V - Oceans

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Nom du groupe Slow (BEL)
Nom de l'album V - Oceans
Type Album
Date de parution 2017
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1. Aurore 10:14
2. Ténèbres 10:14
3. Déluge 13:33
4. Néant 10:32
5. Mort 10:40
Total playing time 55:13

Chronique @ Icare

18 Fevrier 2018

Un monolithe de 55 minutes bouillonnant de puissance et d’émotions, soit le parfait album de funeral doom atmosphérique

Décidément, Déhà est partout. Tête pensante ou simple membre d’une pléthore de combos de metal à dominante black ou doom, l’artiste est on ne peut plus prolifique, et est à l’origine de bon nombre des meilleures sorties du genre qui voient le jour dans la région s’étendant de Lille à Mons. Effectivement, les combos formés autour du frontman à la musique desquels j’ai eu la curiosité de jeter une oreille jusqu’à présent sont tous au moins très bons quand ils ne frôlent pas l’excellence (We All Die Laughing, Merda Mundi, Imber Luminis, COAG…) et ce n’est pas Slow, dont il est question ici, qui me fera mentir.
One-man-band de doom funéraire fondé en 2007 et incarné par notre Belge hyperactif, Silence Lives Out/over Whirlpool a déjà sorti quatre albums sur différents petits labels, et a logiquement tapé dans l'oreille de Code666, qui ressort son petit dernier initialement sorti fin 2017, Oceans, concept album sur l'océan coécrit avec Lore B à la superbe pochette très évocatrice.

L’album s’ouvre sur un titre particulièrement mélodique, Aurore, dont la profondeur des ambiances nous happe d’entrée de jeu. Les claviers tissent une atmosphère à la fois triste et solennelle à l’intensité touchante, introduction tout en douceur et en émotion, avant que n’apparaissent les premières notes de guitares avec cet arpège brumeux et mélancolique. Puis le titre à proprement parler se met paresseusement en branle, avec ce rythme typique du style, extrêmement lent et pesant, rehaussé de claviers à la beauté glaciale et plaintive, de ce mur de guitares puissant, lourd, cruel et implacable, et de cette voix grondante et abyssale qui nous emplit d’un profond sentiment de désespoir…
Avec Oceans, le cahier des charges du parfait album de funeral doom est entièrement rempli, sauf que le Belge privilégie la beauté, la mélancolie et la majesté aux sentiments de misanthropie, de claustrophobi, et d’insanité habituellement dispensés par les maîtres du genre. Un peu à l’instar d’un Shape of Despair, Slow se fend d’une musique très aérienne et poignante qui élève l’âme plutôt que de chercher à l’enterrer six pieds sous terre.

Les morceaux s’enchaînent comme une seule et unique piste de 55 minutes grâce à un habile effet de fondu des guitares : tout juste peut-on deviner qu’un nouveau morceau commence grâce à quelques notes de piano traînantes, un arpège funèbre ou une narration grave et désespérée, avant que le grondement de la six-cordes ne vienne à nouveau nous rugir aux oreilles, rythmé par ces quelques coups de batterie espacés et vibrants de lourdeur et de puissance.
Le superbe Déluge aux notes de piano grondantes et aux choeurs évanescents, nous possède et nous attire vers un au-delà béat, avant que le poids terrible des guitares et la frappe lourde de la batterie ne s’abattent sur notre tête et ne nous ramènent brutalement à la triste réalité terrestre, comme cette immense vague longtemps suspendue dans les airs dont le fracas aqueux aussi beau que terrifiant emporte tout sur son passage. Le titre prend une dimension presque symphonique grâce à ces claviers et ces arrangements à la majesté épique bouleversante, et le contraste avec les grognements caverneux de Déhà qui se doublent de plaintes déchirantes ainsi que le chant morbide des guitares nous chavire dans un tourbillon d’émotions à l’intensité dramatique extrême, renforcée par ce blast de fin de morceau. Un chef-d’œuvre du genre, tout simplement.

Certes Déhà n’innove pas – est-ce encore seulement possible dans ce style ? – mais les titres, loin d’être figés, évoluent subtilement, se densifient et libèrent progressivement une myriade d’harmonies incroyables. Au fur et à mesure que les longues minutes des morceaux défilent, le riff central devient plus plein, se chargeant de ces interventions lumineuses de guitares et de claviers qui tissent toujours en toile de fond un canevas de mélodies ensorcelantes d’une pureté incroyable, guidant tranquillement et inéluctablement l’auditeur vers la Mort, titre final aux mélodies de clavier saisissantes et d’un autre monde.

Pour résumer, Oceans est un album musicalement simple et touchant à l’intensité incroyable, un monolithe de 55 minutes bouillonnant de puissance et d’émotions, en somme, le parfait album de funeral doom atmosphérique, qui ravira à coup sûr les inconditionnels de Shape of Despair, Mournful Congregation et Skepticism. Montez le volume, fermez les yeux, lâchez prise et laissez-vous sombrer dans ces profondeurs marines enivrantes, il n’a jamais été aussi bon de se noyer…

1 Commentaire

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Hellishade - 20 Juin 2019:

Banal, ennuyeux à mourir, production à la ramasse. Et comparer Slow à Shape of Despair il fallait oser. Non on est à des millénaires de ce que fait Shape of Despair musicalement. Slow n'est pas aussi inspiré, voir pas du tout. On ne retiendra pas grand chose de cet album dans lequel j'ai voulu me plonger, sans succès. La musique est une question de ressenti mais là je comprends pas cette chronique surnotée.

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