Trois années séparent
Through the Walls of Flesh de son prédécesseur, le sauvage
Violent Procreation. Le trio amené par le chanteur / guitariste Fredrik Pellbrink a changé de crèmerie, passant de
War Anthem records à I
Hate (comme les prometteurs
Antichrist et leur
Sinful Birth dont le forum thrash du site s'est accoquiné). Avec une pochette toujours aussi dégueulasse,
Entrench revient avec son troisième disque, souvent révélateur de la suite d'une carrière.
Si la lecture du track listing peut tromper le lecteur sur la quantité avec seulement sept titres au menu, le progressif (au sens de plus en plus intense au fil des minutes, surtout ne pas se fier aux trente premières secondes) "The Coming
Storm/
Dawn Of
War" porte bien son nom. Avec ses 8'40" au compteur, il délivre une rafale de riffs en cascade bien énervés qui font mouche. Idéal pour lancer les hostilités et jamais redondant. Les habitués du groupe retrouveront toujours les riffs primitifs, toujours beaucoup de réverbération dans les vociférations de Pellbrink, et encore toujours les martèlements et vrombissements nucléaires de la paire Joel Sundin / Mats Blyckert (basse / batterie). De très bons moments sont ainsi à retenir parmi le maelstrom de plans proposés (citons parmi autres joyeusetés le terrible riff à 0'46" de l'implacable "Iron Coffin" accompagné par cette basse vrombissante que ne renierait pas
Cronos, le direct "
Dead End" porté par la basse de Sundin, ainsi que l'impitoyable enchaînement de riffs de "The
Warmonger Sacrament" qui ne montre aucune pitié). Le son façon baril de pétrole des roulements de toms de Blyckert sera noté par les fans avec le sourire, et tout ceci, s'il n'invente absolument rien et peut donner l'impression de tourner en rond, reste diablement jouissif, à l'instar de
Violent Procreation, en un peu plus construit et structuré toutefois au gré de presque 38 minutes prenantes en diable.
Nulle place au doute toutefois, construit et structuré ne voulant pas dire ici assagi. Le trio suédois, s'il a toujours pour référence les premiers
Merciless, et bien sûr le référentiel
Pleasure To Kill, ne déroge pas à la sauvagerie inhérente au genre et s'éloigne quelque peu de ses modèles en ajoutant un peu de finesse à ses compositions. Là un solo bref mais bien trouvé, ici un changement de tempo inattendu. Egalement, les deux titres qui ouvrent et clôturent le disque sont à cet égard révélateurs des progrès du groupe, avec une longueur inhabituelle pour le genre. Un mot sur le son un peu sec des guitares qui est ici à l'opposé des productions aseptisées à gros budget. Cela sert bien le propos général, le sentiment d'urgence étant bien trouvé tout au long de compositions tout sauf lassantes (l'intro doomesque du final plus mid-tempo "
Fragments /
Shadow Of
Death", du moins jusqu'au riff à 4'05" qui accélère sans prévenir et sublime la composition).
Avec la multiplication de formations de qualité choisissant ce créneau, l'excellence doit impérativement être au rendez-vous, sous peine de tomber dans la cave qui sert certainement de lieu d'enregistrement des Suédois. Si l'enfer attend, nul doute que
Entrench (au même titre qu'un
Hellbringer, un
Antichrist, un
Condor, un
Seprevation, voire un
Nocturnal Graves) y a une bonne place, tout en refusant désormais de se rapprocher d'un modèle en particulier à l'inverse de certains petits copains, conférant ainsi à
Entrench une singularité certaine bienvenue. Un excellent disque, dont aucun titre n'est à jeter.
Je ne connaissais pas du tout cette formation mais tout cela me tente bien.
Merci pour la chro'
Vous devez être membre pour pouvoir ajouter un commentaire