Undeceived

Paroles
ajouter une chronique/commentaire
Ajouter un fichier audio
Nom du groupe Extol
Nom de l'album Undeceived
Type Album
Date de parution 2000
Style MusicalMetal Progressif
Membres possèdant cet album22

Tracklist

Tracklist (US, Solid State Records version):
1. Inferno 05:15
2. Undeceived 07:00
3. Time Stands Still 07:40
4. Ember 06:30
5. Meadows of Silence 01:28
6. Shelter 06:16
7. A Structure of Souls 04:13
8. Of Light and Shade 04:47
9. Where Sleep is Rest 03:18
10. Renewal 05:06
11. Abandoned 00:54
12. And I Watch 04:33
Tracklist 2 (Endtime Productions, Century Media, Avalon Record):
1. Undeceived 07:00
2. Inferno 05:15
3. Time Stands Still 07:40
4. Ember 06:30
5. Meadows of Silence 01:28
6. Shelter 06:16
7. A Structure of Souls 04:13
8. Of Light and Shade 04:47
9. Where Sleep is Rest 03:18
10. Renewal 05:06
11. Abandoned 00:54
12. And I Watch 04:33
Bonustracks (2002 reissue)
13. Human Frailtie's Grave 4:34
14. Shaow of Death (Believer cover) 3:38
Total playing time 57:24

Chronique @ JeanEdernDesecrator

24 Juillet 2018

Extol Extra fort, récure tout du sol au plafond

Il fût un temps où le metal chrétien ne m'arrachait que des ricanements condécendents, surtout dans les années 80 où Stryper arborait son total look guêpier- Maya l'abeille . Du hard gentil plein de bons sentiments et de mélodies guillerettes. Le metal chrétien, c'était comme le catch en tutu, ou une partouze d'experts comptables, un mélange contre nature qui n'avait aucune chance de prendre.

Autant vous dire que je ne suis jamais intéressé au metal chrétien, pas plus qu'au hardcore maoiste, qu'au black janséniste, ou au glam transgenre indépendantiste kanak. Le prosélytisme dans la musique a le don de m'énerver, surtout quand il donne lieu en concert a deux minutes de bullshit militant entre chaque morceau.

C'était sans compter ma voisine d'ile déserte , Gertrude, vieille bigote d'origine teutonne, avec qui les joutes sur la religion et tous sujets litigieux me divertissent au plus haut point.
Ce jour-là, il y a de cela quelques années, elle me regardait bizarrement, par dessus ses lorgnons de nonagénaire. Elle finit par poser sur la table une bouteille de liqueur distillée au fin fond de la Ruhr, et un paquet cadeau plat :
"Ach, ch'ai trouvé ce petit prézzent, ch'ai pensé que za pourrait vous plaireu. Bonne musique de hardeu rock afec des paroleu chrétienneus.". Cet accent allemand vous est offert par les saucisses GroßeWürst.

C'était mon anniversaire. Je la remerciai, confus, et déballai un cd. Extol, comme nom, ça sonne comme un produit dégraissant spécial four. La pochette avec son encapuchonné un peu mystique évoque plus un obscur groupe black qu'autre chose.

Une fois rentré chez moi, je mis le cd dans ma chaine haute fidélité de marque japonaise, m'attendant a entendre du simili metal mielleux psalmodiant des textes citant "djiiseusss" a tout bout de champ.

Disons-le tout de suite, "Undeceived" c'est une énorme claque de gros death/thrash progressif et extrêmement agressif. Il n'y a qu'à écouter le chant, associant du strident blackisant et des notes gutturales dans la même voix, qui semble sortir tout droit de la gorge de Belzébuth. Au point qu'on ne peut s'empêcher de vérifier si on a bien mis la bonne galette dans le lecteur.

Extol n'en est pas à son coup d'essai, puisque le groupe norvégien a été fondé en autour des frères Peter et Christer Espervoll, respectivement chanteur et guitariste, en 1993 . Le line up a été remanié avec l'arrivée a la six cordes d'un certain Ole Børud qui sera par la suite l'âme pensante d'Extol, et le groupe avait sorti son premier album en 1998, "Burial". Rempli à raz bord de riffs thrash/death, et malgré une production un peu plate, il était très prometteur et se démarquait de la meute par son coté progressif et un sens certain de la mélodie.
Un Ep avait suivi un an plus tard, "Mesmerized", avec 3 inédits et 3 ... remixes, oui, des remixes, comme l'avait fait Fear Factory dans un autre style.

Depuis son premier Lp, donc, Extol a décidé de tout multiplier par deux. Le style a pris en agressivité avec une dominante death, mais avec plus de mélodies. Extol ose plus de prises de risques avec l'ajout de pianos, violons, ou encore de flûte. La batterie sonne deux fois mieux, les guitares sont bien plus abrasives et définies, et le chant... Mon dieu, le chant de Peter Espervoll... Il semble doublé ou triplé avec différents styles de vocaux, et cela donne un chant hybride blackisant avec une base death. Ca arrache la tête, Extol récure tout du sol au plafond, et tout est mixé de manière agressive et métallique, à la limite de la limite. Un poil plus et ça aurait été strident ou douloureux.
L'album s'ouvre sur l'Entombesque "Undeceived" , massif, méchant et lourd, et on voit que Extol fait aussi 2 fois mieux dans la composition. Le morceau se développe sur 7 minutes, sans qu'on voie le temps passer.
"Inferno" souffle le chaud et le froid , alternant duels de guitares siamoises, intermèdes de violons très "musique de chambre", couplets saccadés, et se termine en ambiance avec des cloches dont on se sait si elles sont belles ou lugubres.

Le niveau baisse un peu avec "Time Stands Still", qui est un peu décousu a force de s'arrêter et de redémarrer. Seulement voilà, sur la fin de ses 7 minutes, il devient épique à m'en lever les poils ; c'est dire s'il n'y pas grand chose a jeter ici...

Vient "Ember", un des morceaux de bravoure d'Extol, où Ole Børud fait merveille avec son chant clair. Le refrain a la fois lumineux et vindicatif me donne parfois envie de hurler en pleine rue en faisant de l'air guitar. Rythmiques syncopées, arpèges et violons se mêlent avant un redémarrage bien gras a la double grosse caisse...

"Meadows Of Silence " est un instru a deux guitares acoustiques, très joli, et court.
"Shelter" est pour moi le seul morceau faible, un peu lent, qui manque un peu de bonnes idées.
Heureusement, "Structures Of Souls", qui alterne tres beaux couplets en chant clair et refrains hargneux, fait bien voyager les oreilles.

"Of Light And Shade" joue avec bonheur sur les contrastes entre arpèges et gros riff, avant de partir entre passages prog et fin mosh thrashy.

"Where Sleep Is Rest" est un autre instrumental un peu progressif et mélodique, dont le solo tout en simplicité est de toute beauté, avant de finir sur des notes de guitares presque moyennageuses.

"Renewal" avec ses doublages mélodiques ultra efficaces sur son riff principal, et ses couplets chantés par le brave Ole, fait un peu écho au morceau "Ember", il est presque aussi excellent.

"Abandoned" est un petit intermède d'ambiance , d'à peine une minute, avant que ne déboule le furieux "And I Watch", poussé par des blasts soutenus. Le morceau ralentit progressivement jusqu'à un passage très mélodique , avant de repartir de plus belle, pied au plancher.

Depuis la réédition de l'album, deux autres titres rajoutent du rab, pour ceux qui auraient pas l'estomac auditif plein à raz-bord :

"Human Frailties Grave" fait dans le death rapide, mais très prog avec ses multiples changements de passages et ses duos de guitares alambiquées. C'est du tout bon, et on ne se plaindra pas d'avoir des titres bonus qui tiennent la route.

L'album se clôt avec "Shadow Of Death", très simple et direct comparé aux autres titres et pour cause, c'est une reprise de Believer, groupe de thrash chrétien que les frères Espervoll considèrent comme influence majeure. Extol se permet d'en faire une version gonflée aux hormones death, si couillue et magnifiée que l'originale semble bien palote en comparaison. Cela donne aussi l'occasion de se reposer le cerveau avec un titre qui ne part pas dans tous les sens...

Car Extol , avec toute la complexité dont il use dans ses compositions, est un groupe exigeant et pas très facile d'accès. Ils ont un véritable talent pour faire cohabiter les extrêmes, allier brutalité et musicalité, riffs saccadés et accords fluides. Chaque écoute procure de nouvelles découvertes, et la richesse des compos fait que l'effet de surprise initial reste intact même après des années d'écoute.

Derrière cet amour des extrêmes , il y a une intégrité qui force le respect, car Extol a du lutter contre les communautés dont il fait partie. L'excellent Dvd documentaire "Of Light And Shade", sorti il y a quelques années, montre comment le groupe a été ostracise par sa communauté religieuse car ils pratiquent du metal, tout en étant rejetés par une communauté metal nordique, intransigeante avec le message ouvertement chrétien du groupe.
Extol assume tout, la musique et le message, avec une humilité et une sincérité exemplaires. Sans chercher a plaire, sans se compromettre. Et c'est cela qui se retrouve dans la musique d'Extol, ou le choix des idées ne semble pas avoir de limites.

Si cet album est dense et complexe, c'est aussi le plus brutal et le plus agressif de la carrière des norvégiens, donc un très bon choix pour découvrir le groupe, si on préfère le metal extrême. Car extrême, il l'est, définitivement.

3 Commentaires

4 J'aime

Partager
samolice - 25 Juillet 2018:

Merci pour la chro dont l'humour m'a mis en joie!

Silent_Flight - 08 Août 2018:

Belle chronique. Leur dernier album de 2013 est vraiment monumental. As-tu écouté l'album de Fleshkiller ? c'est tout aussi bon, Ole Borud a une patte unique

JeanEdernDesecrator - 08 Août 2018:

Oui, le dernier Lp est énorme, un classique. Quand a Fleshkiller, j'ai l'album, le tshirt, et j'en ai fait une chro dans ces pages ;-) 

Et il y a Mantric, formé par les autres membres d'Extol partis après l'album "The Blueprint Dives", qui a sorti deux excellents lp, plus dans la veine post rick progressif sur le dernier.

    Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire