Tides of Despair

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Nom du groupe Nocturnal Depression
Nom de l'album Tides of Despair
Type Album
Date de parution 25 Novembre 2019
Style MusicalBlack Doom
Membres possèdant cet album1

Tracklist

1.
 Drowning Myself
 01:56
2.
 Tides of Despair
 05:25
3.
 Living in a Mass Grave
 06:56
4.
 Solitude and Despair Again
 05:17
5.
 Slit my Wrists
 07:30
6.
 Farewell Letter
 03:51
7.
 Muse of Suicide
 07:43
8.
 Reveries
 04:42

Durée totale : 43:20

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Nocturnal Depression


Chronique @ Icare

29 Novembre 2019

Un album plus qu'honnête qui propose un art sincère et touchant à la musicalité bien supérieure à la moyenne du genre

Nocturnal Depression est a priori le genre de groupe qui ne laisse pas indifférent. Fer de lance du DSBM français, le quatuor emmené par Lord Lokhraed n’a jamais fait l’unanimité, et généralement, les enregistrements du groupe sont soit adorés soit détestés. Je vous avoue humblement que, au fil des années, je n’ai posé qu’une oreille distraite sur quelques morceaux de la formation par pure curiosité, et que le résultat, dans la juste moyenne des groupes de DSBM sans grande personnalité, ne m’a jamais transcendé. La sortie de leur nouveau full lenght était donc l’occasion rêvée d’approfondir un peu ma connaissance du groupe et de me plonger dans leur univers si sombre et décrié.

En 2015, Spleen Black Metal marquait un tournant dans la musique de nos dépressifs nocturnes, s’éloignant un peu de toute cette mouvance suicidaire pour évoluer vers une musique plus mélancolique et contemplative que réellement autodestructrice avec un son bien plus propre. Pour beaucoup, cette mutation était positive et faisait de cet album la meilleure réalisation du groupe, lui ouvrant par là-même de nouveaux horizons sonores que les codes rigides et le minimalisme du DSBM pur et dur ne permettaient pas vraiment. Deux ans plus tard, Deathcade, sorte de best of qui dépoussiérait d’anciens titres avec un son autrement plus clean, semblait confirmer cette tendance.
Nous voilà donc en novembre 2019 avec la sortie de Tides of Despair, neuvième album de la bande. On pourrait croire que les Français vont continuer à exploiter ce sillon plus mélodique et moins extrême initié quatre années auparavant, mais ce nouvel opus marque le retour de Herr Suizid, membre fondateur qui était parti en 2012 pour voir si la corde était plus rêche ailleurs. Du coup, continuation vers des contrées musicales plus accessibles ou régression volontaire vers un art plus maladif et misanthrope ?

Eh bien un peu des deux mon capitaine. Après un calme Drowning Myself d’intro sur lequel le bruit des vagues épouse les notes langoureuses d’un violoncelle, on est vraiment surpris par ce son, extrêmement propre, net et clinique, surtout pour ce type de black. Tides of Despair porte d’ailleurs plutôt mal son nom puisqu’il nous sert des mélodies entêtantes certes teintées d’un délicieux spleen, mais à la beauté immaculée presque naïve, faisant pas mal penser au Frühling de Nargaroth. Un bon premier morceau, très accrocheur et à la mélodie qui reste bien en tête, et qui montre définitivement le nouveau visage de Nocturnal Depression : bien plus propre et aseptisé que par le passé, délaissant quelque peu la crasse morbide du black doom suicidaire pour aller puiser quelques influences plus mélodiques du côté de la scène post black australienne (Woods of Desolation et Austere en tête), et finalement accoucher d’un black plus mélancolique que réellement dépressif.
Et ma foi, dans ce Spleen Black Metal plus moderne et mélodique, ces huit pistes s’en sortent très bien. Si les premières écoutes de ces 43 minutes ne m’avaient pas vraiment convaincu, la faute à un son trop lisse qui n’aide pas à s’immerger dans cet océan de tristesse, force et de constater que Tides of Dispair est bien plus riche musicalement que nombre de ses confrères affiliés DSBM, avec notamment l’utilisation judicieuse d’un violoncelle qui vient pleurer sa mélancolie sur quelques pistes. Evidemment, les titres ne sont pas virtuoses et ne changent pas de rythme toutes les trente secondes, mais on est quand même loin de ces longues plages rachitiques et minimalistes qui égrainent leurs trois accords sur près de 20 minutes comme c’est souvent le cas dans le style.

Pour autant, Nocturnal Depression ne renie pas tout à fait son passé (il n’y a qu’à voir le nouveau logo ainsi que le titre des morceaux), et une
compo comme Slit my Wrists fait habilement la transition entre les deux époques : riff lourd et sombre à la Forgotten Tomb qui jette la première pelletée de terre sur le cercueil, rongé par cette mélodie lancinante et minimaliste qui s’insinue lentement dans votre esprit sur le refrain, rien de très original, mais 7,30 minutes terriblement efficaces. Muse of Suicide, au titre évocateur, sonne aussi comme un ancien titre du groupe, mais toujours avec ce son moderne et très propre et ces discrets chorus de guitares lumineux sur la fin.

L‘alternance des vocaux est aussi un point fort de l’album, Lord Lokhraed évoluant entre grognements plutôt graves et hurlements plus arrachés sans jamais tomber dans les excès caricaturaux inhérents trop souvent au genre - si vous savez, ces pleurnicheries lassantes à la limite du ridicule qui s’essayent à singer Nattramn - ainsi que cette basse bien présente (Living in a Mass Grave au final très réussi).
Bref, vous l’aurez compris, sans être un incontournable du genre, ce Tides of Despair est un album tout à fait honnête qui propose un art sincère et touchant à la musicalité bien supérieure à la moyenne du genre. Nocturnal Depression fait indubitablement partie de ces groupes de DSBM qui savent composer intelligemment, reste à savoir si les anciens fans adhéreront à cette évolution vers plus de mélodie et un son toujours plus lisse, bien loin du malaise et de la déchéance d’antan. Eteignez vos lumières, faites un bon feu de cheminée, ouvrez-vous une bonne bouteille de vin, sortez vos lames de rasoir et laissez-vous aller… La dépression a parfois du bon !

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