Quelque six années suite à son si friable premier album studio, «
Between the Shadows », le combo mexicain revient enfin des les rangs avec, sous le bras, un second effort de même acabit, intitulé «
Urbi et Orbi » ; une galette de huit pistes dispatchées sur une bande auditive de 41 minutes. Ce nouvel arrivage pourra-t-il nous faire oublier les carences mélodiques et logistiques dont pouvait avoir à souffrir son aîné ? Quels seraient alors ses arguments pour permettre au collectif latino-américain de sortir de l'ombre, et espérer aujourd'hui tenir la dragée haute à ses si nombreux concurrents ? A l'image de ses compatriotes de
Fortaleza, Melphomene,
Nostra Morte,
Tetriconia ou encore
Anabantha, sera-t-il en mesure d'essaimer ses riffs dans l'espace metal symphonique sud-américain, voire à l'international ?
Dans ce dessein, la chanteuse et claviériste Emi Alamy et ses quatre acolytes continuent d'oeuvrer dans un metal mélodico-symphonique gothique et progressif à la touche latina, et ce, dans la lignée de
Nightwish,
Anabantha,
Xandria et
Diabulus In Musica. Aussi, parcourt-on propos à la fois impulsif, énigmatique romanesque, et bénéficiant, contrairement à son prédécesseur, d'un mixage équilibré entre lignes de chant et instrumentation. Si un effort a été consenti quant à l'enregistrement et aux arrangements orchestraux de la rondelle, un manque de profondeur de champ acoustique continue toutefois de se faire sentir. Embarquons sans plus attendre à bord du navire pour une traversée, espérons-le, des plus sécurisantes, cette fois...
Comme souvent dans ce registre, le rideau s'ouvre sur un instrumental d'obédience cinématique. Ainsi, «
Urbi et Orbi » se pose tel une substantielle entame instrumentale aux arrangements ''nightwishiens'' et progressivement choralisée, digne d'un générique d'une grande production hollywoodienne, dont la persistante linéarité de la sente mélodique la rend cependant perméable à la désaffection du chaland. Mais il ne s'agit-là que d'une modeste mise en bouche.
Quand le convoi instrumental maintient une vive cadence, en dépit de quelques moments de bravoure, nos acolytes parviennent malaisément à nous retenir plus que de raison. Ainsi, bien que recelant de toniques coups de boutoir, l'épique «
Fire Dance » comme le sanguin « Tiempo Kero » peinent à nous embarquer, eu égard à leurs couplets tortueux et à des refrains peu propices au recueil de l'adhésion, car desservis par l'inconsistance des notes en voix de tête de la sirène. Dans une même dynamique, le techniciste instrumental symphonique « Chaos
Dead », quant à lui, impose ses sinueux schèmes d'accords sans jamais trouver un quelconque point d'ancrage mélodique. On passera donc son chemin, cette fois encore.
Lorsqu'elle en vient à nous octroyer d'amples pièces symphonico-progressives, la troupe nous laissera non moins sur notre faim. Ce qu'atteste, d'une part, « Akeronte », ample mid/up tempo jouissant d'arrangements instrumentaux de bonne facture mais manquant de cohérence harmonique, où la belle laisse entrevoir de tenaces faussetés sur un refrain agréable à défaut d'être inoubliable ; et ce ne sont pas les deux fringants soli de guitare délivrés qui, hélas, pourront sauver l'embarcation du naufrage. Un poil plus complexe techniquement et empruntant moult chemins de traverse au risque de nous désarçonner, le mid tempo progressif « Double Edge » ne saurait constituer une arme plus efficace pour happer le tympan. Enfin, si son entame comme sa clôture bénéficient de prégnants accords au piano, mais nous perdant dans nombre d'inextricables méandres technicistes, la fresque « The Last
Creation » ne peinera pas moins à aspirer le pavillon ses quelque sept minutes durant.
Quand les lumières se font plus tamisées, nos compères trouvent néanmoins quelques clés pour nous rallier à leur cause. Ce qu'illustre « I Lied to Me », ballade romantique jusqu'au bout des ongles, sous-tendue par de sensibles gammes pianistiques et une violoneuse assise. Calée sur une sente mélodique des plus enivrantes et recelant une insoupçonnée et grisante montée en régime du corps orchestral à mi-morceau, la tendre aubade aurait les armes requises pour espérer l'emporter, si elle ne se voyait contrariée par les notes en voix de gorge à la tenue approximative dispensées par la frontwoman.
Au final, au vu de ce second set de partitions, rares sont les moments où s'opère l'accroche tant espérée. Variant ses phases rythmiques bien plus que ses atmosphères et ses lignes de chant, et diversifiant ses exercices de style au prix de tenaces irrégularités harmoniques, le propos ne saurait fédérer les fans, toujours plus nombreux, d'un registre metal déjà surinvesti par de jeunes loups aux dents longues. C'est dire que les louables efforts de production pourtant entrepris par le combo mexicain n'auront pas suffi à nous assigner à résidence. Bénéficiant certes d'une technicité instrumentale affermie, mais contrariée à la fois par des mélodies le plus souvent linéarisées et par une empreinte vocale en proie à quelques fausses notes, ce second effort ne pourrait dès lors propulser le collectif parmi les sérieux espoirs de ce registre metal. Bref, un déroutant second opus, marchant sur les traces de son faillible prédécesseur...
Ouch! Je crois que je n'avais jamais vu une note aussi faible! Il ne faut pas demander! Du coup j'ai envie d'écouter cette bizarrerie! Rare sont les plantages mais quand ils sont là...
Je ne sais pas si tu as eu le temps de l'écouter, mais, pour ma part, ce deuxième album ne me semble pas meilleur que le premier, si ce n'est une qualité de production tout de même plus affûtée. Mais des mélodies assez fades, des lignes de chant vraiment perfectibles et des arpèges d'accords pas toujours du meilleur effet ont achevé de me convaincre qu'il fallait passer son chemin, une fois encore. Un sursaut de leur part serait donc urgent s'ils souhaitent pouruivre leur aventure, et ce, dans un registre metal des plus foisonnants, qui ne les a pas attendus.
J'ai eu le temps de l'écouter....pendant 15min! Après j'ai survolé les autres pistes une trentaine de seconde. Je ne sais pas comment tu as fais pour réussir à écouter les 2 albums au complet! Chapeau!
Comme tu le dis, c'est très, mais alors, très très fade, poussif, et la voix de la chanteuse....j'aime pas critiquer mais franchement non!!! Elle n'a pas la voix pour chanter dans ce registre, et qui plus est, ce n'est pas toujours juste et cela rappelle un peu ta chronique de Raxar concernant le chant!
Bref, je ne pense pas qu'ils pourront percer car en plus de la chanteuse et a contrario de Raxar, ils n'ont pas une musique accrocheuse!
En tout cas merci, tu as réussi à me faire perdre patience! Rare sont les bouses mais la!
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