...And Everything In Between

Liste des groupes Metalcore Unprocessed ...And Everything In Between
ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
18/20
Nom du groupe Unprocessed
Nom de l'album ...And Everything In Between
Type Album
Date de parution 01 Décembre 2023
Style MusicalMetalcore
Membres possèdant cet album4

Tracklist

1.
 Hell
 04:48
2.
 Lore
 03:50
3.
 Thrash
 03:36
4.
 Blackbone
 04:32
5.
 Die on the Cross of the Martyr (feat. Tim Henson & Scott LePage of Polyphia)
 04:30
6.
 Glass
 03:46
7.
 Abysm
 05:39
8.
 I Wish I Wasn’t
 03:05
9.
 Purgatory
 04:51

Durée totale : 38:37

Acheter cet album

 $51.09  15,99 €  15,00 €  £32.42  $74.25  19,87 €  32,72 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Unprocessed


Chronique @ Eternalis

07 Janvier 2024

L’album remue. Surprend. Interroge.

“Le talent, ça n’existe pas. Le talent, c’est avoir envie de faire quelque chose.”
Jacques Brel

Avoir envie. De faire, écrire, proposer quelque chose …
Dans la musique, à fortiori le rock, il est coutume de dire que tout a déjà été dit. Que les instruments rock ont déjà dit tout ce qu’il avait à dire, qu’une guitare a déjà donné ses gammes et que, grosso modo, à part de façon expressive, la structure du rock ou, par extension, du metal, a déjà écrit ses pages. Le reste n’est qu’une question de styles.
Le heavy, le Thrash puis le death et le black. Le néo est venu tituller tout ça à la fin des années 90 mais a surtout alourdi ce qui existait déjà, avec un changement plus singulier dans l’attitude que réellement le fond. Et là où les années 2000 ont vu de nombreuses formes de revival, ainsi qu’une émulation véritable dans tout ce que l’on peut qualifier de progressif (ou ne rentrant pas dans une case bien définie) et l’arrivée du djent. Longtemps, nous avons pu dire que ce n’était pas un genre (Periphery est bien placé pour le dire) mais force est d’admettre que les groupes ont pulullé ces dernières années et qu’il est désormais impossible de ne pas ressentir cette influence chez toute une vague, de Periphery à TesseracT en passant par Animals as Leader, Textures et généralement tous les groupes inspirés par Meshuggah et cette fameuse polyrythmie accompagnée d’un mur de son souvent écrasant imposées par les huis-cordes (que même Dream Theater, Stephan Forté ou Within Temptation pour ne citer qu’eux utiliseront pour moderniser leur son).

Bref, dans ce contexte, Unprocessed s’est créé comme de nombreux autres, en provenance d’Allemagne, avec des premiers pas très convaincants techniquement mais une personnalité qui avait du mal à poindre. Comme beaucoup (ce n’est malheureusement plus un argument), le niveau technique est très élevé mais les premiers essais restent assez confidentiels, jusqu’à un "Artificial Void" plus consistant, personnel et aérien, puisant également dans le son si particulier de Polyphia, mêlant les riffs lourds à de nombreux passages clean au tapping pour fluidifier le son. Pourtant, "Gold" sorti il y a deux ans changeait encore d’attitude, avec une musique plus calme, presque pop, plutôt atmosphérique mais se piégeant dans ses propres clichés, s’enfermant dans des structures très conventionnelles et surtout une tracklist indigente de seize titres pour finalement peu de titres marquants. On se dit alors que Unprocessed restera, comme beaucoup, dans les méandres discographiques d’une scène surpeuplée où le talent technique ne suffit plus mais où il faut des idées pour s’en sortir … (ou du marketing mais c’est une autre histoire).

Arrive "… and Everything in Between".
Le choc. La claque. Le changement. Le talent.
L’album remue. Surprend. Interroge. Tant et si bien que après quelques écoutes, il est d’abord difficile de savoir ce qu’on en pense. Les choix de production sont très marquées (encore une fois) mais dans des propensions inverses à "Gold". Les guitares sont incroyablement lourdes, massives. Les graves sont extrêmement marqués, presque dissonants, conférant une aura étouffante à l’ensemble, dérangeante parfois. Jamais le groupe n’a véhiculé une telle violence, tout en restant totalement dans le giron de son identité précédente. Comme une émotion du moment, mais en créant quelque chose, en bousculant les habitudes. Le talent incroyable de Manuel Gardner Fernandes explose littéralement, parfaitement second par Christoph Schultz pour vraiment faire sortir de leurs guitares un son singulier et des rythmiques qui rendent rapidement fous.
Quand "Hell" ouvre l’album, c’est sur un riff d’une lourdeur écrasante, comme d’immenses portes qui s’ouvrirait sur l’auditeur, avec le chaos qui embrase le monde. Un second riff, à la Meshuggah, accompagné d’un chant hurlé que nous n’avions quasiment pas entendu sur l’opus précédent, agresse littéralement puisque jamais le groupe n’avait été aussi violent avant. A peine une minute et un tapping dingue à la Polyphia va venir assouplir le son, même si Manuel va continuer de vociférer avant de libérer un pré-refRain très mélancolique, gardant néanmoins derrière lui la base très dure du riff initial. C’est bien simple, la façon de gratter est tellement original dans ce contexte qu’on sent immédiatement qu’il se passe quelque chose, que Unprocessed tient une recette, même si le choix d’une production aussi clivante, aussi grave, peut paraître dangereux. "Lore" est dans la continuité directe et lève encore un peu le niveau technique (les plans de basse sont à se tirer une balle) avec un riff très alambiqué, très technique sur lequel les vocaux continuent de déverser une rage et une agressivité peu commune dans le genre, bien au-delà d’un Periphery par exemple. Il se dégage presque une folie mathcore à la TDEP là dedans, le slap de guitare destructurant le titre plus qu’il ne l’aère, le rendant encore plus tordu, atypique mais diablement génial ! Oui, il y a du génie là dedans, c’est indéniable.

On retrouve le groupe que nous connaissions sur un "Thrash" plus aérien, malgré quelques passages très énervé (le blast beat à 1min qui envoie carrément le titre sur orbite) et surtout un riffing fou en clean dans la seconde partie du morceau qui démontre clairement cette envie de proposer quelque chose de neuf sur cet album, avant de partir sur des plans quasiment jazzy puis de revenir sur son refRain qu’un TesseracT n’aurait pas renié.
Il faut vous laisser de surprises lors de la découverte car cet album est, écoute après écoute, une baffe toujours plus profonde, plus mature, plus intelligente. Si "Die on the Artificial Void of the Martyr" évoque forcément Polyphia par la simple présence de Tim Henson et Scott LePage et une façon de jouer si particulière, il est impossible de passer sous silence le travail mélodique qui donne à la composition une sensibilité que Gold, par exemple, ne possédait presque jamais. On pourra noter le solo sublime de "Blackbone", la noirceur presque excessive (mais si cohérente avec l’ensemble) de "Abysm" et sa lourdeur propre à vous faire éclater les organes, particulièrement sur les passages où la double pédale semble vous broyer à part entière. "I Wish I Wasn’t" dénote par son riff plus accessible et catchy même si, encore une fois, le travail sur la production fait de ce titre un morceau particulièrement imposant (la basse est si audible qu’il ne ressort aucune légèreté) et prouve, s’il fallait encore, que le son est un élément essentiel du ressenti, de la réussite ou de la défection d’un album. La cohérence totale dont fait preuve Unprocessed sur ce disque conduise à une immense réussite, qui choquera certains, en rebutera d’autres ou en feront chavirer, comme moi. "Purgatory" "clôture" cette expérience quasi sensorielle par une voix robotique annonciatrice d’un apocalypse plus proche que jamais, délayant toutes les techniques entrevues dans l’album. Comme un parfait résumé de "… and Everything in Between".

Le talent …

3 Commentaires

5 J'aime

Partager
Groaw - 07 Janvier 2024:

Bon bah j'avais commencé à écrire une chronique sur l'album. C'est tant pis pour moi, j'ai beaucoup trop traîné pour la faire.

Globalement, rien à redire sur ton écrit, c'est un disque que j'écoute en boucle depuis sa sortie (j'ai un petit bot Discord qui compte le nombre d'écoutes d'un artiste, j'en suis à 623). Aisément dans mon top 5 de l'année et une excellente fusion entre l'ancien Unprocessed et le nouveau. Lore, quel morceau quand même !!! La première fois que je l'ai entendu, je me suis pris une sacrée rouste : quelle technicité, quelle rapidité, quel émotivité. Ca faisait bien longtemps que je n'avais pas ressenti de telles émotions.

Dommage que cette galette soit sortie en fin d'année et qu'elle soit passée sous les radars ...

Molick - 09 Janvier 2024:

Assez intrigué par la description, j'ai écouté le morceau en lien. Sans être mauvais j'ai trouvé ça assez classique dans le côté djent (avec ce 18 je m'attendais à un peu plus innovant je l'avoue), et beaucoup trop influencé par Polyphia pour les passages en guitare clean (à la limite du copier/coller). Je suis allé écouter Die On The Cross et Glass qui, même s'ils souffrent quand même des mêmes défauts, sont un peu plus intéressants à mes oreilles. Je re-tenterai à l'occasion, on ne sait jamais.

Mais globalement pas pour moi, je trouve le chanteur d'une grande banalité (et avec un chant nasal un peu désagréable), et j'ai du mal avec le son de gratte beaucoup trop grave et baveux. Je vais retourner sur le Obsidian de Northlane, qui reste ma référence dans ce genre metalcore/djent (et finalement un des seuls qui me parle vraiment).

Merci quand même pour la chronique !

Eternalis - 27 Janvier 2024:

D'accord avec Groaw.

En fait, évidemment qu'on trouve beaucoup de Polyphia là dedans mais ici, je ne m'ennuie pas car je trouve que les compositions ont un sens en tant que tel (plutôt que la simple maitrise technique). Idem concernant ASL et généralement beaucoup de ces projets instrumentaux djent / clean (à l'exception je dirais de Maxim Micic et Night Verses qui ont une classe d'écart) qui me laissent souvent de marbre émotionnellement.
Et effectivement, le duo Hell / Lore est quand même une sacrée claque ...

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire