
Sale Freux : Trouvère à Heures Perdues

Letras
1. LA BALLADE D'ESTANG
"Tu te soignes ou tu me quittes..."
Je te quitte!
2. TROUVERE A HEURES PERDUES
J’avais quelques plumes en moins de part le pays occitan,
Trouvère traînant de Soubère à la balade d’Estang.
Sans attache de ta part à l'égard de ma boiteuse tangente,
L’injonction rombière me mettra sur la paille en rentrant.
Et comme j’ai le drame dans le sang…
…J’ai serré la mâchoire à m’en écraser les dents,
Le regard illustre et malveillant en même temps.
J’ai une passion sans limite pour ton élan désarmant,
Pour notre fatale étreinte en départ de gare de Mont de Marsan.
Je suis nostalgique même de t’avoir vu partir les bras ballants,
De ta moue qui me rendait si dur, si dur, quotidiennement.
Il y avait dans l’air comme un autan de changement,
Je rêve encor’ éveillé de consommer ta gente faible et ta grande jouissance.
Vint ce beau matin ou j’ai dû faire du vent avec nos bras
ouverts sur ton âme aussi cosmique que casanière,
Tentative dernière pour me retenir sous tes draps
contraires à mes heures perdues de trouvère.
3. EN ARRIERE, VOLE!
Volatile sans défense pris dans les griffes de l’esclavage,
Enlève-lui la passion, saborde tout sur ton passage,
Freux-paon indépendant en plein retour d’hivernage,
Devant l’eau qui stagne, porte aux nues ton envolée sauvage.
Elle m’a supplié de plier les ailes,
Alors j’ai volé en arrière à deux pas de chez elle.
Contempler son absence, belle muse mortelle,
Charger au cosmos de lui flanquer l’état de mes ailes.
Mes ailes pour toi, je les arracherai,
Et maintiendrai béantes mes plaies.
Désailé pour toi, la patte je trainerai,
À côté de ton oubli je croasserai.
Désolé pour toi !
Et pendant qu’elle dormira, moi, je ruinerai ses rêves,
Pour qu’à jamais au réveil elle se lève les yeux en pleur.
Et pour que mon ombre vole encore dans son sommeil,
Je déposerai le bouquet de mes plumes juste à son chevet.
C’était un corbeau amputé d’elle qui volait en arrière,
Tout handicapé qu’il était par son tirant d’air,
Pour une journée entière il serait la voix de Soubère,
Ainsi vole ! Vole ! Vole en arrière !
4. LA MAL DE TERRE
J’ai oublié ma vague mémoire à noyer les sentiments,
Je cracherai du sel sur les plaies ouvertes de nos ailes.
J’ai largué ta lumière de terre pour atteindre des brouillards d’océan,
J’éteindrai les infimes parcelles de ta moindre étincelle.
J’ai sacralisé nos retrouvailles de sensuels évanouissements,
Je lamperai tes lèvres, tes sautes d’humeurs cousues de fil blanc.
J’ai le bec si sale dans le sirop de tes corps ruisselant,
Je rechuterai volontiers, planter mon bec en toi mille fois.
J’ai brûlé ta politesse sans perde de vue ton astre de nuit luisant,
J’éclisserai comme de la mer entière le sel de ton tourment béant.
Et pour que mon sabord et ta douleur soient encore plus térébrants,
Je sillonnerai une dernière fois, les fossés bancals d’Estang.
Et rien que pour donner lieu à la charge sévère de cet air,
Un air nécessaire à jeter à la face de l’univers,
À embuer les yeux des filles au foyer des chaumières,
Je te jetterai comme on jette du lest et lèverai le voile sur mon mal de terre.
5. VAGUE A L'ÂME
Je prenais l’eau et je prenais le vin,
Ramant au loin, ma barque dérivait aux confins.
De ce vaste océan exempt de vagues et de vent,
Moi, ivre, j’en étais pleinement inconscient.
Je prenais la pluie qui guidait le Monde,
Ma liberté ici est une épave dans l’onde.
Dans l’aveuglant, distant, brouillard incessant,
Qui ondoie sur les flots pareils au serpent d’océan.
Je reprenais du vin et je pagayerai plus loin,
À défaut de regagner la terre ferme et ses bovins.
Dérivant lentement dans l’embrun, les algues,
Corps vers le large et l’âme à la vague.
Quand j’aborderai enfin le continent américain,
Je gravirai cette statue pour y laisser mon empreinte,
Tout en haut de l’enceinte, je cracherai sur son sein,
Pour éteindre sa flamme, ma liberté n’a pas de fin.
Je prenais la baille, paré à chavirer, enfin,
À deux miles à peine d’une île sonnant ma fin.
En lieu de dépouille découverte par quelques estivants,
Des morceaux de bois échoués au large d’Ouessant.
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