Rédiger une chronique détaillée, et si possible, objective traitant du nouvel et second effort des Suédois de
Steelwing est un exercice qui pourra s'avérer délicat tant les différences qui distinguent cet opus de son singulier prédécesseur sont ténues. Autrefois très enclin à défendre un Heavy
Metal rétrograde inspiré de ces années 80 définitivement révolus, mais aussi, de surcroît, influencé par la verve et l'à-propos magistral de quelques-uns des créatifs britanniques instigateurs de la New wave Of British Heavy
Metal (NWOBHM) tels Iron Maiden,
Judas Priest, ou, par exemple,
Saxon, le quintette scandinave aura décidé, au cœur de ce
Zone of Alienation, de poursuivre sous le joug créatif de ce dessein à la fois anglais et à la fois passéiste. L'entreprise paraît audacieuse. Le résultat incertain. Ce qui fit autrefois l'intérêt d'une première fois, ne sera, en effet, plus nécessairement attrayant dès lors que le charme de la surprise se sera évanoui.
Quoi qu'il en soit, de ce choix résolu et de cette incapacité désormais à surprendre par son caractère rétrograde atypique ceux qui auront apprécié les premiers pas de ces nordiques,
Steelwing, après un sympathique et sempiternel préambule instrumental, 2097 A.D., entame l'exercice par un premier morceau,
Solar Wind Riders, dont la subtilité semble avoir été composée par
Steve Harris lui-même. Sans exceller et sans nous satisfaire pleinement, cette amorce aux accointances londoniennes un peu trop évidentes, nous laisse une certaine amertume que, malheureusement un second morceau,
Full Speed Ahead !, ne viendra pas, ou si peu, dissiper. Avec le suivant,
Breathless, la catastrophe se dessine encore davantage. Si les deux premiers étaient, certes, efficaces mais bien trop convenus, le troisième, quant à lui, alourdis par ces refrains bien trop mélodiques, ordinaires et caricaturaux, nous laissent, en effet, augurer du pire.
Un mauvais présage qui, heureusement, sera endigué dès lors que résonneront les mesures d'un excellent et vif Tokkotai (
Wind of
Fury). Un sursis que prolongera la suite de cette œuvre transformant ces premiers instants inquiétants puis quasi désastreux, en de vagues souvenirs (le séduisant
Zone of Alienation, le superbe The Running Man, ou encore, par exemple, Lunacy
Rising).
Pour terminer la revue de ce manifeste, impossible de ne pas évoquer l'autre instrumental, They Came from. the Skies, qui de ses arômes arides et brûlants écrasés sous un soleil ardent nous ramène en d'autres lieux et en d'autres temps (Iron Maiden - Powerslave (1984)). Un dernier écart dévolu à ces Royaume-Unis tant chéris par
Steelwing qui ne changera en rien nos impressions concernant ce disque.
Pas plus d'ailleurs que la présence très dispensable d'une deuxième version plus longue du prologue baptisé, est-il besoin de le rappeler, 2097 A.D..
Moins réussi et moins abouti que
Lord of the Wasteland, ce
Zone of Alienation inégal nous laisse entrevoir le meilleur, le bon et, parfois, le moins bon dont les Suédois de
Steelwing sont capables. Evitant de peu le drame, cet opus, dans l'ensemble, garde, au final, une tenue suffisamment bonne pour être estimable et apprécier.
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