Wolf Attack

ajouter les paroles de l'album
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
17/20
Nom du groupe Existance
Nom de l'album Wolf Attack
Type Album
Date de parution 29 Octobre 2021
Style MusicalHeavy Metal
Membres possèdant cet album28

Tracklist

1.
 Highgate Vampire
 05:45
2.
 Deathbringer
 04:30
3.
 Power of the Gods
 04:45
4.
 Rock’n' Roll
 04:23
5.
 Jenny’s Dreams
 03:52
6.
 Sniper Alley
 06:29
7.
 Preacher of Insanity
 03:18
8.
 You Gotta Rock It
 04:32
9.
 Wolf Attack
 05:28
10.
 Tears of Fire
 05:26
11.
 Gwendoline
 04:50

Durée totale : 53:18

Acheter cet album

 buy  63,91 €  39,92 €  £64.09  buy  buy  52,92 €
Spirit of Metal est soutenu par ses lecteurs. Quand vous achetez via nos liens commerciaux, le site peut gagner une commission

Existance


Chronique @ largod

22 Décembre 2025

Fils unique d’Izard le Grand

Ce regard ne trompe pas.
Celui du loup sur la pochette, à la fois perçant et fuyant, semble être le symbole d’une vie. Leader de meute un jour et ensuite, solitaire, livré à lui-même. Errant dans le cimetière de ses regrets et de ses occasions ratées. Sans la moindre once de repentance. Les choix dignement assumés. Pour autant, on dit bien que ceux qui parviennent à vivre seuls sont les plus forts.
C’était le cas du Père.
Didier Izard, vocaliste iconique du défunt H Bomb. Quelques échanges avec mon idole de jeunesse sur Facebook m’ont vite appris que la bête blessée ne voulait plus parler de cette période bénie du début des années 80. Par pudeur et par respect, je n’ai jamais insisté ou essayé d’en savoir plus. Parti trop tôt un jour de 2018, entouré de ses proches, lui qui avait choisi de quitter « son » groupe un jour de 1984. Et qui ne tomba jamais dans le piège ou la facilité de le reformer. Fidèle à lui-même, jusqu’au bout.
Il préférait me suggérer de découvrir le groupe de son fils, Existance, dont il était manager, que je connaissais déjà au travers de leur premier album.

Et ce quatrième opus fut dur à sortir. La crise sanitaire passée par là, Julian Izard et sa troupe peut enfin offrir un album hommage à celui qui lui donna la vie.
Produit par le magicien de Manigance, François Merle, ce disque représente un magnifique exemple de ce que le heavy Français de notre époque est capable de créer. Pour juger, il faut d’abord écouter. Les jugements à l’emporte-pièce n’ont que peu d’intérêt finalement. Taillés pour la scène, tous les titres, produits avec la justesse d’un horloger Suisse, façonnent la réputation de groupe « live » d’Existance qui est sans doute le groupe Français actuel qui aura le plus tourné en support de grands groupes ces derniers temps comme UDO, Primal Fear et Riot V, en France et hors de l’hexagone. Ah si nous pouvions enfin vaincre nos vieux Démons des années passées, celles où les portes des radios ou des chaines de télévision se fermaient aussi vite que celles des sanisettes Jacques Decaux à Paris. Et que dire des producteurs et des tourneurs toujours aussi frileux à accepter les groupes tricolores. Avec Existance, pas d’excuse, le chant est en Anglais, choix assumé ! Le style est proche d’un heavy Américain revu à sauce Picarde. Pas de doute, appuyez sur « Play », ça va swinguer !

Et ça démarre fort, très fort. Avec deux brulots, ultra violents pour Existance. Ils ouvrent le feu avec le sur vitaminé « Highgate Vampire » au chant sur aigu, propulsé par une basse de terrassier et un riff gras et distordu. La meute est en chasse. Pour une ouverture de bal, ça cogne fort et sec. Pourtant, la musicalité est bien là, dans les échanges à deux guitares, les soli et dans le chant et les chœurs. Je me rappelle Vouziers en 2021 lorsque Julian débarqua sur scène sans guitare et micro en main pour défendre les nouveaux titres de cette galette. Il manquait son attaque sur la guitare pour que le titre explose pleine puissance et mette la salle à genoux. Le deuxième coup de semonce, un cran encore au-dessus en termes de fracas sonique, est « Preacher of Insanity ». Son riff en doublette assassine sonne la charge de la cavalerie, sabre au clair. La performance aux confins du Thrash de Gery Carbonnelle, le nouveau batteur d’origine belge, est phénoménale sur ce morceau, bref et concis. Et la cavalcade de guitares orchestrée par Antoine Poiret et Julian constitue elle aussi une performance inhabituelle de furie dévastatrice.

Pour autant, le style d’Existance s’affiche bien plus naturellement dans les morceaux plus heavy et dans les up tempi, à grands coups de griffes, crinière au vent.
Et il y a de quoi faire dans ces deux catégories.

« Deathbringer » avec son entame surpuissante symbolise l’étendard flamboyant du style heavy Français moderne : mélodie qui bastonne en règle, basse de vandale, batterie révoltée, avalanche de décibels et performance vocale de qualité, tout cela élevé en plein air, les pieds dans la boue et le museau à l’air libre. Que dire de cette petite merveille « Sniper Alley », oscillant sans cesse entre l’aérien et le bien lourd sous l’impulsion décisive du jeu de basse impressionnant de Julien Robillard, sans doute le morceau le plus heavy de l’album malgré une accélération du rythme en fin de titre et qui, sous ses influences évidentes que ne renierait pas Judas Priest, nous transporte dans le cosmos avec le chant de Julian et les chœurs inspirés des autres membres du groupe. Et il y a aussi de magnifiques soli sur cet album. Plongez-vous à l’écoute de « You Gotta Rock it », taillé pour les planches avec son riff trempé dans un baril de goudron. Plumes oubliées en route, la basse métallique de Julien donne une teinte unique à cette chanson et que dire de son break absolument magique. La basse de marcassin perfore à nouveau les tympans sur « Jenny’s Dreams » dont le riff à deux guitares ressemble au labour d’un cheval de trait tant il est épais, oxygéné cependant par les petits licks des guitares et le chant de Julian, encore impérial sur ce titre.

Si vous n’êtes toujours pas conquis par la musique d’Existance, il vous reste encore quelques chances. On garde toujours le meilleur pour la fin parait-il.
Par exemple, « Power of the Gods » qui fut le premier single de cet album se base sur une magnifique harmonique de guitares et un travail à nouveau tonitruant de Géry sur les toms et sa double-pédale en contre-temps. Le chant de Julian alterne entre un côté implorant et une version plus sauvage pour propulser ce morceau vers des horizons incertains. On enchaine avec le bijou incandescent « Rock’n Roll » propulsé dès les premières notes par une section rythmique parfaitement calée à l’unisson des guitares d’Antoine et Julian. Ce dernier hurle à l’envie son amour pour sa passion et le refrain rentre immédiatement dans le crâne, sans en ressortir car Gery frappe sec et Julien tartine sa basse à grands coups de pelle. Orgasme garanti en live comme sur disque ! L’introduction à la Grave Digger de « Wolf Attack » enchaine sur un déluge de décibels et une taloche en règle assénée par le groupe sur ce title-track très enlevé, appliquant à nouveau les codes du groupe, à savoir musicalité, mélodie, solo de feu et énergie communicatrice. Et la rage aussi, celle qui habite ceux qui ont faim.

Difficile de ne pas parler du double hommage de Julian à son père, Didier, avec le poignant « Tears of Fire » qui déchire l’espace pour aller rejoindre le royaume des anges. Et puis, bien entendu, cette reprise très moderne de « Gwendoline », conforme à l’esprit original mais avec la patte du groupe. Magique !
Vivement le 20 février prochain, trop hâte de découvrir « Wildfire », cinquième album d’Existance, déjà en boite et à nouveau produit par François Merle, qui sortira sur le même label que Sortilège, ADX, Manigance, Extreme ou Deep Purple, j’ai nommé Verycords. La pochette de Stan W Decker annonce déjà la couleur….

Ce regard ne trompe décidément pas.
Celui de Julian lors du festival de Vouziers en 2019. L’approche du jeune loup pour le quinquagénaire que j’étais me parut prendre une éternité, véritable parcours du combattant. Entrer en contact avec le fils était aussi un moyen de me connecter au Père. Regard perçant et à la fois fuyant. On parle du gig, une fois de plus à la hauteur et bien en place. Mais aussi du futur album, enregistré depuis quelques mois mais qui mettra du temps à sortir, COVID oblige. A ma remarque de faire appel à du crowdfunding, je sens immédiatement le regard désapprobateur du leader de meute, pas encore prêt à ce genre de compromis.

Pas de doute c’est le même sang qui circule dans ses veines. Et gare à ceux qui lui mettront des bâtons dans les roues. Tu peux dormir tranquille Dizzy. Le jeune loup poursuit sa route.
Le loup errant veille sur lui, quelque part, là-haut.


Didier – décembre 2025
Le loup errant a dans son sang une haine meurtrière.
Les poings serrés, il n’a plus qu’une idée, partir en guerre…

2 Commentaires

6 J'aime

Partager
samolice - 22 Décembre 2025:

Merci copain pour la chro et l'hommage à Didier Izard et son fils. Je découvre l'album via YT et le morceau qui m'a plu immédiatement, c'est "Rock n roll" avec son côté Saxon de ouf. Imagine Biff là dessus!

largod - 25 Décembre 2025:

Merci Olivier, 

S'il doit en rester un....

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire

Autres productions de Existance