Après un Naxzul
Rising pourtant fort réussi, des dissensions se font sentir au sein de
Ravager et suite à des divergences musicales, le groupe est dissout. Cependant Oscar Garcia et Antino Buannano n’en reste pas là, bien décidé à continuer a faire du Death / Black sans pitié, ils recrutent le guitariste Eduardo Guevara (
Blood Reaping) et c’est ainsi que des cendres de
Ravager, naquit
Hacavitz et son premier album
Venganza (2005).
Musicalement on est assez proche de ce que pratiquait
Ravager, un Death satanique, extrêmement véloce, et à la maîtrise instrumentale remarquable. Cependant le duo Buannano, Garcia ne se contente pas de faire de la repompe de leur ancien groupe, l’imagerie a d’ailleurs changé, les mexicains ont décidé de se pencher sur leurs ancêtres et apportent une bonne dose de mythologie aztèque dans leur paroles, alternant d’ailleurs le chant en anglais, mexicain et même aztèque. L’intro de l’album fait d’ailleurs penser à une invocation rituelle que ne renieraient pas les Olmèques des mystérieuses citées d’or…
Comme de bien entendu le premier riff de Nightwinds scotche au mur et on se retrouve directement en pleine tornade Death / Black / Thrash sans temps mort : c’est précis et ça enchaîne dans un style entre old
Morbid Angel et
Impiety, le côté Black est en effet plus prononcé que sur
Ravager, tant par le son de guitare crasseux et agressif que par le chant haineux de Antino. Les mexicains ont quelque peu épuré leur style, et si les accélérations sont toujours aussi redoutables, comme sur Tsita Ndâte à l’atmosphère rendue particulière par ces paroles dans cette langue ancienne, les plans sont légèrement moins complexes que sur Naxzul
Rising, privilégiant encore plus le côté direct. Fathom Thee Eerie est d’ailleurs la meilleure preuve d’une démonstration d’efficacité avec la batterie d’Oscar ne marquant absolument aucun temps mort si ce n’est pour des breaks d’une seconde et repartir de plus bel derrière.
Les titres sont entrecoupés de samples maléfiques maintenant l’auditeur dans le rituel et le forçant à suivre le massacre… Le long titre
Old Rancor est l’une des rares pièces avec Mixtla Miquitli où
Hacavitz daigne ralentir un peu le tempo et utiliser quelques chants incantatoires du meilleur effet, telle une partie stylé
Nile, mais plus « tacos » que « momie ». Le reste n’est que folie furieuse et dévastation, déblatérant paroles et riffs le plus violemment possible, notamment sur un
Venganza portant bien son titre,
Hacavitz semble obsédé par la brutalité comme sur un certain Black Force
Domain (
Krisiun) en son temps. Ce mélange très belliqueux de Black et Death n’est pas sans rappeler des références comme
Impiety ou
Angel Corpse, de plus la production sèche signée Carlos Padilla renforce la sensation d’agression sonore.
Malheureusement n’étant plus sur
Osmose comme au temps de
Ravager,
Hacavitz n’est pas distribué à la hauteur de son talent musicale par
Moribund Records, ne pouvant ainsi prétendre faire de l’ombre à
Origin,
Nile ou
Hate Eternal. Un album aussi dévastateur que
Venganza aurait mérité une distribution à plus grande échelle : dommage.
Il n’est pas trop tard pour se procurer cette pépite disponible chez
Osmose ou Season Of
Mist entre autres, à vous de voir…
BG
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