When Echoes Fade

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13/20
Nom du groupe Dreams In Fragments
Nom de l'album When Echoes Fade
Type Album
Date de parution 30 Avril 2021
Style MusicalMetal Symphonique
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Hey You
 04:27
2.
 Nightmare
 04:32
3.
 Rage and Fire
 03:44
4.
 By the Sea Forever
 04:11
5.
 Bulletproof
 04:22
6.
 To Avalon
 04:57
7.
 She's the Fall
 04:48
8.
 The Queen's Crown
 04:27
9.
 We Shout Again
 04:15
10.
 The Mind's Abyss
 04:38
11.
 Showgirl
 05:10
12.
 Own the Night
 03:59

Durée totale : 53:30

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Dreams In Fragments


Chronique @ ericb4

05 Mai 2021

Une houleuse et aspirante seconde vague...

Message a été reçu par le quartet suisse de revenir sans tarder dans la course suite à la réalisation de son premier album studio, « Reflections of a Nightmare » ; un délectable effort aux échos favorables, lui ayant largement ouvert les portes de la scène locale et européenne en 2019 (Met-Bar, Lenzbourg (Suisse), Chillout, Boswil (Suisse)...) et 2020 (Kopf und Kragen, Fürth (Allemagne)). Fort de l'élargissement de sa fan base, le combo helvétique entra prestement dans les studios et, aux fins d'un travail de longue haleine et des plus minutieux, nous octroie dès lors son second opus dénommé « When Echoes Fade », une rondelle généreuse de ses 53 minutes signée, cette fois, chez le jeune label allemand Boersma Records. Cette fraîche offrande serait-elle de nature à propulser désormais nos quatre acolytes parmi les valeurs montantes du si couru espace metal symphonique à chant féminin ?

Dans ce dessein, le groupe a subi un remaniement partiel de son line-up originel. A bord du navire, nous accueillent dorénavant : la chanteuse Seraina Schöpfer (Green Labyrinth, ex-Forge (live)), le guitariste/orchestrateur et vocaliste Christian Geissmann (Majesty Of Silence, Proxima), le bassiste Jan Thomas (Elcano, Rainforce (live), ex-Pÿlon) et Roger Häfliger (Proxima), en remplacement de Franc Fritschi (Forge), derrière les fûts. Avec la participation, pour l'occasion, de la chanteuse Barbara Brawand (Wazzara, ex-Caladmor) en qualité de vocaliste/choriste. De cette étroite collaboration émane une œuvre aussi tonique, organique et intrigante que romanesque, où de forts contrastes atmosphériques, rythmiques et oratoires se font sentir.

Ce faisant, le présent méfait nous baigne dans un univers rock'n'metal mélodico-symphonique gothique doublé d'une touche metal moderne et électro. Aussi, effeuille-t-on un opus aux lignes mélodiques un poil plus efficaces et surtout moins obscures que celles de son prédécesseur. C'est dire que l'ombre de Nightwish (première période), Xandria (première mouture), Delain ou encore d'Autumn planerait davantage que celle de Draconian ou Tristania, même si ces derniers imprègnent encore l'une ou l'autre des portées de ce propos. A l'instar de son devancier, en dépit d'arrangements de bon aloi, on regrettera un persistant sous-mixage des lignes de chant doublé d'un cruel manque de profondeur de champ acoustique. Mais entrons plutôt dans la cale de l'embarcation en quête de pépites profondément enfouies...


C'est sur ses passages les plus offensifs que la formation helvétique marque ses premiers points, avec d'inédites sonorités essaimées çà et là sur notre chemin. Ainsi, le chevaleresque et ''nightwishien'' mid/up tempo « Hey You » délivre un refrain certes convenu mais immersif à souhait et mis en exergue par les délicates volutes de la sirène, même si les ombrageuses patines de son acolyte ne s'imposaient pas. Dans cette mouvance, on ne saurait davantage éluder ni l'infiltrant cheminement d'harmoniques dont se pare « By the Sea Forever » ni la radieuse sente mélodique imprégnant « To Avalon », de tubesques efforts metal moderne et symphonisants au prégnant riffing, à la confluence de Xandria et de Metalite. Enfin, c'est sur les dancefloors que nous propulse « Own the Night », un entraînant effort électro gothique doté d'une énergie aisément communicative, hélas desservi par une palote et répétitive sente mélodique.

Lorsque le propos se fait moins immédiatement lisible, plusieurs lectures pouvant alors s'avérer nécessaires préalablement à son éventuelle assimilation, la magie n'opérera pas moins. Ce qu'atteste, tout d'abord, « We Shout Again », ''xandrien'' mid/up tempo aux franches accélérations et doté de choeurs samplés du plus bel effet, le brûlot feignant de nous égarer de son enserrant cheminement mélodique pour mieux nous retenir. Tout aussi éruptif et plus organique, mais un tantinet plus complexe et empreint de quelques linéarités mélodiques, « Bulletproof », lui, n'a de cesse de nous asséner ses saignants coups d'olive parallèlement à sa frondeuse et intarissable rythmique. Et la sauce prend, in fine. Plus déconcertant eu égard à ses inaltérables variations rythmiques et à ses couplets un proie à quelques platitudes, l'enfiévré « Showgirl » ne dissémine pas moins un entêtant refrain ainsi que des enchaînements intra piste finement esquissés.

Dans cette dynamique, et comme pour nous faire renouer avec les premières amours de la troupe, le message musical nous fait également flirter avec de plus sombres rivages. Aussi, dans le sillage de Tristania, le tortueux et énigmatique « Rage and Fire » insuffle une touche dark gothique à son propos metal symphonique, générant alors un subreptice et inaltérable headbang. Plus intrigant encore, à la jonction entre Draconian et Amaranthe, l'up tempo « The Mind's Abyss » fait judicieusement cohabiter de souriantes et organiques sonorités avec un climat empreint de noirceur et des plus anxiogènes ; un heureux trait d'union entre passé et présent et calé sur le schéma oratoire de la Belle et la Bête, apte à nous glacer les sangs tout en nous poussant à réitérer l'expérience.

Quand les coups de boutoir se font moins incisifs, nos compères trouvent là encore quelques clés pour nous retenir jusqu'au terme de chacun de ces parcours. Ce qu'illustrent, d'une part, « Nightmare » et « The Queen's Crown », deux mid tempi symphonique gothique aux riffs crayeux, à mi-chemin entre Angtoria et Autumn. Délivrant des couplets bien customisés sur lesquels se greffent les chatoyantes inflexions de la belle, dont les médiums s'apparenteraient à ceux de Sarah Jezebel Deva, recelant en prime d'insoupçonnées montées en puissance du corps orchestral, ces deux troublants manifestes aspireront sans ambages le tympan du chaland. Dans cette lignée, on n'esquivera pas plus « She's the Fall », un seyant mid tempo syncopé à l'enchanteur refrain, délivrant d'insoupçonnées et magnétiques variations atmosphériques et octroyant de délicats arpèges au piano sur fond d'ondoyantes nappes synthétiques.


Résultat des courses : ce second opus s'avère aussi aérien et impulsif qu'énigmatique, le quartet suisse ayant aujourd'hui opté pour un rock'n'metal symphonique volontiers plus moderne qu'empreint d'une touche dark gothique pour tenter d'essaimer ses vibes ; une prise de risque soldée par un set de compositions plus accessibles, organiques et un tantinet moins obscures qu'hier. Diversifiée sur les plans atmosphérique, rythmique et vocal, et témoignant d'une technicité instrumentale de bon aloi, cette offrande se voit cependant desservie par une ingénierie du son en proie à quelques irrégularités, et certains exercices de style, pourtant requis dans ce registre, manquent à l'appel (ballades, fresques, instrumentaux...). Par ailleurs, si l'empreinte vocale de la frontwoman demeure agréable, elle peine à s'imposer au sein d'une orchestration tendant à l'aspirer, et ce, sur la plupart des 12 pistes de la rondelle. Aussi, si le rang de valeur montante de cet espace metal ne peut, pour l'heure, lui être attribué, à l'aune de cette houleuse et aspirante seconde vague, le combo helvétique peut néanmoins, et sans complexe, concourir parmi ses sérieux espoirs. Affaire à suivre...

Note : 13,5/20

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