Le projet
Majestic,
Majestic 12 ou encore MJXII. Fantasme chimérique d’esprits paranoïaques accréditant la thèse « conspirationniste » d’un ordre supposé secret formé par les hautes instances gouvernementales américaines afin d’étudier la présence extraterrestre sur le sol étatsunien en 1947, peu après « l’incident Roswell » au Nouveau-Mexique.
En dépit des multiples démentis et un rapport du Bureau Fédéral d’Investigation dévoilé en 1988 qui discrédite les preuves de la réalité d’une telle organisation, les partisans de son existence sont légion.
MAJESTIC est devenu le patronyme prétentieux d’une formation suédoise officiant dans un registre heavy-metal d’obédience néoclassique formée en 1997 par le frénétique claviériste
Richard Andersson, seul maître à penser de la formation originaire de Malmö.
Enregistré durant l’automne 1999, par
Richard Andersson sous la férule d’Anders Theander du Roasting House studio (
Midnight Sun,
Nostradameus,
Pain of
Salvation…) «
Trinity Overture » arrive dans les bacs en janvier 2000, tout disposé à rassasier les amateurs de shreds et d’interminables duels clavier/six-cordes.
Premier constat, pour le second album d'une si jeune formation, l’ensemble est très professionnel, le son est limpide, la mise en place est quasi-parfaite tant au niveau instrumental que vocal. Peu surprenant quand on considère la présence de Peter Wildoer, batteur surdoué du groupe thrash/death
Darkane et du projet solo de James Labrie mais aussi temporairement membre du culte combo néerlandais
Pestilence. Si sa prestation métronomique dote
Majestic de sérieux arguments rythmiques que dire du vocaliste Appolo Papathanasio (
Firewind,
Spiritual Beggars) dont les lignes vocales transcendent les compositions de
Richard Andersson ? Aussi à l’aise sur la facette plus FM des compositions (The
Rapture of
Canaan,
Resurrection) que sur leur aspect plus néoclassique et heavy (Voodoo Treasure, Approaching the
Storm,
Trinity Overture) le ténor grec, à la voix chaude et puissante, fournit un travail d’excellente facture comptant pour beaucoup dans la qualité générale de ces 10 pièces de heavy/néoclassique, hommages perceptibles à Malmsteen et son œuvre pléthorique…les déboires alcoolo-judiciaires en moins.
En mentionnant Yngwie Johannes Malmsteen sur une review d’un album de metal néoclassique il serait inévitable de procéder à une comparaison entre le géant suédois et
Magnus Nordh, jeune et inconnu guitariste. Mes compétences "guitaristiques" étant limitées je signalerai principalement que la prestation de Nordh, bien que techniquement à l’aise et proposant un jeu fluide à l’image des solis présents sur «
Rapture of
Canaan » et « I’ll Shoot the
Moon », manque cruellement de personnalité. Là où Malmsteen surjoue chaque note en accord avec son caractère égocentrique de célèbre virtuose, Nordh lui se contente d’appliquer une recette mille fois entendue, des plans souffrant d’un manque d’originalité flagrant et SURTOUT se laisse bousculer, chahuter par un clavier envahissant, pompeux, qu’on pourrait comparer à une espèce de …Malmsteen du clavier…tant son omniprésence est palpable.
C’est bien là que le bât blesse, nous sommes en présence d’un virtuose du Bontempi, certes, mais j’ai crû comprendre qu’un album de metal néoclassique est censé faire la part belle aux guitares ce qui n’est pas le cas sur ce «
Trinity Overture ». Par exemple sur les titres « Curtain of
Fire » et « The Breath of Horus » Nordh est souvent relégué à un rôle de simple executant rythmique pendant que le despote
Richard Andersson accapare la plupart des plans normalement dédiés au moment d’intense plaisir solitaire du shredder, climax paroxystique de ce style de metal qui fait cruellement défaut ici. Dans un sens c’est peu surprenant puisque tout a été composé et arrangé par sieur
Richard Andersson le Maître des touches noires et blanches.
Si le jugement paraît sévère ce «
Trinity Overture » est loin d’être mauvais à l’écoute de titres comme « Confusicus » et son refrain entêtant, «
Trinity Overture » et le véloce « Approaching the
Storm », néanmoins l’absolue mainmise du claviériste étouffe ses collègues et empêche le combo de tirer parti d’un excellent guitariste en ne lui permettant à aucun instant de s’exprimer pleinement, atrophiant même sa personnalité artistique. On retiendra donc surtout la performance du vocaliste, la section rythmique à la précision chirurgicale et l'impeccable production.
Je conseillerais donc aux amateurs de néoclassique d'investir dans les valeurs sûres comme l'oeuvre intégrale de mister "Arpeggios of
Hell" et même son mitigé «
War to
End all Wars » sorti la même année, voire de tenter l'agréable «
Rain Forest » des nippons de
Concerto Moon disponible lui aussi en cette année marquée par les stigmates de l'angoisse du Grand
Bug.
PS :
J’invite les curieux à tenter une écoute complète de l’album éponyme de
Time Requiem, projet annexe de Nordh et Andersson qui propose une version exacerbée de ce phénomène de domination outrancière du clavier sur les guitares. N’ayant jamais passé la barre des 5 morceaux malgré de courageux efforts, je veux bien offrir une trappiste de Rochefort à qui me prouvera l’avoir écouté intégralement et je sais qu’il y en a sur SOM.
13/20
PS :La trappiste coule dans mes veine hé hé
Si quelqu'un vends des LP d'ACID ( belgique),il sait où me trouver.
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