
Autarcie : Sédition Isolement Déliquescence Autarcie

歌词
1. INTRO - LES MENESTRELS
Les Ménestrels
Nous sommes les maudits,
Les poètes mal lunés,
Nous sommes la maladie
Venue vous infecter.
Nous venons propager
Nos chansons pestilentielles,
Puissent-elles vous écœurer
Et saigner vos oreilles.
Nous sommes les ménestrels
Des fables excrémentielles,
Nos tristes mélodies
Reflètent notre folie.
Nous sommes des ermites
Déprimants et dépressifs,
Nous hurlons notre haine
Dans une musique malsaine.
Nous sommes ces squelettes
Funestement drogués,
Exultant leur mal-être
Dans l’alcool frelaté.
Nous sommes ces loups en cage
Sans existence et sans âge,
En marge de la société,
Bannis dans l’obscurité...
2. SOURCE DE PLOUR, RIVIERE DE TRISTECE
Source de plour, riviere de tristece,
Flun de doulour, mer d'amertume pleine
M'avironnent et noyent en grant peine
Mon pauvre cuer qui trop sent de destresce.
Si m'affondent et plungent en asprece;
Car parmi moy cuerent plus fort que Saine
Source de plour, riviere de tristece.
Et leurs grans floz cheent a grant largece,
Si com le vent de Fortune les meine,
Tous dessus moy, dont si bas suis qu'a peine
Releveray, tant durement m'oppresse
Source de plour, riviere de tristece.
C. De Pisan
3. 1638
La famine de nostre Bourgogne en cette année 1638 :
Les chemins estoient pavez de gens haves et déffaicts,
Affamez, estenduz de faiblesse et se mourant.
Les charognes des bestes mortes estoient mets recherchés.
Les chiens et les chats estoient morceaux délicats,
Puis les rats estant en règne furent de requise.
Mais cette table ne demeurera pas longtemps mise…
J’ay veu moy-mesme des gens bien couverts
Relever par les rues les rats morts,
Jettez par les fenestres des maisons
Et les cacher pour les manger.
Enfin on vint à la chair humaine
Premièrement dans l’armée,
Où les soldats estants occis servoient
De pasture aux autres qui couppoient
Les parties plus charnues des corps,
Morts pour bouillir ou rostir.
Et hors du camp faisoirent picorée
De chair humaine pour manger.
Dans les villages on découvrit des meurtres d’enfants
Faicts par leurs mères pour se garder de mourir.
Et des frères par leurs frères.
La face des villes estoit la face de la mort,
La postérité ne le croira pas.
D’après G. de Nozeroy (1843)
4. VENGEANCE SEPULCRALE
Ta candeur répugnante et ta naïveté
M’ont toujours fait horreur, je dois l’avouer.
Tu veux vivre et vivre encore,
Mordre la vie à pleines dents.
Tu offres ton âme, tu offres ton corps
À cette société que tu aimes tant,
Dans laquelle je n’ai pas ma place.
Simple raison pour laquelle tu m’effaces.
Mais si je ne peux te faire entendre raison,
Laisse-moi juste te conter ce qu’il va t’arriver…
Toi qui rêvais de nouveaux horizons,
Toi qui voulais voir en chacun ce qu’il y a de bon…
Pauvre conne ! La vie que tu croyais si belle,
N’est en fait qu’une vaste mascarade cruelle !
Mais à présent les masques sont tombés,
En témoigne ton allure, hideuse créature.
Sur ta peau ridée et ton corps desséché,
Le temps s’est chargé de la besogne.
Ta vie, maintenant bien morne,
T’apparaît trop courte et insensée.
Du fond de ta cervelle encrassée par les années,
Ressurgissent alors des paroles oubliées.
Je t’avais mise en garde, je t’avais prévenue !
Cette putain de vie crade ne vaut pas la peine d’être vécue !
Mais il sera bien tard, lorsque dans le noir,
Ton cercueil austère sera plongé.
Et que les créatures qui vivent sous terre
Viendront dévorer ta chair putréfiée…
Qu’elles se délectent de tes viscères !
Qu’elles y pondent leurs œufs et qu’elles prolifèrent !
Car ces larves et ces vers, ces coléoptères,
Ce sont mes semblables, ce sont mes frères !
5. LE DAMNE
Je voudrais que la nuit fût opaque et figée,
Définitive et sourde, une nuit d'hypogée ;
J'oserais approcher, soudainement hardi,
De la femme pour qui je suis un grain de sable,
Et d'un mot lui crier mon rêve inguérissable.
Elle ne rirait pas, devinant un maudit.
Pour m'imposer à sa pitié de curieuse,
Je ferais de mon corps une chose hideuse
Et m'en irais pourrir sur un lit d'hôpital.
Mais de plaisir son coeur est seulement avide,
Pour son linge elle craint une senteur d'acide.
Elle ne viendrait pas diviniser mon mal.
Ayant dit mon amour et ma désespérance,
Je me tuerais avec bonheur, en sa présence,
Pour la voir essayant d'un geste à m'arrêter.
Elle ne s'émeuvrait que la balle partie,
Et, contente d'avoir un drame dans sa vie,
Raconterait ma mort d'un faux air attristé.
Depuis longtemps le feu des damnés me possède,
L'enfer m'attend. Que nul ne prie ou n'intercède.
Qu'elle puisse me voir un instant, de son ciel,
Debout, grave et hautain, sur les rocs de porphyre,
Illuminé comme sa chair que je désire,
Je ne me plaindrai pas du supplice éternel.
A. Beauregard, 1921
6. DELIQUESCENCE
Ces vieux qui errent sur les trottoirs me font horreur.
Leur regard, plein de tristesse, m’écœure.
Mais en eux, je vois des frères et des sœurs,
Car déjà, je ressens la même douleur.
Je suis ce vieillard faible et décrépit,
Courbé sous le poids du temps,
Accablé par la maladie,
Chaque jour un peu plus mourant.
J’ai seulement vingt ans et pourtant,
J’ai l’âme d’un vieillard croulant.
Grabataire et fébrile,
Frêle et débile…
Mes os sont poreux, mes muscles fatigués,
Ma vue se trouble et ma mémoire s’efface,
Mes jambes ne peuvent plus me porter,
Et à chaque geste mes os se cassent.
Des douleurs inexpliquées surgissent,
Du fond de mes viscères.
Je tousse, racle et crache des glaires
Sur mon froc, imbibé de pisse.
À peine commencée, déjà la vie m’écrase.
Je suis comme un vieux crabe empêtré dans la vase.
À bout de force et de souffle, je me laisse mourir,
Puisque mon corps, déjà, commençait à pourrir.
7. ANTI
Encore un morne matin,
Je me réveille pour rien,
Je regarde par la fenêtre.
Toujours le même bordel,
Des bâtiments cradingues,
Les mêmes murs blêmes.
Et trop de gens tout autour,
Qu’il faudrait mettre ****,
Quelle merde !
Filez-moi un Famas,
Il faut que je me les fasse !
Ce soir on dératise au fusil d’assaut !
Il faut tous qu’ils y passent,
Pour que rien ne s’efface,
Je graverai mon nom sur leur gueule de ****
Au volant de ma nécro-205
Je bombe comme un taré,
Bloqué à fond de cinq.
Du BM à fond la caisse,
J’ai les nerfs à vif.
C’est pas l’envie qui me manque
D’écraser ces **** !
Trop de merde dans les poumons,
Saloperie de pollution.
Fuyons cet urbanisme,
Avant la rupture d’anévrisme !
Partons trouver refuge sur la Route des Sapins,
Loin de ces métropoles qui grouillent d’êtres humains.
En forêt nous fuyons ces immondes congénères,
Car nos seuls amis sont les arbres et les pierres !
Mort au peuple ! Mort aux gens !
Et que règne le néant…
J’ai des crabes plein mon crâne,
Qui bouffent ma cervelle,
Mes poumons sont noirs
Et les glaires m’étranglent dans mon sommeil.
Je blinde « lubugre » pour oublier l’empreinte du passé.
Démolir ma mémoire en fumant mon pétard...
J’ai l’impression d’avoir bu du Destop hier soir,
Car là j’ai le bide en vrac, les intestins remplis de chiasse !
Attiré dans les tréfonds par la décadence tentaculaire,
Les poulpes et les pieuvres m’étreignent, sombrant dans les abîmes,
Offrant ma chair aux silures et aux cœlacanthes
Pour mettre un terme à cette vie décadente.
Ce monde n’est pas le nôtre,
C’est celui des autres.
Ceux qui grouillent comme les mouches,
Ridicules pantins, je vous chie dans la bouche !
8. EN AUTARCIE
Samedi soir à Bezak, minuit passé,
Encore en train d’errer pour essayer de choper,
Dans ma bagnole, j’arpente la route,
Pour une destination incertaine sans doute.
Malgré la nuit, les gens arpentent encore les rues.
La fourmilière grouille à toute heure.
Pour être tranquille, je prends des passages inconnus.
Toute cette vermine me fait horreur.
Défilent les vitrines et les murs tagués,
Cette crasse urbaine m’est bien trop familière.
Des poubelles dégueulasses et des clodos tarés
Sous les lueurs blafardes des réverbères.
Mais au détour d’une ruelle,
Parfois surgit un vestige du passé,
Comme la grande Porte Noire ou la Citadelle,
Quelques ruines d’anciens temps oubliés…
Où est l’antique cité impériale ?
Ici je ne vois que dalle,
Hormis un miasme dégueulasse,
D’urbanisme et de crasse.
Dans ces rues malfamées où règne l’injustice,
Les **** font la loi, que fait votre police ?
La réalité est là, il faut bien l’admettre :
Les **** et les **** règnent en maîtres !
Où est le peuple fier de Séquanie ?
Tant d’années de **** l’ont anéanti.
Aujourd’hui nous ne sommes plus qu’une poignée
À défendre l’honneur de la Franche-Comté.
Je passe aux abords d’une morne cité,
Décor de merde, des HLM pouraves.
Ça trafique sec dans les cages d’escaliers,
Ce soir c’est tournante dans la cave.
Sur le sol Comtois, la jungle urbaine
A conquis chaque parcelle de notre noble terre.
Autrefois des forêts et des plaines,
Aujourd’hui des bâtiments crades et austères.
Retour aux sources, je me casse de la ville,
Respirer l’air pur de nos montagnes.
Il n’y a qu’en forêt où je suis tranquille,
Le plus loin possible de ce putain de bagne.
Dans les sous-bois je suis chez moi,
Y’a personne pour m’emmerder,
Moi je vis en autarcie,
Fuck off la société !
9. POLITIQUE FOSSE SEPTIQUE
Je vous maudis d’avoir fait de notre mère Europe
Une pute qui tend son cul, une salope,
Prête à se faire enfiler par ****,
Venu tout droit du sud pour nous enculer.
Je vous maudis d’avoir tué la France,
Tant d’années d’agonie et de souffrance,
Pour une nation morte et enterrée
Dans l’indifférence…
Hypocrite politique
De fosse septique !
Mascarade perpétuelle
Dont **** tire les ficelles !
République pathétique,
Charognes épileptiques,
Ridicule gouvernement
De démagogues charlatans !
Moi j’ai rallié la cause de ceux
Qui n’acceptent pas leur triste sort,
Et qui attendent le jour heureux
De prendre les armes pour semer la mort.
Il est grand temps d’accomplir le ****
De cette maudite société de consommation,
Conformiste, commerciale et cupide,
Vaste échiquier dont **** déplace les pions.
Je vous maudis d’avoir fait de ma vie
Un enfer quotidien, une merde infinie.
Puisque c’est vous qui avez conçu
Cette nation sans honneur qui ne m’a jamais soutenu.
La démocratie au ****,
Et une **** en retour.
Pour remettre de l’ordre et de la discipline
Dans notre pays rongé par la vermine…
Rentrez en rangs serrés,
Allez tous vous entasser
Dans la vaste chambre mortuaire,
Et soyez **** avant qu’on vous inhume
Dans une profonde fosse commune,
Pour tout cimetière.
Fosse commune politique,
La fosse septique.
10. SEDITIO IONIS SEQUANIA
Sur le chemin de Via Francigena,
À travers les plaines et les vallées,
Jusqu’aux montagnes du Jura,
S’étend notre Franche-Comté.
Aux hivers rudes et aux forêts profondes,
Héritage ancestral des terres Burgondes,
Vesontio, vieil oppidum Gaulois,
Tes ruines témoignent encore de ta grandeur d’autrefois.
Surplombée par le mont Saint Etienne,
Où domine l’imprenable Citadelle,
Dernière place forte dans le méandre du Doubs,
Assiégée de toutes parts mais toujours debout.
Terre Franco-Germanique,
Au Nord-Est de la France Celtique,
Territoire des tribus Séquanes,
Fiers Gaulois, peuple des montagnes.
Notre devise résonnera :
« Comtois, rends-toi – Nenni ma foi ! »
Pour qu’aujourd’hui encore,
Traîtres et **** soient ****.
Terre des sapins noirs et des maïs vermeils,
Terre des durs frimas et des ardents soleils,
Terre où rampe et parfois, vole aussi ma chimère,
Comté, je t’adore, ô ma rude mère.
« Comme un aigle lassé de l’azur fabuleux,
Dont l’aile se repose aux bords abrupts d’un fleuve,
La ville toujours franche est là, sans que l’émeuve,
Le soleil implacable ou le ciel ténébreux.
Ses maisons de moellons veinés, jaunes et bleus,
Sont de celles qu’un siècle a pu mettre à l’épreuve,
Et sa Porte Noire est pareille à quelque veuve,
Dont s’accroche le deuil aux hôtels anguleux ».
(G. Strabach)
11. OUTRO - DECREPITUDE TOTALE
(Instrumental)
Les Ménestrels
Nous sommes les maudits,
Les poètes mal lunés,
Nous sommes la maladie
Venue vous infecter.
Nous venons propager
Nos chansons pestilentielles,
Puissent-elles vous écœurer
Et saigner vos oreilles.
Nous sommes les ménestrels
Des fables excrémentielles,
Nos tristes mélodies
Reflètent notre folie.
Nous sommes des ermites
Déprimants et dépressifs,
Nous hurlons notre haine
Dans une musique malsaine.
Nous sommes ces squelettes
Funestement drogués,
Exultant leur mal-être
Dans l’alcool frelaté.
Nous sommes ces loups en cage
Sans existence et sans âge,
En marge de la société,
Bannis dans l’obscurité...
2. SOURCE DE PLOUR, RIVIERE DE TRISTECE
Source de plour, riviere de tristece,
Flun de doulour, mer d'amertume pleine
M'avironnent et noyent en grant peine
Mon pauvre cuer qui trop sent de destresce.
Si m'affondent et plungent en asprece;
Car parmi moy cuerent plus fort que Saine
Source de plour, riviere de tristece.
Et leurs grans floz cheent a grant largece,
Si com le vent de Fortune les meine,
Tous dessus moy, dont si bas suis qu'a peine
Releveray, tant durement m'oppresse
Source de plour, riviere de tristece.
C. De Pisan
3. 1638
La famine de nostre Bourgogne en cette année 1638 :
Les chemins estoient pavez de gens haves et déffaicts,
Affamez, estenduz de faiblesse et se mourant.
Les charognes des bestes mortes estoient mets recherchés.
Les chiens et les chats estoient morceaux délicats,
Puis les rats estant en règne furent de requise.
Mais cette table ne demeurera pas longtemps mise…
J’ay veu moy-mesme des gens bien couverts
Relever par les rues les rats morts,
Jettez par les fenestres des maisons
Et les cacher pour les manger.
Enfin on vint à la chair humaine
Premièrement dans l’armée,
Où les soldats estants occis servoient
De pasture aux autres qui couppoient
Les parties plus charnues des corps,
Morts pour bouillir ou rostir.
Et hors du camp faisoirent picorée
De chair humaine pour manger.
Dans les villages on découvrit des meurtres d’enfants
Faicts par leurs mères pour se garder de mourir.
Et des frères par leurs frères.
La face des villes estoit la face de la mort,
La postérité ne le croira pas.
D’après G. de Nozeroy (1843)
4. VENGEANCE SEPULCRALE
Ta candeur répugnante et ta naïveté
M’ont toujours fait horreur, je dois l’avouer.
Tu veux vivre et vivre encore,
Mordre la vie à pleines dents.
Tu offres ton âme, tu offres ton corps
À cette société que tu aimes tant,
Dans laquelle je n’ai pas ma place.
Simple raison pour laquelle tu m’effaces.
Mais si je ne peux te faire entendre raison,
Laisse-moi juste te conter ce qu’il va t’arriver…
Toi qui rêvais de nouveaux horizons,
Toi qui voulais voir en chacun ce qu’il y a de bon…
Pauvre conne ! La vie que tu croyais si belle,
N’est en fait qu’une vaste mascarade cruelle !
Mais à présent les masques sont tombés,
En témoigne ton allure, hideuse créature.
Sur ta peau ridée et ton corps desséché,
Le temps s’est chargé de la besogne.
Ta vie, maintenant bien morne,
T’apparaît trop courte et insensée.
Du fond de ta cervelle encrassée par les années,
Ressurgissent alors des paroles oubliées.
Je t’avais mise en garde, je t’avais prévenue !
Cette putain de vie crade ne vaut pas la peine d’être vécue !
Mais il sera bien tard, lorsque dans le noir,
Ton cercueil austère sera plongé.
Et que les créatures qui vivent sous terre
Viendront dévorer ta chair putréfiée…
Qu’elles se délectent de tes viscères !
Qu’elles y pondent leurs œufs et qu’elles prolifèrent !
Car ces larves et ces vers, ces coléoptères,
Ce sont mes semblables, ce sont mes frères !
5. LE DAMNE
Je voudrais que la nuit fût opaque et figée,
Définitive et sourde, une nuit d'hypogée ;
J'oserais approcher, soudainement hardi,
De la femme pour qui je suis un grain de sable,
Et d'un mot lui crier mon rêve inguérissable.
Elle ne rirait pas, devinant un maudit.
Pour m'imposer à sa pitié de curieuse,
Je ferais de mon corps une chose hideuse
Et m'en irais pourrir sur un lit d'hôpital.
Mais de plaisir son coeur est seulement avide,
Pour son linge elle craint une senteur d'acide.
Elle ne viendrait pas diviniser mon mal.
Ayant dit mon amour et ma désespérance,
Je me tuerais avec bonheur, en sa présence,
Pour la voir essayant d'un geste à m'arrêter.
Elle ne s'émeuvrait que la balle partie,
Et, contente d'avoir un drame dans sa vie,
Raconterait ma mort d'un faux air attristé.
Depuis longtemps le feu des damnés me possède,
L'enfer m'attend. Que nul ne prie ou n'intercède.
Qu'elle puisse me voir un instant, de son ciel,
Debout, grave et hautain, sur les rocs de porphyre,
Illuminé comme sa chair que je désire,
Je ne me plaindrai pas du supplice éternel.
A. Beauregard, 1921
6. DELIQUESCENCE
Ces vieux qui errent sur les trottoirs me font horreur.
Leur regard, plein de tristesse, m’écœure.
Mais en eux, je vois des frères et des sœurs,
Car déjà, je ressens la même douleur.
Je suis ce vieillard faible et décrépit,
Courbé sous le poids du temps,
Accablé par la maladie,
Chaque jour un peu plus mourant.
J’ai seulement vingt ans et pourtant,
J’ai l’âme d’un vieillard croulant.
Grabataire et fébrile,
Frêle et débile…
Mes os sont poreux, mes muscles fatigués,
Ma vue se trouble et ma mémoire s’efface,
Mes jambes ne peuvent plus me porter,
Et à chaque geste mes os se cassent.
Des douleurs inexpliquées surgissent,
Du fond de mes viscères.
Je tousse, racle et crache des glaires
Sur mon froc, imbibé de pisse.
À peine commencée, déjà la vie m’écrase.
Je suis comme un vieux crabe empêtré dans la vase.
À bout de force et de souffle, je me laisse mourir,
Puisque mon corps, déjà, commençait à pourrir.
7. ANTI
Encore un morne matin,
Je me réveille pour rien,
Je regarde par la fenêtre.
Toujours le même bordel,
Des bâtiments cradingues,
Les mêmes murs blêmes.
Et trop de gens tout autour,
Qu’il faudrait mettre ****,
Quelle merde !
Filez-moi un Famas,
Il faut que je me les fasse !
Ce soir on dératise au fusil d’assaut !
Il faut tous qu’ils y passent,
Pour que rien ne s’efface,
Je graverai mon nom sur leur gueule de ****
Au volant de ma nécro-205
Je bombe comme un taré,
Bloqué à fond de cinq.
Du BM à fond la caisse,
J’ai les nerfs à vif.
C’est pas l’envie qui me manque
D’écraser ces **** !
Trop de merde dans les poumons,
Saloperie de pollution.
Fuyons cet urbanisme,
Avant la rupture d’anévrisme !
Partons trouver refuge sur la Route des Sapins,
Loin de ces métropoles qui grouillent d’êtres humains.
En forêt nous fuyons ces immondes congénères,
Car nos seuls amis sont les arbres et les pierres !
Mort au peuple ! Mort aux gens !
Et que règne le néant…
J’ai des crabes plein mon crâne,
Qui bouffent ma cervelle,
Mes poumons sont noirs
Et les glaires m’étranglent dans mon sommeil.
Je blinde « lubugre » pour oublier l’empreinte du passé.
Démolir ma mémoire en fumant mon pétard...
J’ai l’impression d’avoir bu du Destop hier soir,
Car là j’ai le bide en vrac, les intestins remplis de chiasse !
Attiré dans les tréfonds par la décadence tentaculaire,
Les poulpes et les pieuvres m’étreignent, sombrant dans les abîmes,
Offrant ma chair aux silures et aux cœlacanthes
Pour mettre un terme à cette vie décadente.
Ce monde n’est pas le nôtre,
C’est celui des autres.
Ceux qui grouillent comme les mouches,
Ridicules pantins, je vous chie dans la bouche !
8. EN AUTARCIE
Samedi soir à Bezak, minuit passé,
Encore en train d’errer pour essayer de choper,
Dans ma bagnole, j’arpente la route,
Pour une destination incertaine sans doute.
Malgré la nuit, les gens arpentent encore les rues.
La fourmilière grouille à toute heure.
Pour être tranquille, je prends des passages inconnus.
Toute cette vermine me fait horreur.
Défilent les vitrines et les murs tagués,
Cette crasse urbaine m’est bien trop familière.
Des poubelles dégueulasses et des clodos tarés
Sous les lueurs blafardes des réverbères.
Mais au détour d’une ruelle,
Parfois surgit un vestige du passé,
Comme la grande Porte Noire ou la Citadelle,
Quelques ruines d’anciens temps oubliés…
Où est l’antique cité impériale ?
Ici je ne vois que dalle,
Hormis un miasme dégueulasse,
D’urbanisme et de crasse.
Dans ces rues malfamées où règne l’injustice,
Les **** font la loi, que fait votre police ?
La réalité est là, il faut bien l’admettre :
Les **** et les **** règnent en maîtres !
Où est le peuple fier de Séquanie ?
Tant d’années de **** l’ont anéanti.
Aujourd’hui nous ne sommes plus qu’une poignée
À défendre l’honneur de la Franche-Comté.
Je passe aux abords d’une morne cité,
Décor de merde, des HLM pouraves.
Ça trafique sec dans les cages d’escaliers,
Ce soir c’est tournante dans la cave.
Sur le sol Comtois, la jungle urbaine
A conquis chaque parcelle de notre noble terre.
Autrefois des forêts et des plaines,
Aujourd’hui des bâtiments crades et austères.
Retour aux sources, je me casse de la ville,
Respirer l’air pur de nos montagnes.
Il n’y a qu’en forêt où je suis tranquille,
Le plus loin possible de ce putain de bagne.
Dans les sous-bois je suis chez moi,
Y’a personne pour m’emmerder,
Moi je vis en autarcie,
Fuck off la société !
9. POLITIQUE FOSSE SEPTIQUE
Je vous maudis d’avoir fait de notre mère Europe
Une pute qui tend son cul, une salope,
Prête à se faire enfiler par ****,
Venu tout droit du sud pour nous enculer.
Je vous maudis d’avoir tué la France,
Tant d’années d’agonie et de souffrance,
Pour une nation morte et enterrée
Dans l’indifférence…
Hypocrite politique
De fosse septique !
Mascarade perpétuelle
Dont **** tire les ficelles !
République pathétique,
Charognes épileptiques,
Ridicule gouvernement
De démagogues charlatans !
Moi j’ai rallié la cause de ceux
Qui n’acceptent pas leur triste sort,
Et qui attendent le jour heureux
De prendre les armes pour semer la mort.
Il est grand temps d’accomplir le ****
De cette maudite société de consommation,
Conformiste, commerciale et cupide,
Vaste échiquier dont **** déplace les pions.
Je vous maudis d’avoir fait de ma vie
Un enfer quotidien, une merde infinie.
Puisque c’est vous qui avez conçu
Cette nation sans honneur qui ne m’a jamais soutenu.
La démocratie au ****,
Et une **** en retour.
Pour remettre de l’ordre et de la discipline
Dans notre pays rongé par la vermine…
Rentrez en rangs serrés,
Allez tous vous entasser
Dans la vaste chambre mortuaire,
Et soyez **** avant qu’on vous inhume
Dans une profonde fosse commune,
Pour tout cimetière.
Fosse commune politique,
La fosse septique.
10. SEDITIO IONIS SEQUANIA
Sur le chemin de Via Francigena,
À travers les plaines et les vallées,
Jusqu’aux montagnes du Jura,
S’étend notre Franche-Comté.
Aux hivers rudes et aux forêts profondes,
Héritage ancestral des terres Burgondes,
Vesontio, vieil oppidum Gaulois,
Tes ruines témoignent encore de ta grandeur d’autrefois.
Surplombée par le mont Saint Etienne,
Où domine l’imprenable Citadelle,
Dernière place forte dans le méandre du Doubs,
Assiégée de toutes parts mais toujours debout.
Terre Franco-Germanique,
Au Nord-Est de la France Celtique,
Territoire des tribus Séquanes,
Fiers Gaulois, peuple des montagnes.
Notre devise résonnera :
« Comtois, rends-toi – Nenni ma foi ! »
Pour qu’aujourd’hui encore,
Traîtres et **** soient ****.
Terre des sapins noirs et des maïs vermeils,
Terre des durs frimas et des ardents soleils,
Terre où rampe et parfois, vole aussi ma chimère,
Comté, je t’adore, ô ma rude mère.
« Comme un aigle lassé de l’azur fabuleux,
Dont l’aile se repose aux bords abrupts d’un fleuve,
La ville toujours franche est là, sans que l’émeuve,
Le soleil implacable ou le ciel ténébreux.
Ses maisons de moellons veinés, jaunes et bleus,
Sont de celles qu’un siècle a pu mettre à l’épreuve,
Et sa Porte Noire est pareille à quelque veuve,
Dont s’accroche le deuil aux hôtels anguleux ».
(G. Strabach)
11. OUTRO - DECREPITUDE TOTALE
(Instrumental)
