Wolok

En réponse à ceux qui reprochent au black-metal de s’auto-asphyxier sous 2 décennies de clichés, je ne peux que présenter Wolok. Gang français vomissant une musique véritablement unique, voilà le genre de groupe à donner des cauchemars aux métalleux assomés de conformisme. Un univers teriffiant que tout amateur d’extrêmes bizarreries se doit d’expérimenter ne serait-ce qu’une fois pour ne pas mourir idiot. C’est Lord Naggaroth qui répond à mes questions en octobre 2006.

interview WolokSalut Lord Naggaroth, pourrais-tu revenir sur les débuts de WOLOK pour démarrer cet entretien ? Quand, comment et surtout pourquoi l’idée de t’associer au dangereux Luc Mertz a germé dans ton esprit ?
L’idée n’est pas venue de moi, car c’est Luc qui m’a contacté en premier pour monter un projet commun. Cela remonte déjà au début de l’année 2003. Lorsque l’on a commencé à évoquer la naissance de Wolok, on était parti sur l’idée de jouer une musique qui se rapprocherait de celle d’Abruptum, mais quand je me suis mis à composer les premiers morceaux de notre première démo 'Universal Void', le résultat n’avait strictement rien à voir avec nos attentes initiales. Mais au final, Luc a adoré. Nous avons donc poursuivi l’enregistrement et la suite, tu la connais.

La musique de Wolok ne ressemble à rien d’autre. De par la voix infernale de Luc, ça renvoie à Z’B’T. Mais musicalement, l’utilisation de riffs dissonants et de bruitages indus à la limite de la démence ferait vaguement penser à du Blut Aus Nord en plein bad trip. A quoi Wolok est souvent comparé d’après les retours que tu as pu en avoir ? Toi de ton côté, comment décrirais-tu cet ovni ?
C’est toujours extrêmement difficile de décrire sa propre musique, d’autant plus que je compose tout de A à Z, Luc ne s’occupant que des parties de chant. Il est vrai que la comparaison avec Blut Aus Nord revient souvent dans les chroniques de zines, mais j’ai aussi eu l’occasion de lire que notre musique dégageait quelque chose de très sombre, dans l’esprit des Black Legions, ce dont je me permets de douter puisque je n’ai jamais vraiment apprécié ce genre de formations. Tu as aussi raison de souligner l’influence Zarach Baal Tharagh puisque Luc chante de la même façon dans Wolok. D’autres personnes ont fait un rapprochement avec Spektr, ou encore Manes… Mais je préfère franchement que l’on souligne le fait que notre musique ne ressemble à aucune autre, c’est extrêmement valorisant d’entendre cela.

A mon avis, Wolok est le genre de groupe à refuser toute réaction mitigée un peu comme Venom ou Celtic Frost à leurs époques : c’est soit tu détestes, soit tu adores cet esprit absurde et totalement déviant. Quelles sont les réactions des médias face à cet univers difficile à appréhender ?
Oui, tu n’as pas tort dans ton analyse. Les réactions sont extrêmes, paradoxales, opposées. J’ai reçu beaucoup d’excellentes chroniques. Je reçois aussi beaucoup de réactions positives de la part de fanatiques italiens, australiens, ou même chinois ! A titre d’anecdote, un fan chinois, dont le zèle excessif m’a agréablement étonné, m’a écrit il y a quelques semaines pour me dire que Wolok avait changé sa vie, sa perception de la musique, etc. A l’opposé, les chroniques négatives sont très peu nombreuses, mais elles sont considérablement virulentes. Le rédacteur en chef d’un webzine américain dont je tairai le nom s’est attaqué aux textes de 'Servum Pecus' qu’il juge absurdes et incompréhensibles (sa conclusion est assez curieuse : il prétend que je souffre d’un complexe d’infériorité sexuelle), il n’a absolument pas du tout apprécié la musique, je me souviens aussi qu’il ne cesse de m’insulter personnellement… Grâce à ce formidable boute-en-train, nous nous sommes payé une bonne tranche de rire. Fort heureusement, les adeptes de Wolok sont bien plus nombreux que les railleurs et autres détracteurs, mais il faut tout de même savoir que nous jouons avant tout pour notre gueule ; nous ne voulons plaire à personne. Je vous pisse tous à la
raie, cela dit en passant.

J’aimerais savoir si le label Eerie Art (ou le groupe directement) avait envoyé des exemplaires promos à la presse officielle ? Ça serait marrant de lire leurs critiques.
Je ne crois pas que ce soit le style de la maison. Eerie Art records est un label underground, Kjold (son fondateur) a préféré axer la promo auprès des supports spécialisés. Ce serait en effet assez amusant de découvrir la réaction des 'gros canards' de la presse Metal. J’avais pensé envoyer quelques promos, mais après mûre réflexion, je préfère ne pas perdre mon temps auprès de ces revues mainstream. Comme je te l’ai dit précédemment, la réaction des uns et des autres ne m’intéresse pas vraiment, puisque de mon côté, je suis amplement satisfait de notre nouvel album.

Le son est bien meilleur que sur 'Universal Void'. Quelles ont été les différences en ce qui concerne l’aspect purement technique ?
Cette différence de prod’ est due au travail impressionnant réalisé par Cypher. Il a joué dans d’autres formations telles que Horrid Flesh, Hymen et il joue encore dans La Division Mentale (projet que j’ai d’ailleurs intégré en tant que chanteur), AB100, etc. Je savais qu’il incarnait la personne adéquate pour le son de Wolok, je m’entends à merveille avec lui et nous sommes constamment sur la même longueur d’onde. Par ailleurs, Cypher s’est occupé de toute la programmation de la batterie, ce qui fait que 'Servum Pecus' sonne peut-être plus 'pro' que 'Universal Void'. Il fait à présent partie du groupe en tant que membre officiel et permanent. Je lui serai à jamais reconnaissant pour tout ce qu’il a fait pour Wolok. Dans tous les cas, notre approche reste très underground, voire inaccessible pour certains…

Luc et toi habitez à une dizaine de bornes seulement l’un de l’autre. Vous vous rencontrez pour travailler ensemble, écrire les morceaux, y réfléchir autour de quelques binouzes ? Ou bien c’est chacun dans son coin en bons misanthropes que vous êtes ? Comment se déroule le processus de (dé)composition chez Wolok ?
En effet, nous n’habitons pas loin l’un de chez l’autre, lui à Yutz près de Thionville, moi à Luxembourg depuis quelques mois. Toutefois, nous nous rencontrons que très rarement. La seule fois où je me rends chez lui, c’est lorsque je lui ramène son stock d’exemplaires que le label nous envoie ! Nous discutons souvent au téléphone, mais pour ce qui est de l’enregistrement, chacun fait son boulot de son côté. Je compose et j’enregistre toute la musique, j’envoie la maquette à Luc qui rajoute le chant, et au final, tout repart chez Cypher (qui vit à Dijon) pour le mix, la reprogrammation de la batterie et le mastering final. En fait, personne ne se voit. C’est sûrement ce qui fait la force et l’originalité de Wolok.

J’ai découvert Zdzislaw Beksinski avec la superbe couv’ de Servum Pecus. Ces teintes grisâtres et noires (un peu dans le style du dernier Evoken d’ailleurs), ainsi que le sujet peint, illustrent à merveille le contenu du cd. Tu es fan de cet artiste polonais mort l’année dernière ? J’ai lu quelque part que c’était un gars assez timide et affable, étonnant lorsqu’on voit ce qui pouvait sortir de son esprit torturé.
Je ne connaissais pas cet artiste avant que Kjold me soumette la couverture de l’album. En fait, pour tout te dire, la pochette de 'Servum Pecus' aurait dû être réalisée par Erik de Watain, mais ce dernier était très occupé donc il n’a pas pu nous remettre quelque chose de satisfaisant à temp
s. Kjold s’est donc tourné vers cet artiste, je pense que cette toile reflète vraiment très bien l’aspect musical de Wolok. J’ai en effet appris que Beksinski était mort récemment, mais comme je te dis, je ne le connaissais pas avant que Kjold ne me le fasse découvrir. J’apprécie beaucoup son style très personnel.

Tes textes sont recherchés et très bien écrits, abordant des sujets comme la mort, les religions et le sexe. Lorsque tu en écris un nouveau, sais-tu par avance s’il sera destiné à Wolok, Devilish Era ou Krazumpath ?
Oui, tout à fait. J’ai une façon de procéder bien spécifique pour chacun de ces projets. Pour Wolok, mes textes sont très abstraits, voire imperméables pour certains (comme par exemple l’autre tocard de Cleric du webzine américain dont je te parlais tout à l’heure). Au contraire, dans Krazumpath, les textes sont plus crus, directs et pas très recherchés, on peut parler de haine 'bête et méchante', tu vois, le truc bien primaire mais tellement efficace. Devilish Era est à cheval entre les deux, puisqu’ils sont à la fois recherchés et explicites. Chaque projet constitue un exutoire particulier, mais je ne peux me passer d’un seul d’entre eux. Mon équilibre psychique en dépend, me semble-t-il. Les sujets abordés sont plus ou moins les mêmes, mais la façon de les aborder diffère selon le projet considéré.

Bien que j’apprécie les vomissements de Luc, n’est-ce pas paradoxal de leur donner vie via des vocaux si extrêmes et difficilement compréhensibles ?
Wolok est une entité abstraite, mes textes sont abstraits, il était donc normal d’y apposer un type de chant extrêmement abstrait. C’est en effet très difficile de suivre les paroles en écoutant l’album, même en ayant le livret sous les yeux. Au final, je ne trouve pas que notre démarche soit paradoxale, loin de là…

Pour les fanatiques qui préfèrent le support vinyl, 'Servum Pecus' doit (je crois) sortir chez Insidious Poisoning en octobre. S’agira-t-il de la même pochette ? Pourra-t-on éventuellement y trouver des plages bonus ? Dis-nous tout.
En effet, la réédition de 'Servum Pecus' en Lp gatefold chez Insidious Poisoning records tombe à pic, puisque la version cd est déjà sold-out depuis un mois auprès de Eerie Art records. Cette version ne contiendra pas de titre bonus, la pochette sera identique, mais l’objet sera beaucoup plus beau puisqu’il s’agit d’un gatefold. Il sera limité à 500 copies. Par ailleurs, la version tape devrait également sortir ce mois-ci chez Shadow Dance records (Italie), avec cette fois-ci une cover différente réalisée par Kjold. Il y aura 108 exemplaires de cette pro tape. Enfin, pour l’année 2007, il faut s’attendre à la sortie d’un split-Ep contenant un titre inédit de Wolok (issu des sessions d’enregistrement de 'Servum Pecus'), mais à l’heure actuelle, Kjold est encore en train de chercher le groupe qui partagera ce disque.

Les 500ex en cd de 'Universal Void' sont-ils écoulés ou en reste-t-il quelques-uns chez certaines distros obscures ? Je te laisse finir, si tu désires aborder un sujet, libre à toi. A+
Oui, 'Universal Void' est sold-out auprès de notre ancien label, Northern Sky records. Cela dit, il reste pas mal de distros qui ont encore l’album en stock. Tu peux tout simplement le trouver chez nous, auprès de Foedus Aeternus distro (www.foedus-aeternus.net). La plupart des distros françaises telles que Duke, FWP et d’autres, l’ont encore. Merci à toi pour l’intérêt que tu portes à Wolok. Mors Ultima Ratio.
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Interview done by DJ-in-extremis

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