VI - Dantalion

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Nom du groupe Slow (BEL)
Nom de l'album VI - Dantalion
Type Album
Date de parution 08 Novembre 2019
Style MusicalDoom Funéraire
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Descente
 04:43
2.
 Lueur
 17:01
3.
 Géhenne
 07:04
4.
 Futilité
 12:55
5.
 Lacune
 08:41
6.
 Incendiaire
 11:50
7.
 Elégie
 16:03

Durée totale : 01:18:17


Chronique @ Icare

01 Décembre 2019

En ce qui me concerne, VI- Dantalion rafle la mention de chef d'oeuvre dans sa catégorie.

Aujourd’hui, le sujet musical qui nous intéresse c’est Slow. Non, on ne va pas parler du quart d’heure américain durant lequel vous frottiez langoureusement votre corps lascif contre celui d’une ado boutonneuse lors de vos premières booms mais d’un groupe belge de funeral doom.
Auparavant incarné par le seul et inépuisable Déhà (encore lui) Silence Lives Out/Over Whirlpool – c’est le nom complet de la formation – est depuis 2017 une entité bicéphale puisque Lore B. est venu prêter main forte au Belge pour esquisser le concept de ces 78 minutes et faire claquer la quatre corde. Voici donc venir VI – Dantalion, sixième volet de Slow depuis sa création en 2007, et deuxième opus sorti chez Code666.

Les choses n’ont pas fondamentalement changé depuis V - Océan, et on retrouve avec plaisir ce doom funéraire atmosphérique aux ambiances si profondes qui nous aspire dans un puits d’émotions brutes et sombres sans fond. Le growl de Déhà est toujours aussi abyssal et effrayant, donnant un écho grondant aux murs de guitare plombées qui nous écrasent de leur pesanteur. Effectivement, vu le style pratiqué, je ne vous apprends probablement rien en vous disant que l’ensemble est lourd, lent et menaçant (Géhenne, d’une noirceur abyssale, avec cette introduction grondante à la basse, l’incroyable Lacune, particulièrement écrasant et tempétueux avec ce riffing gras et saccadé surmonté du growl effroyable de Déhà et de ces orchestrations de cordes vibrantes), néanmoins, il se dégage de la musique de Slow une certaine beauté, cette sérénité fataliste que l’on trouve dans la résignation la plus totale, l’apaisement et l’ataraxie de celui qui sait que tout est fini et n’essaye plus de lutter (Lueur). Car si beaucoup de groupes funéraires essayent d’engluer l’auditeur dans des sentiments extrêmes et négatifs, l’empêtrant dans cette lenteur insoutenable jusqu’à l’asphyxie, il se dégage de ces sept pistes une certaine grandiloquence, une noblesse impérieuse qui nous domine, nous élève et nous purifie l’âme même si clairement, l’ensemble ne respire pas la joie.

Sans être virtuose, le duo est loin d’être aussi minimaliste que la plupart des groupes du genre, sachant ménager d’intelligents breaks et varier les passages et les humeurs au sein de longs morceaux extrêmement compacts mais jamais vraiment répétitifs, et même si les codes du style sont parfaitement respectés, on a tout de même une musicalité poignante qui se dégage de l’ensemble de ces 78 minutes, une sorte de fragrance rêveuse et presque romantique. Ici, les claviers jouent un rôle essentiel, pas pour tisser des lignes mélodiques en premier plan mais pour renforcer subtilement ces ambiances et leur conférer une teinte dramatique parfois presque symphonique, et le travail sur les ambiances est proprement remarquable (on pense tantôt à Abyssic tantôt à Shape of Despair sur certains passages). Le piano s’illustre également sur certains passages, poignant de tristesse et de mélancolie (le long break central de Futilité, l’introduction ainsi que la fin de Lacune), moments de grâce qui nous suspendent dans un monde immatériel loin de la lourdeur extrême du doom avant que ne reprenne la valse morbide des guitares. S’il est clair que Slow ne risque pas l’amende pour excès de vitesse, l’ensemble est tout de même plus rythmé que bon nombre de formations de funeral, et même les morceaux les plus longs n’ennuient pas (le superbe Lueur avec ses 17,01 minutes, Futilité, aux magnifiques mélodies de guitare dépressives, 12,55 minutes au compteur), étant construits autour d’une progression subtile et constante tant musicale qu’émotionnelle. Elégie est quant à lui une conclusion entièrement acoustique de plus de 16 minutes, égrainant une douce mélancolie à la guitare, au clavier et au piano, et peignant des passages cinématographiques vibrants, admirable pièce toute en retenue et en sensibilité histoire de terminer sur une note d’apaisement.

Bref, vous l’aurez compris, Slow continue sur sa lancée et signe une fois de plus un excellent album, profond, intense, habité et vibrant d’une émotion frissonnante. Il est évident que ceux qui n’appréciaient pas le groupe sur ses précédentes réalisations ne risquent pas de changer d’avis, car on reste sensiblement dans le même univers, mais les amateurs de funeral doom atmosphérique et sensible et de musique grave, superbe et grandiloquente qui murmure directement à notre âme peuvent se précipiter sur ce VI- Dantalion les yeux fermés qui en ce qui me concerne rafle la mention de chef doeuvre dans sa catégorie. Si d’après la tradition goétique, Dantalion est le duc des Enfers, avec une musique pareille, je veux bien être damné sur l’heure…

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