Urban Fantasy

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17/20
Nom du groupe Unseelie
Nom de l'album Urban Fantasy
Type Album
Date de parution 01 Décembre 2014
Enregistré à Studio Zoé H
Style MusicalMetal Gothique
Membres possèdant cet album6

Tracklist

1.
 Strangers
Ecouter 05:23
2.
 Quantify Your Soul
Ecouter 04:23
3.
 The City Feeds on You
Ecouter03:50
4.
 Frontier
Ecouter 05:49
5.
 The White Passenger
Ecouter 04:51
6.
 Hunters' Game
Ecouter05:13
7.
 Of Water and Dreams
Ecouter04:33
8.
  Prometheus' Pain
Ecouter 05:27
9.
  Beauty Is Our Only Saviour
Ecouter07:33

Bonus
10.
 Closer to Apotheosis
Ecouter06:13

Durée totale : 53:15

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Unseelie



Chronique @ ericb4

08 Août 2016

Les prémisses d'une visée ascensionnelle pour le combo francilien...

Près de deux années suite à la sortie de l'initiale et encourageante démo « Unholy Light » (2012), le retour tant espéré du groupe de metal atmosphérique gothique français en studio a bel et bien eu lieu. Période faste au cours de laquelle une activité plurielle, concrétisée par ses premières vidéos, de nombreuses apparitions en radio et en concert (Le Klub, La Cantine, le Zèbre de Belleville, etc.), a permis d'étoffer la palette artistique, de faire mûrir et d'accélérer le process compositionnel du combo francilien. En août 2013 commença alors un intense labeur en studio pour la réalisation optimale d'un concept album, finalement sorti en décembre 2014. Ainsi naquit « Urban Fantasy », album full length de 10 pistes égrainées et parfaitement enchaînées sur un ruban auditif de 53 minutes, doté d'un line up recomposé et d'une jaquette ayant bénéficié d'un artwork octroyant un trait général affiné et une palette graphique aux délicats contrastes, à l'exacte image du contenu de cette nouvelle offrande. Une évolution stylistique et harmonique semble dès lors se dessiner, tout en nous évoquant ici également les univers de Lacuna Coil, Theatre of Tragedy, Xandria, The Gathering, pour ne citer que quelques unes des sources d'influence du valeureux collectif hexagonal.

Premier constat, le présent propos s'oriente davantage vers un metal gothique atmosphérique et progressif que mélodico-symphonique, avec une pointe d'électro en substance. En cela, le groupe franchit déjà une étape tout en se démarquant partiellement à la fois de nombre de ses homologues générationnels et de ses modèles identificatoires stables. De plus, une variété non négligeable de schèmes rythmiques et atmosphériques corrobore chacune des compositions dont les portées ont été passées à la loupe, au même titre que les arrangements, autorisant de fait une immersion souvent immédiate, parfois au prix de plusieurs écoutes attentives. On soulignera itou un soin particulier apporté aux textes des paroles, la plume s'étant affinée au fil du temps. Surtout, la mise en valeur de l'opus a fait l'objet d'une attention de tous les instants, la qualité d'enregistrement étant au rendez-vous de nos attentes, tout comme celle du mixage, équilibrant plus subtilement les parties instrumentales et vocales entre elles. Une certaine profondeur de champ acoustique en émane, permettant de percevoir distinctement chaque instrument mis en joute autant que leur superposition dans le corps orchestral. Cette fois, tant les finitions que les enchaînements intra et inter pistes n'ont souffert d'aucune note résiduelle qui altérerait la restitution sonore de chaque partition. Aussi, montons sans plus attendre dans le navire amiral, levons l'ancre, on est parti...

Là où le combo marque déjà de son sceau son message musical concerne les pistes metal gothique où la progressivité rythmique est de mise, quelque soit le tempo investi, avec de belles réussites à la clé. Sur un mode intimiste, l'orgasmique et visqueuse ballade gothique progressive, « The White Passenger » octroie une jubilatoire liaison entre couplets et refrains, sur fond d'ambiance crépusculaire. Et ce, eu égard à un sillon mélodique original, répondant à un cahier des charges précis et témoignant d'une féconde inspiration. Nourri de sensibles variations, l'instant fragile se mue par moments en vénéneuse créature pour s'achever crescendo, avec l'ultime appel d'une gorgonesque présence venue recueillir, in fine, sa douce moitié. Mais ce n'est là qu'un hors d'oeuvre. Jouant sur les variations atmosphériques et flirtant avec de célestes espaces acoustiques, non sans rappeler Angelzoom conjointement à l'empreinte harmonique de lacuna Coil, « Beauty Is Our Only Saviour » officie dans le registre des fresques gothiques progressives. Déjouant les pièges habituels de ce type d'exercice, une heureuse cohabitation entre la prégnante assise orchestrale et les angéliques inflexions de la princesse se fait jour, nous poussant à poursuivre jusqu'à son terme la traversée de la majestueuse et chatoyante plage. Enfin, le gracieux mid tempo progressif d'obédience atmosphérique gothique « Quantify Your Soul », à la manière de Tristania, nous mène en des contrées peuplées de chimères, animées d'une douce torpeur, suivant un tracé mélodique peu convenu mais qui s'apprivoise au fil des écoutes, le temps d'en saisir toutes les subtilités harmoniques. En outre, on appréciera les déambulations oratoires haut perchées de la douce.

Le collectif a également misé sur les effets de contrastes pour livrer quelques passages bien sentis, dans des registres atmosphériques alternatifs. Ainsi, de frissonnantes nappes synthétiques nous accueillent sur l'imposant et intrigant low tempo « Strangers », titre metal gothique à la patte électro, aux riffs roulants et calé sur un cheminement harmonique tout en nuances, non sans rappeler Forever Slave, avec une pointe de Lacuna Coil en matière d'accords. On ne pourra passer outre les contrastes atmosphériques, les arctiques volutes organiques étant mises en regard aux magmatiques attaques d'une rougeoyante section rythmique, et vocaux, les claires et rayonnantes patines de la sirène venant à la rencontre de growls caverneux et coupants de son comparse. L'accroche opère sans encombres sur le refrain, sur ce passage d'une troublante profondeur d'âme. Dans une tout autre énergie, l'entraînant et contrasté « The City Feeds on You » déploie un riffing corrosif drapé d'un soyeux champ synthétique parsemé de quelques fines gouttelettes en suspension, tout en suivant une trame rythmique resserrée. Avec de faux airs de Sharon den Adel (Within Temptation), la déesse câline le tympan, assurant également de délectables montées en puissance, enjolivant de fait les subtils couplets et plus encore les immersifs refrains. Un grisant instant qui laissera assurément quelques traces dans les esprits de ceux qui auront plongé dans ce bain orchestral aux doux remous.
Pour sa part, l'invitant « Hunters' Game » distille ses riffs émoussés étreignant une rythmique tour à tour enjouée et aspirante, dans le sillage de Lacuna Coil. On ne restera pas bien longtemps sans esquisser un headbang à peine voilé sur ce flamboyant titre électro gothique de bonne facture harmonique. Les effets de surprise et les appels d'air intronisés par des breaks opportuns assurent à cet enivrant ballet un supplément d'âme. Les impulsions de la déesse oscillant entre puissance sciemment dosée et évanescence contrôlée complètent un tableau instrumentalement déjà richement orné, sans inconvenante ostentation. Enfin, comment ne pas être pris en étau dans la dernière tourmente ? De sémillants clapotis organiques introduisent « Prometheus' Pain », pénétrant mid tempo électro-gothique, à la rythmique un poil syncopée. Si les couplets s'avèrent un tantinet linéaires, les refrains, en revanche, réservent de confondants instants de félicité, dans le sillage conjoint de Xandria et de The Gathering, avec une touche d'Amaranthe. L'empreinte vocale de la jeune diva, de son côté, va taquiner des séries de notes aiguës et d'une tenue exemplaire. Suite à un petit break à mi-morceau, on ne restera pas de marbre face à la reprise sur la crête du refrain, époustouflante de brio.

Comme il nous en avait déjà donné un mémorable avant-goût dans son précédent effort, le groupe nous immerge dans une mer limpide aux graciles clapotis, synonyme de sérénité absolue de l'âme. Particulièrement à son aise dans le secteur des espaces rythmiques incitatifs à la zénitude, il n'a donc pas failli à la tâche. D'une part, de sensibles arpèges au piano entament « Frontier », engageante et élégante ballade dans la veine d'un Within Temptation des premiers émois. D'un battement de cils, l'envoûtante et voluptueuse pièce ne tarde pas à décocher sa première flèche pour nous toucher en plein cœur, tant les jeux d'accords s'avèrent aussi lumineux qu'efficaces, répondant point pour point à chacune des portées effilées et magnétiques du lévitant instant. De plus, la ligne mélodique investie, d'une précision d'orfèvre, ne rate pas sa cible, celle de nos émotions les plus profondément enfouies. Aussi, tenter de résister à cette poétique déferlante serait une bien illusoire entreprise. Autant laisser la magie opérer... D'autre part, les eaux semblent nous envahir de toutes parts sur les abords de « Of Water and Dreams », féérique ballade appelant de ses vœux un vaste et enchanteur monde onirique, qu'on infiltrera volontiers. On déambule sur une sente mélodique peu oscillatoire autour de son axe central mais dont les fines déclinaisons harmoniques seront propices à la totale captation de nos sens. On entre dans un tourbillon de saveurs exquises, mis en habits de lumière tamisée par la touchante interprète, que l'on quitte à regret.

Au final, on (re)découvre une formation qui a beaucoup appris de ses courants d'influence tout en ayant veillé à affirmer sa personnalité artistique et fait évoluer son style, livrant dès lors une sculpturale et complémentariste pièce en actes. Bien habitée et véhiculant une charge émotionnelle d'intensité variable selon la piste engagée, la troupe laisse aussi entrevoir une pointe d'originalité que d'autres pourraient avoir à lui envier. Ce qui se perçoit dans la globalité de la rondelle et notamment sur le morceau bonus. Aussi, le mid tempo « Closer to Apotheosis » aux insoupçonnés changements de rythme, nous mène en des paysages de notes sensibles jusqu'au bout des ongles, offrant quelques sinuosités peu courues, qui en fondent son originalité. Toutefois, on aurait souhaité que le schéma mélodique d'ensemble offre davantage d'ampleur et de luminescence, en évitant une usante répétibilité. Un petit bémol qui ne nous empêchera pas de fouler à nouveau cette terre fertile en arguments artistiques et techniques.
On conseillera donc cette foisonnante proposition aux flux rythmiques bien régulés aux amateurs de metal atmosphérique gothique et mélodique, voire électro ou symphonique, à chant féminin, pour le plaisir de la découverte, et sûrement un peu plus... A l'instar de cette goûteuse galette, selon votre humble serviteur, il se pourrait bien que l'accès aux valeurs montantes de ce registre metal soit de mise pour le combo francilien. Du moins, on ne peut que le leur souhaiter...

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