Trinity Overture

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15/20
Nom du groupe Majestic (SWE)
Nom de l'album Trinity Overture
Type Album
Date de parution 22 Mai 2000
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album47

Tracklist

1. Entering the Arena 02:11
2. Voodoo Treasure 06:22
3. The Rapture of Canaan 04:24
4. I’ll Shoot the Moon 04:50
5. Resurrection 04:14
6. Curtain of Fire 05:24
7. The Breath of Horus 06:32
8. Approaching the Storm 05:54
9. Confusicus 04:24
10. Trinity Overture 07:00
Total playing time 51:15

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Majestic (SWE)


Chronique @ MikeSlave

26 Juillet 2012

le despote Richard Andersson

Le projet Majestic, Majestic 12 ou encore MJXII. Fantasme chimérique d’esprits paranoïaques accréditant la thèse « conspirationniste » d’un ordre supposé secret formé par les hautes instances gouvernementales américaines afin d’étudier la présence extraterrestre sur le sol étatsunien en 1947, peu après « l’incident Roswell » au Nouveau-Mexique.
En dépit des multiples démentis et un rapport du Bureau Fédéral d’Investigation dévoilé en 1988 qui discrédite les preuves de la réalité d’une telle organisation, les partisans de son existence sont légion.

MAJESTIC est devenu le patronyme prétentieux d’une formation suédoise officiant dans un registre heavy-metal d’obédience néoclassique formée en 1997 par le frénétique claviériste Richard Andersson, seul maître à penser de la formation originaire de Malmö.

Enregistré durant l’automne 1999, par Richard Andersson sous la férule d’Anders Theander du Roasting House studio ( Midnight Sun, Nostradameus, Pain of Salvation…) « Trinity Overture » arrive dans les bacs en janvier 2000, tout disposé à rassasier les amateurs de shreds et d’interminables duels clavier/six-cordes.

Premier constat, pour le second album d'une si jeune formation, l’ensemble est très professionnel, le son est limpide, la mise en place est quasi-parfaite tant au niveau instrumental que vocal. Peu surprenant quand on considère la présence de Peter Wildoer, batteur surdoué du groupe thrash/death Darkane et du projet solo de James Labrie mais aussi temporairement membre du culte combo néerlandais Pestilence. Si sa prestation métronomique dote Majestic de sérieux arguments rythmiques que dire du vocaliste Appolo Papathanasio (Firewind, Spiritual Beggars) dont les lignes vocales transcendent les compositions de Richard Andersson ? Aussi à l’aise sur la facette plus FM des compositions (The Rapture of Canaan, Resurrection) que sur leur aspect plus néoclassique et heavy (Voodoo Treasure, Approaching the Storm, Trinity Overture) le ténor grec, à la voix chaude et puissante, fournit un travail d’excellente facture comptant pour beaucoup dans la qualité générale de ces 10 pièces de heavy/néoclassique, hommages perceptibles à Malmsteen et son œuvre pléthorique…les déboires alcoolo-judiciaires en moins.

En mentionnant Yngwie Johannes Malmsteen sur une review d’un album de metal néoclassique il serait inévitable de procéder à une comparaison entre le géant suédois et Magnus Nordh, jeune et inconnu guitariste. Mes compétences "guitaristiques" étant limitées je signalerai principalement que la prestation de Nordh, bien que techniquement à l’aise et proposant un jeu fluide à l’image des solis présents sur « Rapture of Canaan » et « I’ll Shoot the Moon », manque cruellement de personnalité. Là où Malmsteen surjoue chaque note en accord avec son caractère égocentrique de célèbre virtuose, Nordh lui se contente d’appliquer une recette mille fois entendue, des plans souffrant d’un manque d’originalité flagrant et SURTOUT se laisse bousculer, chahuter par un clavier envahissant, pompeux, qu’on pourrait comparer à une espèce de …Malmsteen du clavier…tant son omniprésence est palpable.

C’est bien là que le bât blesse, nous sommes en présence d’un virtuose du Bontempi, certes, mais j’ai crû comprendre qu’un album de metal néoclassique est censé faire la part belle aux guitares ce qui n’est pas le cas sur ce « Trinity Overture ». Par exemple sur les titres « Curtain of Fire » et « The Breath of Horus » Nordh est souvent relégué à un rôle de simple executant rythmique pendant que le despote Richard Andersson accapare la plupart des plans normalement dédiés au moment d’intense plaisir solitaire du shredder, climax paroxystique de ce style de metal qui fait cruellement défaut ici. Dans un sens c’est peu surprenant puisque tout a été composé et arrangé par sieur Richard Andersson le Maître des touches noires et blanches.

Si le jugement paraît sévère ce « Trinity Overture » est loin d’être mauvais à l’écoute de titres comme « Confusicus » et son refrain entêtant, « Trinity Overture » et le véloce « Approaching the Storm », néanmoins l’absolue mainmise du claviériste étouffe ses collègues et empêche le combo de tirer parti d’un excellent guitariste en ne lui permettant à aucun instant de s’exprimer pleinement, atrophiant même sa personnalité artistique. On retiendra donc surtout la performance du vocaliste, la section rythmique à la précision chirurgicale et l'impeccable production.

Je conseillerais donc aux amateurs de néoclassique d'investir dans les valeurs sûres comme l'oeuvre intégrale de mister "Arpeggios of Hell" et même son mitigé « War to End all Wars » sorti la même année, voire de tenter l'agréable « Rain Forest » des nippons de Concerto Moon disponible lui aussi en cette année marquée par les stigmates de l'angoisse du Grand Bug.

PS :
J’invite les curieux à tenter une écoute complète de l’album éponyme de Time Requiem, projet annexe de Nordh et Andersson qui propose une version exacerbée de ce phénomène de domination outrancière du clavier sur les guitares. N’ayant jamais passé la barre des 5 morceaux malgré de courageux efforts, je veux bien offrir une trappiste de Rochefort à qui me prouvera l’avoir écouté intégralement et je sais qu’il y en a sur SOM.

13/20

12 Commentaires

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MikeSlave - 27 Juillet 2012: @ZAZ : oui c'est le constat que j'ai fait aussi et qui est parfaitement illustré par cette vague fin 90's début 2000.Par moments je regrette ce feeling 80's que des combos actuels comme Skullview restituent parfaitement,où la technique et le professionnalisme exacerbé ne priment pas sur la qualité de composition et l'identité du groupe,bien au-delà de l'expression purement individuelle des musiciens qui le composent.Même si je dois l'avouer, j'apprécie certains de ces "bands" comme Symphony X ou Evergrey.

PS :La trappiste coule dans mes veine hé hé
MikeSlave - 27 Juillet 2012: @Samolice : au risque de passer pour un "Whimpy kid", je ne possède pas ce fameux " Abstract Symphony", il m'est souvent passé entre les mains dans diverses boutiques mais je n'ai pas franchi le cap.La chronique de ce A. Symphony m'a interpellé et il figure sur ma wish-list non-prioritaire.Je verrai ça quand certains opus indispensables que je recherche seront entre mes mains.
Si quelqu'un vends des LP d'ACID ( belgique),il sait où me trouver.
samolice - 14 Janvier 2015: J'ai franchi le pas. Commandé ce jour. On verra bien. Merci encore pour ta chro!
samolice - 04 Fevrier 2015: Ecouté plusieurs fois en voiture. Le titre instrumental en intro m'a enchanté. La suite? Heuuuu, bennnn, bof. L'influence du Malmsteen de l'album "Marching Out" est omniprésente, jusque dans le chant et les lignes vocales. Presque tous les morceaux de Majestic m'ont évoqué un titre de ce disque du suédois. Cela a beau être mon album préféré de Malmsteen, il y a des limites :-) Au final, je trouve "Abstract Symphony" largement supérieur. Merci quand même Mike, bien essayé hélé.
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Chronique @ dark_omens

02 Juin 2016

Moins vainement technique mais plus anectodique...

La technicité est un apprentissage précieux et nécessaire pour exprimer pleinement et avec précision tout les subtilités de son univers créatif. Celui qui en abusera alourdira indéniablement son art d’une prétention parfois insupportablement vaniteuse. L’incessante démonstration de laquelle il se sert alors pour se mettre lui-même en exergue, plutôt que sa musique, finit, souvent, par lasser un auditoire qui aime être bien plus touché par l’art que par l’artiste. Nourrit de cette attitude excessive, le musicien finit même par négliger, parfois, les émois indispensables que devraient véhiculer sa musique, et ce au profit d’un défi technique toujours plus dure à relever, toujours plus abscons, à l’émotion toujours plus diffuse, mais dont il pourra tirer une gloire supplémentaire. Ceux qui ne comprennent pas son talent sont sûrement dans l’erreur. L’extrême finalité de cette posture, l’arrogance suprême de ce comportement, consiste à dénigrer les défaillances techniques des autres sans même s’apercevoir que sa propre expression artistique, bien qu’irréprochablement maitrisée, n’est plus de nature à procurer le moindre sentiment intéressant. Mais, encore une fois, ceux qui ne comprennent pas ce talent immense sont forcément dans l’erreur.

Et dans Abstract Symphony, premier album des Suédois de Majestic, il y avait de cette technicité expansive odieuse qui enchaine inexorablement votre esprit l’entrainant vers les profondeurs insondables d’un douloureux ennui véritable. Il y avait aussi de cette musicalité harmonieuse et guillerette symptomatiquement nordique dans laquelle nombres d’autres groupes s’étaient déjà égarés (Stratovarius, Sonata Arctica, Zonata, Yngwie Malmsteen…). Pourtant, aussi étrange que cela puisses paraitre, il y avait également un talent indéniable pour les mélodies et notamment les refrains, mais aussi, lorsque les tempos délaissaient cette cavalcade véloce stérile, une certaine personnalité pas dénuée d’un certain intérêt. Il y avait encore, pour finir, un chanteur dont la voix, et le travail, rehaussait indiscutablement l’œuvre.

A la mesure de ce deuxième album, Trinity Overture, Majestic aura assurément progressé, mais, tout aussi assurément, régressé. Pour évoquer les raisons profondes de cette régression il faut, évidement, parler des changements de musiciens qui auront, fondamentalement, transformé le visage de ce groupe. Si on ne peut que se réjouir du départ de Peter Espinoza (guitare) et de Richard Andersson (claviers) dont les désirs ambitieux, donnant naissance à des étalages ‘‘Neo classique’’ aux envolées éreintantes, on ne peut que déplorer celui de Jonas Blum (chant) au profit d’un Appollo au timbre clairement plus traditionnel pour le genre.

Toutefois, toujours dévoué à un metal mélodique, en une sorte de mélange Power/Hard outrageusement scandinave, le groupe va tenter de nous persuader de son talent. Et passé les premières frayeurs d’un Entering the Arena instrumental, dans lequel il nous replonge dans les pires souffrances de cet étalage technique stérile sans âme, Voodoo Treasure vient délicieusement nous rassurer. Le titre, fort de ces rythmes mid-tempos, de ces mélodies sympathiques, de ces effusions certes présentes mais contenus, de ses couplets et de ses refrains aux airs efficaces est, effectivement, séduisant. Si la suite demeure plaisante, elle ne parvient, malheureusement, pas à être aussi attachante que ce premier morceaux (Resurrection, Confuscius ou encore, par exemple, Trinity Overture). En effet, souvent, les chorus manquent de pertinence et d’intérêt. Ce qui fut donc autrefois une force n’est plus, aujourd’hui, qu’une cruelle faiblesse. Conjugué aux travaux de ce chanteur dont l’expression est clairement moins atypique, et donc attirante, que celle de son prédécesseur, nous voilà donc étreint par un sentiment mitigé. A la fois clairement moins présomptueux et à la fois clairement moins réussis, ces morceaux demeurent ainsi décevants. Ce qui, soit dit en passant, n’est pas si étrange si l’on considère que Richard Andersson fut autrefois le seul compositeur de ce groupe.

Il faut noter aussi les quelques progrès de ce collectif s'agissant des titres rapides où il semble plus à l’aise dorénavant. Là où, effectivement, il fut, autrefois impersonnel et quelconque, il aura su regagner un peu de caractère (Curtain of Fire, Approaching the Storm).

Quoi qu’il en soit il apparait complexe de se prononcer dans la difficile analogie entre ce Trinity Overture et son prédécesseur Abstract Symphony. Moins vainement ambitieux, moins maladroit et moins démonstratif que ce dernier, ce nouvel opus clairement plus traditionnel et moins efficace nous laisse circonspect.

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samolice - 08 Juin 2016: Merci pour la chro Dark. Perso, c'est bien le titre "Entering the Arena" que j'apprécie sur ce disque, la suite ne me plaisant pas beaucoup. On a tous 2 oreilles (à part Van Gogh) mais on s'en sert différemment :-)
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