Les amateurs de gore craspec se sont sans aucun doute délectés devant l'ignoble Street
Trash de
Jim Munro. Dans cette péloche des glorieuses eighties, de nombreux clochards subissent les effets foudroyants d'un alcool frelaté, le
Viper. Une des scènes les plus marquantes voit un clochard fondre et disparaître dans une cuvette de toilette dans des gerbes de couleur aussi éclatantes qu'horribles.
Cette dernière a sûrement impacté l'imaginaire de ce groupe fondé en 2019 à Colombus, Ohio. Son appellation fut trouvé en mixant Singuisuga (mot latin pour suceur de sang) et le nom du guitariste, Cameron Boggs.
Outre Boggs, on y retrouve Cody Davidson (batterie), Devin Swank (growl) et Ced Davis (basse). Selon eux, Sangusigabogg signifie, en référence à l'argot anglais, une cuvette de toilette qui suce le sang par le cul (joli programme). Ce pourrait être aussi la désignation de l'horrible créature mutante, attribuée au studio
Nightmare Imagery, qui orne la pochette de ce 1er album, "
Tortured Whole", prévu chez
Century Media pour la fin mars 2021.
Le ton est donc donné : gore et déconne à tous les étages. L'inaugural "
Menstrual Envy" en est la confirmation. Narrant une expérience mêlant prise de drogues et émasculation, le titre s'ouvre avec un pig squeal bien gras, suivi de près par un gros riffing truffé d'harmoniques artificielles. Le style se rapproche de la mouvance slam, avec une caisse claire claquante, une basse boueuse, des rythmiques syncopées et un growl qui alterne cris procins et phrasé glaireux. On a affaire à un death metal volontairement bas du front, le plus souvent mid-tempo, con comme un Marielle des grands films mais attachant tout de même. Bref, rien de bien transcendant mais suffisamment accrocheur pour passer un bon moment.
Nos 4 rigolos continuent sur la même lancée musicale avec des morceaux aux titres racoleurs tels "
Gored in the Chest", "Posthumous Compersion", "Dragged By A Truck" ou encore "Urinary
Ichor", qui bénéficient de l'apport de quelques accélérations bien senties. Sanguisugabogg se permet aussi des moments très groovy avec la macabre "
Dick Filet" ou la bien nommée "
Dead as Shit" que ne renierait pas Chris Barnes (le clip vidéo bien débile est à l'avenant).
L'ensemble restant très homogène, deux interludes ont été imbriquées parmi cet étalage d'immondices. D'abord "Pornographic", avec ces claviers sonnant très 10 CC ("I'm not in Love") et "Interlube" dont l'ambiance se rapproche des BO des films d'horreur des années 80. Même si ça n'invente pas l'eau chaude, ces titres permettent à l'album de rebondir après quelques excès de gras ("
Tortured Whole" et ses 5 minutes indigestes).
Certainement plus malin qu'il ne le laisse paraître, le groupe évite la surenchère de saindoux sur la voix ou de mettre la batterie trop en avant dans le mix. L'ensemble sonne équilibré, relativement moderne mais sans surenchère synthétique néfaste.
Volontairement plus proche des pochades Troma que de l'approche cérébrale chère à Cronenberg, Sanguisugabogg délivre ici un premier album certes imparfait mais sympathique, le genre de disque qui délasse après une grosse journée bien naze passée au boulot. Les amateurs d'eaux usées et de boues d'épandage (c'est mon cas) devraient trouver leur compte dans ce death metal judicieusement qualifié par le magazine
Revolver de néanderthalien.
Je comprend pas la hype autour de cette merde, groupe le plus surcoté depuis six bite under. Au four.
Tout à fait d'accord avec Infestuus, merci par la chronique en tout cas
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