Suite directe des albums The Key et
Paradox, respectivement parus en 1990 et 2019,
Unicursal représente le troisième volet des pérégrinations mystiques du docteur
Magus, un scientifique maléfique doté d’une armure bionique, voyageant dans l’Espace et dans le Temps. Ce personnage né de l’imagination fertile de Mike Browning et devenu la mascotte indissociable de
Nocturnus AD, poursuit ainsi sa quête dans l’Univers, à la recherche des secrets de l’
Arbre de Vie.
La continuité conceptuelle est également musicale, tant
Unicursal reprend les éléments là où
Nocturnus AD les avait laissés sur
Paradox. Articulé autour de Mike Browning, le line-up inchangé s’est attelé à un long processus d’écriture des nouveaux morceaux, se réunissant une fois par semaine en salle de répétition durant ces dernières années, pour bâtir collégialement
Unicursal (qui tire son nom d'un hexagramme ésotérique, soit-dit en passant). L’enregistrement effectué par Jarrett Pritchard, musicien, ingénieur du son et ami de longue date, s’est quant à lui déroulé de façon aussi traditionnelle que les répétitions, Mike Browning jouant préalablement toutes ses parties de batterie en se calant sur ses deux guitaristes, sans clic ni métronome, pour un résultat 100% organique.
A l'exception du chant de Mike Browing un poil plus clair, disons moins altéré, les deathsters ne seront pas surpris, encore moins déçus par
Unicursal, à l’atmosphère toujours aussi mystique. Le style inimitable de
Nocturnus AD, dosage et entremêlement idéaux entre riffs de guitares saturées, nappes de claviers, guitares acoustiques et soli débridés, fait en effet mouche une fois encore.
Particulièrement riche et complexe, ce nouvel effort demande toutefois une multitude d’écoutes avant d’être assimilé, la longueur relative ne facilitant pas les choses, de prime abord. A ce titre, on peut honnêtement se demander si le disque n’aurait pas gagné en concision sans son intro ni son outro, quasiment six minutes supplémentaires qui ajoutent de la longueur sans apporter une profondeur accrue. Dommage également pour les possesseurs de la version vinyle, privés du morceau
Nocturnus Will Rise (maladroitement placé après l’outro), à considérer pourtant comme l'une des perles de l’album, doté d’un riffing et d’accélérations n’ayant rien à envier à l’éclat et à la férocité d’anciens classiques comme
Lake of
Fire ou Standing in
Blood.
Là où les clones de
Morbid Angel,
Suffocation,
Incantation ou
Autopsy ont émergé aux quatre coins du globe, dépassant parfois les maîtres,
Nocturnus AD peut se vanter quant à lui d'être à l'origine d'un deathmetal au style inimitable, aucune œuvre actuelle ne ressemblant véritablement à celles qu’il a créées. La trilogie que le groupe a imaginée jusqu’à présent, et qui comportera peut-être d’autres volets, forme pour l’instant un ensemble musical unique et remarquable.
++ FABIEN.
J'adore The Key, vraiment mais alors, je suis passé complètement à côté de cet album. Je suis resté hermétique à l'écoute et pas eu l'envie d'y revenir. Au vu de ton excelente chronique, je me note de reessayer ça sous peu. Merci !
un album magique à l'ecoute et surtout dans la ligné de "the key" plus plus tard de "the paradox" du death metal comme on ne fait plus
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