Torment & Wonder: The Ways of the Lonely Ones

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16/20
Nom du groupe Crystal Gates
Nom de l'album Torment & Wonder: The Ways of the Lonely Ones
Type Album
Date de parution 29 Juillet 2022
Style MusicalPower Symphonique
Membres possèdant cet album5

Tracklist

1.
 The Ways of the Lonely Ones
Ecouter01:19
2.
 My Glorious Fall
Ecouter04:09
3.
 Alive for the Journey
Ecouter05:30
4.
 A Lonely Dreamer's Wish
Ecouter03:45
5.
 The Stars Temple
Ecouter07:07
6.
 Moonshine & Sorrow
Ecouter04:38
7.
 Winter Ghost
Ecouter04:32
8.
 Nightmares
Ecouter04:20
9.
 Soul of Rain
Ecouter03:59
10.
 Torment & Wonder
Ecouter12:00

Durée totale : 51:19

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Crystal Gates



Chronique @ ericb4

22 Août 2022

Un propos à la fois palpitant, solaire et enivrant...

Pas moins de sept années de silence radio depuis son introductif et galvanisant EP, « A Quest for Life », et voici le combo uruguayen créé en 2013 par la soprano Carolina Perez (ex-Opus Gaia) et l'auteur/compositeur et guitariste Benjamin Machin (ex-Ecliptica) enfin revenu dans les rangs. Le temps pour le quintet sud-américain de partir s'installer à Riga, en Lettonie, de procéder à un nouveau changement de line up, de peaufiner sa production d'ensemble comme ses compositions, et de réaliser la bagatelle de trois singles, à savoir : « Shadowborn », en 2017 ; « My Glorious Fall » et « Moonshine & Sorrow », en 2022, soit deux des dix pistes de leur premier et présent album full length, « Torment & Wonder: The Ways of the Lonely Ones », signé, lui, chez le puissant label italien WormHoleDeath Records. Premier indice révélateur d'une sérieuse envie d'en découdre de la part de nos cinq belligérants...

Dans ce dessein, nos deux maîtres d'oeuvre ont requis les talents du claviériste Juan José Leyton (Sound Anima, ex-Fallen Symphony), du batteur Gaston Lorenzo, et de Guillermo Albano (Ecliptica, Epsilon), en remplacement de Nicolas Barreiro (ex-Radical), à la basse. Pour l'occasion, ont également été sollicités : Elisa Candelas Martín (Hamka, ex-Dark Moor, ex-Fairyland...) aux choeurs, Jamie Collette et Chuck Brown aux parties récitées. De cette étroite collaboration émane un propos metal mélodico-symphonique aux relents power mais aussi aux accents heavy et progressif plus marqués aujourd'hui qu'hier. Si les influences de Nightwish, Xandria, Amberian Dawn, Ancient Bards et Epica se font dès lors tour à tour sentir, le collectif a également apposé son sceau sur la plupart des portées de son set de compositions, à commencer par quelques sonorités orientalisantes placées ici et là sur notre parcours.

Comme il nous y avait déjà accoutumés, le combo a là encore particulièrement soigné son ingénierie du son. Mixé et mastérisé tout comme pour Rhapsody Of Fire, Brainstorm, Dragony, Human Fortress et Tales Of Evening, par le vocaliste/guitariste/claviériste d' Orden Ogan, Sebastian ''Seeb'' Levermann, aux Greenman Studios, l'opus témoigne d'une péréquation de l'espace sonore entre lignes de chant et instrumentation et d'une saisissante profondeur de champ acoustique. Quant à l'artwork de la pochette, à l'image de Jorn, Masterplan, Kalidia, Monument, Moonshine & Sorrow, parmi tant d'autres, la troupe a fait appel à la finesse de trait et à la riche palette graphique du designer et bassiste d' Awacks, Stanislas W. Decker. Autres indices ne laissant plus planer l'ombre d'un doute sur les intentions de nos acolytes. Il ne nous reste plus qu'à monter à bord du vaisseau amiral, à larguer les amarres et à pénétrer dans cette mer volontiers houleuse...


C'est le plus souvent dans une atmosphère oppressante que s'effectuera la traversée, non sans voir nos acolytes essaimer ces truculentes séries d'accords dont ils ont le secret. Mais ce n'est qu'après « The Ways of the Lonely Ones », cinématique et somme toute dispensable instrumental d'ouverture infiltré d'un récitatif en voix masculine claire dispensé par Jamie Collette, que démarreront les hostilités. Ainsi, par un fondu enchaîné finement esquissé lui succède le single « My Glorious Fall » ; un galvanisant up tempo power mélodico-symphonique à mi-chemin entre Epica et Ancient Bards surmonté d'un martelant et inaltérable tapping, d'un fuligineux solo au synthé lui-même relayé d'un bref mais fringant solo de guitare. Se calant sur une sente mélodique des plus enveloppantes et sur laquelle se greffent les poignantes envolées lyriques de la sirène, le tubesque méfait ne se quittera qu'à regret. Dans cette veine, on retiendra également « Winter Ghost », tempétueuse offrande aux riffs corrosifs et en tirs en rafale, pour les stupéfiantes montées en puissance de son dispositif instrumental et oratoire, une muraille de choeurs venant alors escorter la princesse dans ses ultimes déambulations.

Dans une même dynamique mais à la colorature heavy symphonique plus marquée, d'autres espaces d'expression trouveront non moins matière à aspirer le tympan. Ce qu'atteste, d'une part, « Alive for the Journey », rayonnant up tempo au carrefour entre Epica et Nightwish ; pourvu de délicats arpèges d'accords et d'un refrain catchy mis en exergue par les cristallines inflexions de la déesse, l'enjoué manifeste joue dans la catégorie des hits en puissance susceptibles de faire plier l'échine à plus d'une âme rétive. Pour sa part, au regard de sa mélodicité toute de fines nuances cousue, de ses enchaînements intra piste des plus sécurisants et de son final en crescendo, et non sans rappeler Amberian Dawn, le single « Moonshine & Sorrow » ne saurait davantage être éludé. Difficile également de résister à la vague de submersion qui va s'abattre sur nous à l'aune de « Nightmares », véritable rouleau compresseur à la rythmique sanglante et recelant un flamboyant solo de guitare à mi-morceau, que n'aurait pas renié Lanvall (Edenbridge). Dans l'ombre de ses voisins, le ''xandrien'' mid/up tempo « Soul of Rain », enfin, ne délivre pas moins de grisantes séries de notes tout en laissant entrevoir des arrangements instrumentaux de bon aloi.

Lorsqu'il en vient à flirter avec d'amples pièces en actes symphonico-progressives, le combo dévoile une autre corde à son arc, et non des moindres. En premier lieu, sous couvert d'orientalisantes sonorités, le polyrythmique « The Stars Temple » nous place plus de sept minutes durant dans une atmosphère digne d'un conte des Mille et Une Nuits. A la fois épique, frondeur et romanesque, ce solaire effort au carrefour entre Epica et Xandria abonde en coups de théâtre, nous surprenant bien souvent par la soudaineté de ses accélérations sans pour autant nous désarçonner. Et la magie opère, une fois encore. Dans la même lignée, les quelque douze minutes de « Torment & Wonder » nous immergent dans un univers power symphonique progressif à la fois altier et chaotique, mis en habits de lumière par les troublantes modulations de la soprano. Introduit avec les honneurs par un prégnant récitatif en voix de gorge signé Chuck Brown, octroyant moult rebondissements rythmiques tout en se calant sur un sillon mélodique finement esquissé, le dantesque méfait pourrait bien pousser le chaland à un headbang bien senti et quasi ininterrompu. Chapeau bas.

Que l'aficionado d'instants tamisés se rassure, nos compères ne l'auront pas laissé pour compte, loin s'en faut. Ainsi, c'est d'un battement d'ailes que les portées ouatées du ''xandrien'' « A Lonely Dreamer's Wish » nous pousseront dans nos ultimes retranchements. Magnifiée par les angéliques impulsions de la maîtresse de cérémonie et réservant une saisissante gradation du corps orchestral en bout de course, cette ballade progressive aussi enivrante que pétrie d'élégance est une véritable invitation au voyage en d'oniriques contrées.


Neuf ans suite à sa sortie de terre, le collectif uruguayen nous livre ici un set de compositions bien plus abouti que celui de son modeste prédécesseur. On y retrouve notamment les qualités mélodiques, techniques et vocales d'antan, auxquelles viennent se greffer des exercices de style variés ainsi que d'orientalisantes sonorités. De quoi ne pas frustrer le fan des sources d'influence du quintet uruguayen, même si ces dernières marquent encore de leur empreinte certaines séquences d'accords dont se nourrit le skeud. Si pas l'ombre d'un bémol harmonique ne vient ternir le tableau, il faudra toutefois que nos acolytes consentent à l'une ou l'autre prise de risque, sinon à une petite pointe d'originalité, histoire de se démarquer de leurs pairs, toujours plus nombreux à affluer. La qualité de sa production d'ensemble aidant, ce message musical à la fois palpitant, solaire et enivrant constituerait néanmoins une arme d'une efficacité redoutable, susceptible de propulser la troupe parmi les sérieux espoirs de ce registre metal. Affaire à suivre...


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