Quatre années soufflées déjà depuis son introductif et solaire album «
Ravens Flight »... Une éternité pour la fanbase du talentueux sextet teuton créé voilà sept ans à Jessen, dans la Saxe-Anhalt ! Le temps pour l'exigeant combo de peaufiner ses gammes et ses arpèges, et d'affiner encore son ingénierie du son. Ce qu'attestent précisément les cinq plages de son premier et présent EP, «
Twilight of Gods » ; à l'instar de son aîné, les 25 brèves minutes du méfait n'accusent que de rares sonorités parasites tout en assurant une belle profondeur de champ acoustique.
Revenant à pas de loup dans la course, nos six belligérants disposeraient-ils d'un arsenal défensif suffisamment dissuasif pour maintenir la sévère concurrence en respect ? Ce faisant, la troupe pourrait-elle dès lors se hisser parmi les valeurs montantes du registre metal symphonique à chant mixte en voix de contraste qui est le sien ?
Dans ce dessein, le collectif allemand a procédé à un remaniement partiel de son line-up. Si l'on y retrouve Christian ''Litzer'' Litzba (Indeatherence,
Nephilim, Priming Pressure, feu-
Monoblock) aux growls et à la guitare rythmique, Jens-Peter ''Willy'' Springer à la basse, Jürgen Übermuth aux claviers, ainsi que Andreas ''Zicke'' Ziegler derrière les fûts, Rene ''Schulle'' Schulze, se verra, lui, remplacé par Daniel Hoffmann à la guitare, et Rebekka ''Bekka'' Schulze, par Juli Blue, au chant féminin, dont le chatoyant grain de voix s'apparenterait à celui de Sini Seppälä (
Crimson Sun). Le groupe ainsi constitué continue d'oeuvrer dans un metal symphonique gothique à la fois frondeur, enjoué, énigmatique et romanesque – dans le sillage coalisé de
Nightwish,
Delain,
Xandria,
Crimson Sun et
Tristania –, dont les textes nous replongent dans la mythologie nordique, avec notamment un renvoi à Hel, déesse ayant inspiré le nom du groupe. Il ne nous reste plus qu'à embarquer à bord de la frêle goélette dans cette mer un tantinet agitée...
A l'aune du précédent effort, c'est sur une cadence assez soutenue que s'effectuera en partie la croisière, non sans aspirer le tympan du chaland dans la tourmente. Ce que révèle, d'une part, «
Twilight of Gods », entraînant mid/up tempo au confluent de
Delain et de
Tristania ; doté d'un refrain catchy mis en exergue par un duo bien habité, les claires inflexions de la belle répondant point pour point aux serpes oratoires de son acolyte de growler, le ''tubesque'' effort ne se quittera qu'à regret. Dans cette dynamique, on retiendra également la version actualisée de l'organique et ''delainien'' «
Ravens Flight », au regard de son infiltrant cheminement d'harmoniques. Inoculé de grisants couplets encensés par les prégnants médiums de l'actuelle déesse, d'inattendus changements de tonalité, d'un vibrant solo de guitare et d'arpèges pianistiques des plus délicats, le rayonnant mouvement, sans dénaturer l'original, demeure des plus envoûtants.
Un poil plus en retenue, d'autres pistes pourront à leur tour se jouer de toute tentative de résistance à leur assimilation. Ce à quoi nous sensibilise, en premier lieu, le ''xandrien'' mid tempo progressif « Odins Hall » eu égard à ses enchaînements intra piste ultra sécurisés, à son refrain immersif à souhait relevé par les fluides ondulations de la sirène, et à son flamboyant solo de guitare. Dans cette énergie, on ne saurait davantage éluder «
Shadow of
Wings », enivrant mid tempo heavy mélodico-symphonique, à mi-chemin entre
Crimson Sun,
Nightwish et
Tristania ; voguant sur de grisants couplets, relayés chacun d'un entêtant refrain, recelant d'insoupçonnées montées en régime du corps orchestral ainsi qu'un bref mais seyant solo de guitare, ce hit en puissance poussera assurément à une remise en selle sitôt la chute finale amorcée. Enfin, issu du précédent effort, le mid tempo «
Ghost of Yesterday » se pose, lui, tel un énigmatique et néanmoins engageant élan au carrefour entre
Xandria et
Tristania, magnifié par les troublantes empreintes des deux vocalistes patentés et par un ''floydien'' solo de guitare. Et la sauce prend là encore.
Au final, le combo teuton n'a nullement démérité, nous livrant ici une œuvre aussi délicate qu'enfiévrée, apte à nous retenir plus que de raison. Rayonnant et subtil, un brin prévisible, ce '
Twilight of Gods' marche dans les pas de son devancier. Toutefois, à l'instar de son aîné, le modeste élan aurait gagné à faire montre de davantage de variété en matière d'exercices de style, fresques, ballades et autres instrumentaux étant à nouveau aux abonnés absents. De plus, des sources d'inspiration encore insuffisamment digérées et des prises de risque bien timides empêchent, pour l'heure, le projet de gagner en épaisseur artistique ; de persistantes carences partiellement compensées à la fois par une technicité instrumentale plus aguerrie, des mélodies, certes, parfois empruntées mais des plus enveloppantes, une empreinte vocale aisément identifiable et troublante, et par une production d'ensemble de bonne facture. Etat de fait permettant au groupe de conforter sa position parmi les sérieux espoirs, à défaut de valeurs montantes, de ce registre metal. Affaire à suivre, donc...
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