Wyrd

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Nom du groupe Himinbjorg
Nom de l'album Wyrd
Type Album
Date de parution 17 Fevrier 2015
Style MusicalBlack Viking
Membres possèdant cet album26

Tracklist

1.
 Intro / Call to the Being
 01:39
2.
 The Sword of Dignity
 07:16
3.
 The World of Men without Virtue / The Circle of Disillusion
 07:37
4.
 The Circle of Warriors
 05:26
5.
 Initiation
 05:27
6.
 The Mirror of Suffering / The Circle of Ghosts
 06:10
7.
 The Shamanic Whisper
 06:08
8.
 Another Shore
 03:15
9.
 The Eternal Light
 05:02

Durée totale : 48:00


Chronique @ AlonewithL

16 Fevrier 2016

Une sorte de compromis entre les deux âges.

L’un des plus beaux fleurons de la Gaule, serait-il l’un des plus mystiques, l’un des plus silencieux ? C’est que l’on entend que très faiblement parler de « Himinbjorg », projet pagan français qui figure pourtant dans les formations de tête de notre pays en la matière, aux côtés de « Belenos » et de feu « Aes Dana ». Et que de chemin parcouru depuis son premier et tumultueux album « Where Ravens Fly » paru en 1998. « Himinbjorg » a tenu une carrière constante loin des projecteurs, avide et explorant de multiples sources. On a eu le droit à un pur transfert expérimental dans les voûtes célestes avec « Haunted Shores » en 2002, qui a marqué une sorte de rupture avec le black metal épique et agressif qu’utilisait la troupe de Zahaah auparavant. Depuis, le groupe a eu le temps de revenir à des bases purement pagan, mais sans la virulence extrême qu’accordait leurs débuts au point d’en arriver à un spirituel, mais assez terne « Chants d'Hier, Chants de Guerre, Chants de la Terre... » édité en 2010.

Zahaah, tête pensante du projet aurait depuis procédé à de nombreux changements de l’équipe. On assiste ainsi au retour du batteur Kahos, qui avait laissé sa dernière signature chez « Himinbjorg » sur l’album « Europa » de 2005. Il y a aussi le renfort en 2013 des guitaristes Avgruun et Sven Vinat. Pourtant ces deux derniers ne sembleraient figurer dans le line up à l’origine de l’album « Wyrd », sortant en toute fin d’année 2015 chez Osmose Productions. On y retrouve en invités aux instruments folkloriques Baptiste Labenne, l’un des deux membres du groupe folk metal occitan « Boisson Divine », mais aussi Christophe Morvan (ex-« Soldat Louis »). « Wyrd » se démarque davantage par les multiples annonces du retour de « Himinbjorg » que par sa musique à proprement dit. Le groupe revient à un contenu plus vibrant que son prédécesseur, mais plus commun au circuit, rompant par le même coup un peu avec un très injuste isolement.

L’introduction s’ouvre par le doux bruit de l’eau qui s’écoule, celle, fraîche, d’un ruisseau. Le flux s’intensifie au fil du déroulement, qui laisse place à la cornemuse et à des invocations narratives produites sous un ton vindicatif. C’est une sorte de rituel magique, une bénédiction pour la suite des aventures et pour « The Sword of Dignity » qui vient juste après ce « Call of the Being ». Nous sommes quelque peu surpris de découvrir alors un pagan rude et consistant avec un rythme répété à l’usure comme c’est emblématique du pagan allemand. Le break en milieu de piste accorde un virage plus étincelant, un nouvel appui qui permettra d’envouter le morceau par l’inclusion de chœurs contemplatifs, avant de retrouver la base massive du présent morceau. « The Circle of Warriors » ne bouscule pas non plus les codes classiques du pagan metal. Cela prend ici la tournure d’une cavalcade épique, une lourde charge au trot, agrémentée par quelques instruments folkloriques qui lui apportent un contour médiéval en supplément.

Une autre cavalcade, mais champêtre et apaisée cette fois avec la ballade acoustique « Another Shore », un vague parfum de nostalgie et de mélancolie. Une piste instrumentale étonnement proche de ce qui se fait dans certains pays slaves en la matière, mais dans une qualité de production plus professionnelle. On lui reconnait une certaine froideur, assez propre à l’image qu’avait jusque-là véhiculé « Himinbjorg » tout au long de sa carrière. Une froideur palpable dans un tribal mais néanmoins méticuleux « The Shamanic Whisper », un chemin méandreux et obscur semé de percussions. Nous serons également intimidés par « The Eternal Light », titre étrange, privilégiant une grande légereté, une grande souplesse, vaporeux même, alternant chœurs fantomatiques et chant agressif. L’entame peut d’ailleurs nous interpeller. A prime abord, elle aurait pour effet de rappeler celle d’« In My Darkest Hour » de « Megadeth ». Lien peut-être pas très apparent mais tenace et intriguant.

Où est le « Himinbjorg » si abrasif et nerveux d’autrefois ? On ne le croise plus que rarement. Il faut tout de même se souvenir que le précédent volume n’était pas un territoire de violence et de chaos, mais plutôt de recueillement, bien au contraire. Sur ce « Wyrd », on semble malgré tout prendre un peu de recul avec la nouvelle stratégie. L’album accorde quelques phases plus mouvementées ; en premier lieu avec « The World of Men Without Virtue », maintenu par un solide battement au rythme constant. Sa nature est plus proche du black metal et peut s’assimiler aux travaux du confrère « Belenos ». « Himinbjorg » ne revient réellement à sa source, à ses débuts frénétiques, qu’à travers l’hypnotique et soutenu « Initiation ». « The Mirror Suffering » se relève tout aussi tourmenté, mais s’exprime d’une autre manière, avec plus de distance, par palpitations, offrant une part épique. Un modèle que n’aurait pas dénié le grand « Enslaved », même si l’extrait de « Himinbjorg » ose plonger profondément dans les ténèbres, comme l’atteste un dernier quart piste assez malsain.

« Himinbjorg » redevient un phénomène populaire, sans pour autant proposer le meilleur de ses forfaits discographiques. « Wyrd » trahit une volonté de percer dans le milieu européen. Pour cela, le groupe tente de s’aligner à un black pagan commun, du moins majoritaire au continent, proposant un contenu assez tempéré, loin de ses fondements qui étaient dans un black metal plus prononcé, mais éloigné aussi du calme contemplatif de « Chants d’Hier, Chants de Guerre, Chants de la Terre… », un précédent qui avait consacré une large part à la langue française. Le dernier en date rapprocherait davantage d’un certain « Golden Age », bien que l’on puisse convenir que l’énergie était plus présente dans le court forfait de 2003. « Himinbjorg » chercherait donc une position confortable, il chercherait aussi à s’exporter bien au-delà de l’Hexagone, proposant une sorte de pot-pourri musical de ses différents volumes, alliant donc la nervosité de jeunesse et tranquillité de vieillesse, une sorte de compromis entre les deux âges. Le compromis est toujours œuvre de sagesse, mais permet-il une avancée ? C’est au destin d’y répondre.

14/20

1 Commentaire

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Lloigor - 23 Fevrier 2016: Album de l'année 2015 pour moi
Un album remplit de d'honnêteté et de sincérité qui reflète parfaitement les convictions des membres.
Un VRAI groupe de pagan metal
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