Après de nombreuses années de silence,
Lillian Axe est enfin de retour avec une nouvelle galette dénommée « Water rising ». Le dernier véritable album studio, le fantastique «
Psychoschizophrenia », véritable masterpiece, a déjà 14 ans ! Depuis, le groupe nous a seulement servi du réchauffé avec le très mitigé « Fields of yesturday », constitué seulement de chutes studios non utilisées suivi du double live («
Live 2002 »), bon album, certes, mais sans chair fraîche ! Aujourd'hui, les fans ont faim et «Water rising » ne va pas faire un pli !
Lillian Axe fait parti de ces vieux groupes qui se distinguent dés les premières secondes par leur son et leurs mélodies particulières, reconnaissables entre 1000. Jusque là, le guitariste (Stevie
Blaze) et le chanteur (Ron Taylor) vivaient une parfaite symbiose et s'occupaient de tout en plaçant, involontairement, cela va sans dire, les autres membres au triste rôle de figurants.
Le
Hard US délivré par
Lillian Axe n'a fait que monter en puissance depuis leur 1er album éponyme sortie en 1998 et le binôme
Blaze/Taylor s'est taillé un nom à grand coup de mélodies assassines. Il était alors impossible de les imaginer l'un sans l'autre. Et pourtant ... « Water rising » est l'album marquant la rupture inimaginable. Stevie
Blaze se retrouve désormais le seul membre originel.
Mais comment subsister sans Ron Taylor ? Le chanteur est l'âme, la signature d'un groupe. Les plus grands qui ont eu à se séparer de leur frontman après plusieurs années de camaraderies ont tous dû faire marche arrière pour finalement retravailler ensemble (MAIDEN, les CRÜE et PRIEST, ...). La seule solution envisageable était éventuellement de trouver un autre Roy... Et c'est chose faîte ! Stevie a réalisé un coup de maître en dénichant Derrick Lefevre : cet homme là possède une voix tellement similaire à celle de Ron qu'à la première écoute de « Water rising » j'ai été bluffé et aurais juré dur comme fer que Ron Taylor était toujours en place ! Dans ces conditions, l'affaire peut-être viable.
Dés les premières secondes d’écoute, une chose est sûre et certaine : c'est bien du
Lillian Axe, aucun doute à avoir ! « Water rising » possède toutes les caractéristiques nécessaires et indispensables pour répondre à la charte auditive du combo : mélodies enivrantes, guitares acoustiques omniprésentes, riffs puissants, parties instrumentales travaillées, …
Pourtant, si une chose change radicalement c’est l’ambiance générale : auparavant, les titres étaient entraînants et laissaient échapper un petit quelque chose de glamour ; ce coup-ci, le ton est plus sombre, plus noir, ce qui se traduit par des rythmiques plus lentes et plus lourdes. Si certains morceaux restent très classiques pour le groupe, d’autres sont plus innovants et renforce ce nouveau visage à l'instar de l'introduction et du couplet de « Become a monster » qui n'auraient pas dépareillé dans un album d'ALICE IN CHAINS, de son break qui rappelle KING DIAMOND ou encore du titre « Deep in the black » où Derrick se charge de poser un contexte angoissant. Les titres surprises sont aussi au rendez-vous avec notamment la pseudo ballade « I have to die, goodbye » qui prend toute son ampleur à l'arrivée de la partie électrique mais aussi « Fields of yesturday » et « Deep in the black », 2 titres « longue durée » où les breaks sont légions. Mais toutes ces chansons ont un point commun : elles possèdent la fibre et la personnalité de
Lillian Axe. A noter que ces compositions, musicalement riches et mûres, s'apprécient de plus en plus au fil des écoutes.
Derrick Lefevre s'impose comme frontman officiel et marque par sa différence : s'il se confond avec Ron Taylor sur la plupart des couplets, la différence apparaît nettement lors des refrains pêchus avec un timbre plus agressif et plus radical que celui de Ron. Les titres plus sombres profitent et mettent en valeur les nouvelles opportunités offertes par les compétences de Derrick. L'auditeur n'est aucunement déstabiliser et n'a pas à s'adapter à une nouvelle voix, ce qui est vraiment un plus ! Stevie
Blaze a toujours le touch’ de l'époque et continue à exécuter des solos magnifiques, quelquefois surprenants, tout en privilégiant la mélodie à la technique. Le son est extrêmement travaillé et adapté à l’ambiance du titre. Tous les passages musicaux sont superbes, un vrai plaisir pour les cages à miel ! Un bémol néanmoins pour « 5 », l'instrumentale, qui n'apporte pas vraiment grand chose. A noter le jeu de batterie discret mais hyper efficace de Ken Koudelka.
Le point noir de l'album, car il y'en a un, est le fatidique « déjà vu et déjà entendu ». Si cet album regorge de nouveautés (nouveau line-up, nouvelles ambiances), il faut quand même signaler que certaines mélodies donnent l'impression d'avoir déjà été exploitées sur les albums précédents et on retrouve un petit quelque chose de «
Ghost of winter » par-ci, un petit truc de « To live is to die » par là … Mais vu le style très personnel du groupe et Stevie
Blaze étant toujours le principal compositeur, ce n'est pas vraiment étonnant.
Les papys font de la résistance et ils ont bien raison ! Ils n'ont pas dit leur dernier mot comme en témoigne « Water rising ». Même si ce n'est pas un sans faute et que certaines mélodies ne font pas vraiment « première main », cet album renferme d'excellents titres et confirme l'excellente santé de
Lillian Axe. Un album de bonne augure qui laisse présager plein de bonnes choses pour le futur.
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