Il y a parfois des noms qui ressurgissent du passé alors que personne ne s'y attendait plus vraiment. Qui aujourd'hui, après presque 20 ans d'un silence quasi total, se souvient encore du supergroupe français
Face to Face? Qui a encore en mémoire ce premier album éponyme à la croisée d'un
Hard Rock et d'un Heavy mélodique sorti 2 ans après la participation de la formation francilienne aux
Monsters of Rock de Vincennes de 1990? Qui se rappellent du second, Back to the Font, de
1994 et de son virage Heavy Thrash? Ou du troisième,
We Love Gas, de 1996, qui, quant à lui, nous offrait un visage Hardcore Punk totalement déroutant? Personne. Ou presque...
Donc, pour ceux qui l'aurait oublié, et pour les autres qui n'ont pas l'âge l'avoir connu à l'époque,
Face to Face c'est, ou plutôt c'était, avant tout un collectif fait d'individualités hexagonales fortes. Hervé Raynal (
Attentat Rock, Smokehouse...), Farid Medjane (
Trust,
Ocean...), les regrettés Fabien Gevraise (
Jinx...) et Christian Namour (
Patrick Rondat...) ou encore, par exemple, Fred Guillemet (
Trust...), pour ne citer qu'eux, sont autant de musiciens qui ont fait partie de cette entité. Et puis il y avait ce chanteur, Remy Laeron, à la voix polyvalente étonnante (soit dit en passant je ne me lasse jamais d'entendre ses performances sur le final et les refrains de ce fabuleux State of
Shock que l'on peut retrouver sur le premier disque du groupe) qui donnait une coloration très particulière aux travaux du groupe.
Premier constat et première déception concernant ce nouvel opus baptisé
After the Storm: de tout ce petit monde seul Fred Guillemet est encore présent. Evidemment pour ceux qui nous ont définitivement quittés le contraire eut été étonnant, toutefois, personnellement, je caressais l'espoir fou d'entendre à nouveau Remy Laeron.
Pas cette fois, puisque c'est Olivier del Valle (
Shannon, Jannylee...) qui se charge de toutes les parties vocales non sans démériter. Sans démériter mais sans cette singularité qui faisait le charme du vocaliste originel de
Face to Face.
After the Storm. Après la tempête. Mais que peut-il y avoir après la tempête? Malheureusement le calme. Un calme bien trop paisible. Bien trop consensuel. Un flegme qui jamais, ou si peu, ne vous bouscule dans vos moindres retranchements. Et au son de ce
Hard Rock/Heavy mélodique ultra convenu, les lourds et pesants
King of
Fire,
Waysted Time ou She's Nobody Angels aux séquences guillerettes pénibles, l'archi convenu
After the Storm à la noirceur d'apparat surjouée ou encore, par exemple, cette ballade, Remember, maladroite aux passages obscurs auxquels on ne parvient pas vraiment à s'attacher, sont juste consternants.
Avec ce
Won't Get Fool
Again qui vient clôturer ce disque on atteint même des sommets. Ce titre, écrit à l'origine par les Who, manque ici de folie, de dynamisme ou d'audace. Pire, l'exécution qu'en fait
Face to Face est si clinique et sans intérêt qu'on finit par la couper pour se jeter sur l'original qui, quant à elle, est bien meilleure. Ne pas arriver à insuffler un minimum de vie dans un morceau aussi magique et culte, c'est quand même un comble.
Au milieu de ce marasme désolant, seuls Fly to the
Rainbow, Rock'n'Roll Teacher et For One
Night parviennent tout juste à faire illusion. Mon Dieu que c'est peu.
Pour la peine je me remets l'album de 1992 qui aurait sans doute mérité d'être mieux produit et moins hétéroclite mais qui avait au moins l'avantage de fourmiller d'idées contrairement à ce triste
After the Storm d'une consternante banalité.
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire