositions, de l'architecture des morceaux, comme de la production - que les précédents albums, même si chez Beyond Creation, elle a toujours été plus en avant que la moyenne. 

Pour en revenir à l'album, Algorythm est foutrement bien construit, où l'aggressivité a laissé un peu plus de place à l'atmosphère, avec une cohérence sans faille, qui fait de ce nouvel album un "tout" solide. Seul petit bémol, peut-être lié au point précédemment soulevé, on retrouve à de rares (et courts) moments des riffs, accords, phrasés presque quasi-identiques entre deux morceaux. Mais rien de rédhibitoire.

Fonghuet - 29 Octobre 2018:

Sur le plan des compos, la bass se devance (premier album sans Dom Lapointe et premier album du nouveau bassiste), mais j'ai également trouvé que le son de la bass étati trop discret

Raghnaar - 29 Octobre 2018:

Comme quoi, les avis ne sont pas partagés ^^ Et le pire c'est que j'ai écouté l'album à plusieurs reprises sur mes enceintes de monitoring censées être assez "neutres".

Groaw - 30 Octobre 2018:

A comparer aux autres albums, oui, la basse est nettement plus discrète (enfin, ça dépend vraiment des morceaux en vrai) mais je parlais surtout dans la globalité de ce nouvel opus. Y'a pas non plus de quoi réellement se plaindre et le tout s'écoute sans aucun soucis.

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