Nous ayant laissés sur une fausse note à l'instar de leur premier bébé « Demo 2013 », le sextet texan revient à la charge, deux ans plus tard, avec un EP dans ses cartons ; auto-production d'une demi-heure où s'égrainent 7 pistes dynamiques, dans le sillage de
Nightwish (première mouture),
After Forever et
Ancient Bards. Ainsi, Helena "Ena" Guerra (chant), Vicente "VC" Fernandez (batterie), Luis Lopez (guitare), Rob Garza (basse) et les frères Robert et Michael Camacho (guitariste et claviériste respectivement) se sont laissés le temps de peaufiner leurs arrangements, affiner leurs accords, espérant nous rallier plus largement à leur cause.
Et force est de reconnaître qu'en dépit de louables efforts techniques, à l'instar de son aînée, la galette souffre d'un enregistrement laissant filtrer nombre de notes parasites et de peu de profondeur de champ acoustique. De plus, tant le sous-mixage des lignes de chant que les enchaînements inter pistes révèlent quelques failles dans le système. Si la qualité de l'instrumentation est sauvegardée, les prestations de la frontwoman ont-elles suivi un même chemin ? Les variations atmosphériques tant espérées sont-elles au-rendez-vous de nos attentes ? Mais entrons plutôt dans la petite goélette.
C'est tout d'abord dans un registre metal symphonique pur que nous convie le combo, livrant quelques moments avenants alternant avec d'autres bien moins vibrants. Par exemple, l'entraînant mid tempo « Scorned » aux arrangements nightwishiens et aux jolis arpèges au piano, s'il capte le tympan sur les couplets, embraye sur des refrains certes agréables mais loin d'être inoubliables. Premier bémol. Ce ne sont ni les sirupeuses et moles inflexions de la sirène, ni une ingénierie du son flottante, laissant transparaître un flou orchestral ambiant, qui rattraperont l'affaire. Dans cette mouvance s'inscrivent deux brefs instrumentaux sous couvert d'amples nappes synthétiques, dont le cinématique « Tensegrity » à l'atmosphère diluvienne et l'inconsistante entame de l'opus «
Void ». Maigres consolations.
Guère plus infiltrants, bien que propices à un headbang ininterrompu, les quatre pistes power sympho ne pourront prétendre se hisser au niveau des sources d'influence du groupe. Ainsi, dans la dynamique rythmique d'
Ancient Bards, les véloces « Shape of the
Master » et « A
War Above », déjà présents sur la démo, ainsi que « Unraveled » et «
Sacred Heart » se parent d'arrangements nightwishiens bien négociés mais aussi d'un chant lyrique peu maîtrisé, parfois inconsistant, voire noyé au sein d'une dense forêt instrumentale samplée. Ni les inconsistants growls, ni les rampes très convenues au synthé ne relèveront la sauce d'un plat manquant de substrat mélodique, à l'image des deux premiers morceaux. Enfin, les fins soli de guitare, plutôt que de nous émouvoir, tournent généralement à la démonstration stérile. On passera donc, là encore, son chemin.
A l'issue de l'écoute du skeud, dans la lignée de son, déjà discutable, prédécesseur, le spectacle proposé n'apparaît guère plus réjouissant. Malgré les efforts des instrumentistes, livrant de jolis et prégnants soli de guitare et de claviers, des arrangements certes classiques mais bien amenés, la sauce ne prend pas. Manquant de diversité atmosphérique et rythmique, d'aura oratoire, et dispensant une succession de sentes mélodiques affichant peu de modularités, cette rondelle aura peu de chances de séduire un auditorat déjà sensibilisé aux maîtres inspirateurs du combo américain. Dans un climat de forte concurrence, laissant peu de place aux œuvres en demi-teinte, il s'avère salutaire pour nos six acolytes de relever le niveau de leurs exigences en matière de composition, de prestation et de production d'ensemble s'ils souhaitent encore rester dans la course. La balle est désormais dans leur camp...
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