
Solfatare : Prémices

Lyrics
1. NOCTURNE ATTRITION
Des nuits comme des chants de batailles
Au sol piétiné par l’infanterie
Ou se déversent espoir et entrailles
Avec l’ennui comme seul ennemi
Dans la frénésie des coups de cimeterres
Et le fracas des tambours assourdissant
Mon lit se mue en cimetière
Emplis de corps agonisant
De sanglante Berezina coulent sinistres
Traçant sous les yeux leurs méandres bistres
Et nourrissent de leur infame limon
Mes nocturnes attritions
Anathème aux heures arrachées au néant
Je contemple l’abysse et son gouffre béant
Quand de pâle soleil trop pressé dans finir
Déchirent la brume sur les noctambules martyrs
Les fleurs repoussent des terres incarnates
Deployant au ciel leur corroles béates.
2. ONTOGENESE DU MALHEUR
Accident de la nature
S’arrogeant le monopole du drame
De l’inconscience la plus pure
Il en a perdu le charme
Ô soleil, tu aurais du boudé
De tes rayons
L’avènement du premier chimpanzé
Et ses tribulations
Troquer notre fourrure
Contre des idéaux
Infâme parjure
Envers les animaux
La somme de nos insomnies
Et nos instincts émoussés
Comme seules crâneries
D’un conscient gibier
Exilé dans l’existence
Par-delà la matière
Dans une odeur rance
De litanie et de prière
Ontogenèse du malheur
Artisanat d’absolu
De l’espoir fossoyeur
Devant ses gouffres perclus
Des sombres vaisseaux
Fuir le naufrage
De nos âmes en lambeaux
Sur d’existentiel rivages
Salvatrice régression
Libre d’intoxication céleste
Bestiale abomination
Loin de nos consciences funestes.
3. OZYMANDIAS
Contemple mon œuvre
Ô puissant et désespère
Avalés par les sables
Aux faciès pâles défoncés
D’austères rois affables
Ressassent leurs gloires surannées
Stoïques veilleurs intemporels
Scrutant l’horizon flamboyant
Souffrant de solitude éternelle
Infâme Spleen d’orient
Roi des rois, souverains des ruines, à leurs côtés rien ne demeure
Paysage de deuil face à l’immensité où l’espoir se meurt
Colossales épaves d’ambition déplacée
Leur ferveur, à jamais gaspillée
Hiératiques sentinelles
Des mastabas arrogants
Dans le silence des nuits, le rire des hyènes
Nourries sans vergogne sur la carcasse de l’espoir
Ironique thrénodie, comme seul requiem
Les sphinx comme seul auditoire
Sic transit gloria mundi
Jadis roi, maintenant plus rien
Sic transit gloria mundi
Moi aujourd’hui et toi demain
A l'horizon que rien ne borne
Echos des regrets infinis
Le désert sous le soleil morne
Déroule son linceul jauni.
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