Si l'aspect rugueux du Heavy
Power Metal très germanique, aux relents Thrash très marqués de surcroit, des Allemands de
Stormhammer sera toujours aussi présent sur son nouvel opus, ce
Welcome to the End publié en cette année 2017 par
Massacre Records, et ce notamment grâce à la voix particulièrement âpre de ce chanteur et à ces guitares très acerbes, il sera désormais un peu (et je me permets d'insister sur le "un peu") moins directement imputable au legs des
Blind Guardian et autres
Persuader, donnant, de fait, un peu plus de caractère propre au travail de ce groupe. Nul ne s'en plaindra. Tout comme personne ne le fera en découvrant que ce disque fait l'impasse complète, ou presque, sur les ballades, qui, soit dit en passant, avaient passablement mutilé le précédent effort du quintet. Un quintet qui fait également l'impasse sur ces intros instrumentales interminables qui débutent généralement ce genre de démonstrations en nous offrant un premier titre, The Beginning of the
End, assez court. Là encore tant mieux.
Northman et Soul Temptation, deux titres pourvus d'un final aux voix un peu plus extrêmes très intéressant,
Welcome to the End, The
Heritage sur lequel on pourra retrouver Natalie Pereira Dos Santos (ex-
Envinya, The
Boris, Karloff
Syndrome), les vifs Secret et
Road to
Heaven ou encore My
Dark Side et Into the
Persuader aux faux airs de ballades, sont autant de morceaux qu'on parcourt avec un certain plaisir (pour ne pas dire "avec un plaisir certain"). Tout comme d'ailleurs ce
Spirit of the
Persuader dont certains passages ne seront pas sans nous évoquer
Rage et dont les parties pourvues de ces chants plus acres seront, une fois encore, splendides. Sur Black
Dragon, les éructations de Jürgen Dachl seront même si radicales qu'on ne pourra s'empêcher d'y entendre les stigmates d'un Chris Boltendahl (
Grave Digger) en une version médium/basse vraiment attachante.
Malheureusement, un peu comme avec ce
Echoes of a Lost Paradise sorti en 2015, l'auditeur aguerri ne pourra se laisser complètement séduire par un chemin dont il aura déjà tant parcouru les tronçons les plus connus, et dont il connait parfaitement la destination finale. Il ne parviendra donc pas à s'enthousiasmer pleinement pour cet opus au goût de "déjà entendu" assez prononcé. Une certaine lassitude viendra même l'étreindre dans les méandres les plus convenus de ce disque. Une lassitude que la durée de ce manifeste, 14 morceaux pour une fresque de plus d'une heure, conjugué à l'incapacité de ces Munichois à suffisamment nuancer son propos sur la longueur, donnant à l'ensemble un côté répétitif, ne fera qu'accroître.
Une fois encore
Stormhammer nous propose un album pas inintéressant mais dont le classicisme ne satisfera pas tout le monde et dont la linéarité induite par les moments les plus traditionnels reste problématique. Tout comme, d'ailleurs, la longueur d'une œuvre qui est un cadeau que, personnellement, je trouve empoisonné tant elle dilue l'intensité et ajoute encore plus de linéarité à la linéarité déjà bien assez embarrassante de cet opus. En d'autres termes, avec ces Munichois, plus c'est long moins c'est bon.
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