The Cult of Negation

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Nom du groupe Nocturnal Depression
Nom de l'album The Cult of Negation
Type Album
Date de parution 04 Septembre 2010
Enregistré à Warp Studio
Style MusicalBlack Doom
Membres possèdant cet album30

Tracklist

Re-Issue in 2011 by Funeral Industries on LP Version.
1. Credo Negativo 03:37
2. They 06:03
3. We're All Better Off Dead 05:47
4. Home Asylum 09:03
5. Dead Children 07:31
6. The Cult of Negation 11:42
Total playing time 44:43

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Nocturnal Depression


Chronique @ enthwane

13 Octobre 2010
Dans l'étendue noire de notre scène nationale, Nocturnal Depression est une figure majeure. Depuis 2004, le groupe a en effet sorti bon nombre de split albums, de démos diverses aux noms parfois amusants ("Fuck Off Parisian Black Metal Scene" pour ne citer que lui), bref, bon nombre d'offrandes au nom de la dépression, du chaos et de la douleur.

Je dois d'abord jouer franc jeu : Nocturnal Depression ne m'a jamais laissé un souvenir impérissable. La faute, je dois l'avouer, à l'imagerie. La typo chopée sur Dafont.com, les pochettes d'albums glanées sur Google, le clip "Host" risible de bout en bout (en comparaison, "Call of The Wintermoon" de vous-savez-qui est un pur chef-d'oeuvre)... Bref, rien qui ne m'attirait foncièrement chez ce groupe. Musicalement, c'était correct. Du Black mâtiné de Doom aux relents dépressifs assez prononcés : plaisant à écouter par temps brumeux, mais guère au delà. Je dois d'ailleurs reconnaître que je ne connais pas tellement le groupe (tout juste "Winter" m'a-t-elle retenu et un tant soit peu marqué) : "The Cult of Negation" fera donc pour moi office de redécouverte.

Alors pourquoi avoir choisi de chroniquer leur petit dernier, fraichement paru chez Avantgarde Music (!) ? Disons que, pour la première fois dans toute leur discographie bien fournie, le groupe semble s'être payé un graphiste correct : la pochette m'a attiré. Très sobre et pourtant non moins annonciatrice (et à mon sens porteuse d'une symbolique bien précise - crâne humain dans un triangle inversé, jugez du peu), c'est elle qui m'a véritablement poussé à me pencher sur ce disque.

Vient alors le temps de l'écoute. Confortablement installé (affalé ?) sur ma couche, casque sur les oreilles et cigarettes à portée de main, j'enclenche la lecture, m'attendant à quelque chose faisant écho à l'artwork : quelque chose de dépouillé, dur et froid, dénué d'artifices. Le disque démarre sur "Credo Negativo".

Bon, une introduction à la guitare chorus plus que classique, passons. La chanson démarre réellement sur une note non terminée de cette même introduction : probablement une erreur de mixage. Ce ne sera peut-être rien pour l'auditeur lambda (décidément, j'adore cette formule), mais pour quelqu'un comme moi, adepte du triturage de sons, cette petite erreur fait vraiment tiquer l'oreille. Pour ce qui est du reste de ce titre ? Du Doom/Black dépro' basique, ni plus ni moins. Cette première pièce ne m'inspire pas grand chose, même si elle est très correcte, avec ce petit fond de guitare chorus qui nous accompagne tout le long de ces trois minutes d'entrée en matière. J'allume une cigarette.

Démarre alors le second titre, qui est sensiblement le même pitch que sur le premier. Nocturnal Depression ne sort guère des sentiers battus. La batterie marque la cadence sur cette production grésillante, et la voix du hurleur vocifère sur l'atrocité de la vie, comme quoi c'est naze et qu'on doit tous mourir, tout ça tout ça. Bon, je simplifie certes beaucoup, mais là, pardon, l'ennui me guette déjà - un comble au bout du deuxième titre seulement.

Six minutes plus tard, le groupe nous assène que nous serions mieux si nous étions tous morts. Amusé, j'allume ma deuxième cigarette : ce "Cult of Negation" me pousse plus à m'encrasser qu'à me suicider. Et encore cette guitare chorus en introduction, qui enchaîne cette fois sur un tempo à peine plus rapide. C'est pas du Setherial, mais ça réveille un petit peu. Très beau titre que celui-ci, mélancolique au possible, mais je ne ressens toujours rien d'aussi fort que face à d'autres groupes à vocation déprimante (Gris et Lifelover en tête de file). La partie batterie/basse du milieu de morceau tombe judicieusement bien et se laisse apprécier, petite cassure au milieu de cette joyeuse tourbe noire.

Vient ensuite l'une des pièces les plus longues de ce disque : l'asile maison. On croirait un épisode de Dora. Bref, toujours cette guitare chorus lancinante qui nous dispense ses riffs simplistes qui commencent douloureusement à se faire répéter. J'allume ma troisième cigarette. Neuf minutes de mid-tempo et d'atmosphère pesante, pour finalement entendre un soupçon de double en milieu de morceau et d'une guitare plaintive et déchirante. Autant le début de ce titre fut long, autant la fin est elle beaucoup plus appréciable : enfin un véritable riff BM, enfin du blast !! Je bondis, réveillé d'un seul coup de ma torpeur nicotinée. Cet instant sera vite révolu, car le groupe enchaîne sur un riff assez accrocheur et martial, marqué par une double pédale lente mais efficace. Titre sympathique, mais bien trop long à démarrer.

L'enfant mort. Tout un programme, me direz-vous. Riff crasseux et batterie tout en roulements marqués, le début de cette pièce est franchement accrocheur. Mais ce bon moment sera, encore une fois, de courte durée : "The Cult of Negation", aussi varié qu'un paquet de chips parfum unique, redémarre sur un tempo lent, honnête copier/coller des précédents titres. J'allume ma quatrième cigarette, tentant de repousser la somnolence qui me gagne. Ha, tiens ! Encore un blast et un riff typiquement Black. C'est très bien choisi, mais disons que ce genre de riff s'est déjà entendu beaucoup de fois. Bref. La fin du titre et sa guitare sèche (presque flamenco) couplée à une guitare distordue toute en plaintes aiguës est elle, par contre, très puissante : elle prend franchement aux tripes. jusqu'à l'apothéose qu'est le solo (certes simpliste) final.

Et vient enfin le dernier titre, le culte de la négation ("ça, si Nocturnal Depression nie bien quelque chose, c'est la variété" pensai-je sournoisement). Peut-être que le groupe aura mis les bouchées doubles sur son titre de fermeture ? Le début sonne bien... Hmmm, oui, c'est même carrément bon. La structure d'intro est totalement pompée sur le titre précédent, mais c'est sympathique quand même. J'allume ma dernière cigarette. Enfin le groupe ose quelques cassures de rythmes fortement appréciées au milieu de toute cette stagnation musicale. Puis finalement, reviennent ces agaçantes guitares alignant une note toutes les trois secondes, suivi d'une batterie tout aussi vive. Dieu, que c'est fatiguant. Le groupe utilise des samples en fin de titre, assez surprenants, me rappelant ceux entendus dans "Time is the sulphur..." d'Abigor. Et enfin, le disque se termine.

J'ai personnellement trouvé ce disque très chiant. Non pas par une absence de talent, très loin de là : certaines chansons comportent des parties excellentes. Malheureusement, les titres se suivent et se ressemblent beaucoup trop. Certes, nous ne sommes pas chez Genghis Tron, donc nous n'attendons pas des structures changeant toutes les minutes. Mais quand même, ce recyclage de riffs éhonté d'un titre à l'autre est quand même flagrant. "The Cult of Negation" fut dangereux pour ma santé, dans le sens ou j'ai fumé comme un pompier et me suis ennuyé comme un rat mort. Les (trop) rares bonne surprises que contient ce disque se comptent sur les doigts d'une main, et c'est fort dommage. Fort dommage, car au vu du talent certain des musiciens, Nocturnal Depression aurait pu nous pondre quelque chose d'un peu mieux ficelé. Un album juste moyen, qui gagne donc difficilement la moyenne (ha-ha, ce disque fut aussi ravageur pour mon humour).

Gageons que le groupe parvienne à se renouveler, ou à défaut, à éviter d'utiliser du papier carbone lors de l'écriture des partitions.

30 Commentaires

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Razort - 16 Octobre 2010: Si je puis me permettre de conseiller quelques bons groupes de la scène DSBM, penchez vous sur les nordiques (une fois encore, c'est là bas qu'on trouve des perles rares !)



Je pense notamment à l'excellent Svart, Livsnekad (un des projets de Mister Kvarforth), Lifelover bien entendu, Apati dans la même lignée, Anhedonia, Dysthymia, Totalselfhatred etc.

Sans oublier la scène québécoise (Gris, Sombres Forêts, Miserere Luminis, Sui Caedere...) que tout le monde connait à peu près.



Nocturnal Depression m'a crispé il y a quelques années quand j'ai découvert par hasard un clip ridicule (un chandelier, du noir et blanc, un crâne genre "vanité des vanités", des vêtements façon XVIIIème, une plainte de gonzesse sur un fond de guitares stridentes...) Bref, je n'en garde pas un bon souvenir non plus.



Les scandinaves sont plus doués dans le domaine, plus glacés dans leur âme, et plus lourds dans leur musique. En même temps quand on vient d'un pays ou le soleil ne se lève jamais l'hiver... Difficile de faire plus sincère.



thedeath666 - 02 Janvier 2011: Pourquoi personne n'a cité Silencer? Ce groupe est énorme! Sinon, comme d'habitude excellente chronique enthwane
Soli - 31 Mai 2012: Silencer j'ai jamais écouté un CD entièrement.. Et lorsque je n'écoute pas un CD en entier, il en faut.

Bref, c'est une bonne chronique enthwane mais je ne suis pas tellement d'accord..
J'écoute du DSBM à en devenir apte à l'asile, et je trouve que cet album contient les éléments que je cherche.
Les touches de noirceurs y sont, c'est un régal mélancolique.
De plus l'atmosphère que je peux entendre ici porte bien son titre, malgré quelques bémols ça reste un album intéressant pour moi.
16/20

Trollbein - 12 Juin 2012: Ca m'a à peu près autant marqué que le reste de la discographie, c'est à dire que je m'en suis plus curé le nez qu'autre chose. Je préfère me re-tourner vers du Sterbend, du Totalselfhatred. M'enfin bon, y'a quand même bien pire que Nocturnal dépression, crachons pas dessus. Y'a des idées dedans, mais le rendu est moyen.
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