La haine de l’humanité, voici à peu près la traduction de l’hébreu
Sonne Adam, patronyme choisi par nos deux interprètes, le multi instrumentiste Davidov et le growler Dahan, pour décrire cette entité deathmetal tout droit venu de Tel-Aviv en Israël. Récemment formé en 2007, le duo reçoit deux années plus tard un accueil privilégié au sein du magazine allemand Rock
Hard lors de la parution de son EP
Armed with Hammers, attirant l’attention de l'écurie
Century Media et lui valant étonnamment une entrée directe au sein de ce label indépendant de premier plan.
Sonne Adam se cale indéniablement sur un axe temporel tourné vers les premières années du deathmetal, à une époque où ses ambiances primaient avant tout sur une technique démesurée. Décrit par le label comme un croisement entre
Asphyx,
Morbid Angel et le vieux
Paradise Lost, son premier album baptisé
Transformation possède effectivement plusieurs plans de guitares rappelant la formation de Trey Azagthoth, la vitesse en moins, tout en refermant quelques passages qui nous renverraient plus précisément du temps du doom extrême de
Cathedral sur l’imparable
Forest of
Equilibrium, à l'image du passage central pachydermique de
Worship the Black ou de l'instrumental
Solitude in
Death.
Toutefois, les interludes systématiques en moins, le parallèle le plus frappant se situe avec l’entité germanique
Necros Christos, tant au niveau des thèmes occultes traités que dans la façon d’aborder musicalement les morceaux. J’ignore si l’immortel album Triune
Impurity Rites est arrivé jusqu'aux oreilles de
Sonne Adam, mais ces rythmes tantôt lents ou en middle tempo, ces guitares lourdes et blessantes, ce chant guttural grave et solennel semblant réciter une messe noire, sont autant d’éléments rapprochant les deux formations.
Mais au delà de cette ressemblance, on se laisse rapidement immerger au coeur de cette célébration qui envoute inexorablement au fil des écoutes. Sans technique exceptionnelle,
Sonne Adam parvient en effet à maintenir tout l’intérêt de son oeuvre et à happer lentement le deathster, pour citer le riffing envoutant de I Sing his
Sword sur un martelage en double pédale tout aussi heurtant, les cloches idéalement placées au coeur du titre éponyme ou encore l’interlude immersif
Solitude in
Death, tant d’éléments forgeant un tout à l’ambiance diabolique. Enfin, outre ces atmosphères épaisses idéalement entretenues par ces nombreux passages tout en lourdeur, les morceaux de
Transformation gagnent en densité et montent régulièrement en puissance lorsque Davidov superpose rythmiques lourdes et leads lancinantes, à l’image des finaux mémorables de
Worship the Black, I Claim my Birth in
Blood ou
Apocalypse, moments où les guitares deviennent aussi profondes qu’entêtantes.
Simple plagiat aux premières impressions,
Transformation affirme plus de caractère au fil des écoutes, devant avant tout être considéré dans son ensemble pour prendre tout son sens et gagner une vraie dimension. Cette passion de
Sonne Adam pour un deathdoom profond, mystique et authentique ne demande plus qu’un affinage pour que le duo, désormais mué en quatuor avec l’apport d'un batteur et d’un bassiste à part entière, se débarrasse d’influences encore marquées pour un résultat plus personnel.
Fabien.
Ce qui était une démarche alternative (faite par des passionné du death metal à l'ancienne) il y a quelques temps dans l'underground face au death metal moderne monopolisant toutes les attentions de la presse et du public metal mainstream, commence aujourd'hui à tomber dans le piège médiatique de la grosse industrie metal (comme le revival thrash 80 il y a quelques temps).
Les rééditions de relapse qui sentent bon l'opportunisme à plein nez (même si je crache pas dessus non plus dans l'absolu,c'est quand même cool d'avoir les démos de nirvana 2002 remasterisés pour ceux qui n'ont pas eu la chance de les avoir à l'époque).
Donc de voir aussi century media surfer sur cette vague en sortant des nouveau groupes jouer dans ce registre...(century media n'est plus pour moi depuis longtemps ce label incontournable qui a sorti les grave, morgoth,demolition hammer,unleashed,comecon...et je pense la même chose pour nuclear blast,relapse et earache) je me dis qu'il y a quand même un problème avec ces labels mainstream de merde si ils commencent à nouveau à sortir ce qu'ils ne sortaient plus depuis belles lurettes (c'est parti pour capitaliser sur une nouvelle mode en gros).
Bien sur tout ceci n'est que mon opinion aprés tout...
Fabien.
Par contre ce qui m’énerve (comme toujours) c'est les sempiternelles histoires de modes (un mouvement commence toujours par quelques passionnés qui font de très bonnes choses et ensuite il y a toujours une tripoté de suiveurs qui emboitent le pas jusqu’à l'asphyxie du phénomène pour essayer d'en tirer profit),le tout fait bien les affaires des grosses maison de disques qui sont toujours la quand il s'agit eux aussi (et surtout!) de faire un maximum de profit et de prendre comme toujours une certaine catégorie du public metal (pour rester poli et mettre des formes à propos du terme que j'emploie par public metal) pour des vaches à lait sans personnalité (ce public metal qui lis les gros magazines qu'on trouve dans les kiosques à journaux... ou qui lisent certains gros webzines,qui achètent leurs albums qui sortent sur les grosses maisons de disques dans les grands magasins, qui vont au hellfest et au wacken... est ce nécessaire que j'ajoute encore des détails descriptif de ce genre de personnes?...)
De toute façon je n'ai jamais pu concevoir le metal extrême dans le mainstream,cette musique doit à mon sens retourner dans la confidentialité complète (les démos,les ep's,les lp's et les cd à petit tirage,les fanzines papier,les petites distro underground,le trading...diy en gros).
je sais que ca ne vas pas faire plaisir à certaines personnes qui vont lire ce commentaire,j'assume.
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