"The Sun
Collapse" avait été une bonne surprise il y a deux ans, présentant
Stigmhate dans un paysage black metal bien plus proche d’un environnement scandinave qui celui du pays de la botte.
Là où six années avaient séparées le deuxième et le troisième album, les transalpins ont cette fois fait les choses bien plus rapidement et ce n’est qu’après deux petites années que "Zodacare Od Zodameranu" est présenté aux oreilles de tous.
Même équipe, même label (les italiens de Bakerteam Records), même studio (le Hertz Studio, en Pologne) et même graphiste : autant dire que
Stigmhate a privilégié une grande stabilité pour son quatrième méfait.
L’artwork se veut bien plus noir et blasphématoire que le précédent, laissant penser que le groupe a volonté d’intensifier encore plus propos, de le rendre plus obscur et extrême que jamais. Dans les faits, ce ne sera pas forcément le cas puisque ce nouvel album se révèle très proche du précédent, probablement trop pour marquer une scission puisque l’on en vient parfois à se demander si tel ou tel morceau n’était pas déjà présent sur "The Sun
Collapse".
La voix de Marco est toujours très proche de celle de
Mortuus et l’influence de
Marduk toujours aussi prédominante. Le black metal rapide et guerrier des italiens fait mouche mais ne soulève pas réellement d’enthousiaste ou, à l’inverse, de négativité exacerbée comme cela devrait être le cas. Non pas que la violence du disque tourne à vide mais on ne peut s’empêcher de penser que les riffs, les blasts et les chœurs parfois très brutaux du groupe ont déjà été écrit maintes et maintes fois, tant et si bien que malgré l’excellence de la proposition, elle n’en reste pas moins fort peu surprenante.
"Ave Averno in Genesi Nema" pourrait nous faire mentir via son break presque atmosphérique servant de support à un déferlement de violence dans le second acte, mais cela ne représente pas en soi un coup de génie.
L’efficacité première est en revanche inévitablement présente et, en soi, on ne peut reprocher à
Stigmhate de maitriser parfaitement son sujet et de ciseler toujours un peu plus son black metal à travers les années. Les admirateurs de champs de bataille ne pourront que s’y plaire mais il y a fort à parier que, en comparaison du précédent qui tentait de sortir des sentiers battus, on revienne plus rapidement aux références qu’à "Zodacare Od Zodameranu".
"Pleroma Apocrifa Mistica" s’ouvre sur une mélodie malsaine et glauque à souhait avant de sortir une artillerie frénétique et dépose le constat évident que certaines idées auraient pu être mieux exploitées afin d’en tirer la quintessence, de ne pas rester en des terres balisées depuis déjà plusieurs années et ainsi s’enfoncer dans un marasme conformiste à l’antithèse de ce que devrait être le black metal. Car la noirceur et le diabolique de la musique perd énormément en consistance devant ce manque évident de personnalité.
Une production trop propre pour le style, bien que très puissante, une copie trop apprise et récitée ainsi qu’une sécurité probablement autodestructrice n’aura pas été les alliés de
Stigmhate pour ce nouveau combat. Ce n’est pas une défaite à proprement parler, mais un certain aveu de faiblesse que produisent les italiens ici. Un aveu de celui qui, finalement, préfère jouer la sécurité pour être certains de gagner la guerre, sans avoir le courage ni l’anticipation des grands vainqueurs, sans imaginer que les plans étaient déjà connus. Là où le groupe avoue clairement vouloir sortir de l’underground pour devenir plus grand, ils se sont probablement fourvoyés entre volonté de percer et oser se distinguer. Une œuvre cohérente mais sans cachet, sans plus-value. Sitôt écoutée, sitôt oubliée malgré l’excellence de l’interprétation. Dommage.
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